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Bitcoin à 60 000 $ : Pourquoi les chiffres du chÎmage US pÚsent sur le marché crypto

June 5th 2026 at 16:24
By: Magali

Plus il y a d’emplois aux États-Unis, plus Bitcoin trinque. Les chiffres de l’emploi amĂ©ricain viennent de tomber, et ils ont surpris tout le monde. En mai 2026, l’économie amĂ©ricaine a créé 172 000 emplois non agricoles, contre 85 000 attendus par les Ă©conomistes. Le taux de chĂŽmage reste stable Ă  4,3 %. En apparence, c’est une bonne nouvelle. Pour les marchĂ©s crypto, c’est beaucoup plus compliquĂ©.

Les points clés de cet article :

  • Les États-Unis ont créé 172 000 emplois non agricoles en mai 2026, bien au-delĂ  des prĂ©visions des Ă©conomistes.

  • Cette crĂ©ation massive d’emplois a renforcĂ© les anticipations d’un maintien prolongĂ© d’une hausse prochaine des taux par la Fed, ce qui constitue un obstacle pour Bitcoin et les cryptomonnaies.



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C’est quoi les NFP, et pourquoi tout le monde les surveille ?

Les NFP, Non-Farm Payrolls, ou emplois non agricoles, sont publiĂ©s chaque premier vendredi du mois par le Bureau of Labor Statistics amĂ©ricain. Ils mesurent le nombre d’emplois créés aux États-Unis hors secteur agricole sur le mois Ă©coulĂ©. C’est l’un des indicateurs Ă©conomiques les plus suivis au monde, et l’un des plus susceptibles de faire bouger les marchĂ©s financiers en quelques secondes.

La raison est simple : ces chiffres donnent Ă  la RĂ©serve fĂ©dĂ©rale amĂ©ricaine (Fed) une image prĂ©cise de la santĂ© du marchĂ© du travail. Et la santĂ© du marchĂ© du travail conditionne directement la politique monĂ©taire, c’est-Ă -dire les dĂ©cisions sur les taux d’intĂ©rĂȘt.

🚹 Les chiffres des emplois non agricoles (NFP) et du chîmage aux États-Unis viennent de tomber :

🔾 NFP : 172 000 (estimation 85 000, prĂ©cĂ©dent 179 000)
🔾 Taux de chĂŽmage : 4,3 % (estimation 4,3, prĂ©cĂ©dent 4,3)

Le marché anticipe désormais la probabilité d'une hausse des taux
 pic.twitter.com/KmRMpbdOTo

— Journal du Coin (@LeJournalDuCoin) June 5, 2026

La mécanique : emploi fort = taux élevés = mauvais pour la crypto

Voici la chaĂźne logique Ă  comprendre une bonne fois pour toutes.

Un marchĂ© de l’emploi solide signifie que les gens travaillent, gagnent de l’argent, et dĂ©pensent. Quand les gens dĂ©pensent beaucoup, les prix montent, c’est l’inflation. Pour freiner l’inflation, la Fed monte ses taux directeurs. Des taux directeurs Ă©levĂ©s signifient que l’argent coĂ»te plus cher Ă  emprunter, et que les placements sans risque, comme les obligations d’État amĂ©ricaines, rapportent davantage.

RĂ©sultat : pourquoi prendre le risque d’investir dans Bitcoin ou dans des actions quand un bon du TrĂ©sor amĂ©ricain Ă  30 ans rapporte 5 % sans risque ? Les capitaux fuient les actifs risquĂ©s, crypto en tĂȘte, pour se rĂ©fugier dans des placements sĂ»rs et rĂ©munĂ©rateurs.

C’est exactement l’inverse de ce qui fait monter Bitcoin. Les grandes hausses du BTC ont toujours coĂŻncidĂ© avec des pĂ©riodes de taux bas, de liquiditĂ©s abondantes, et d’argent facile. Quand la Fed resserre, Bitcoin souffre.

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Ce que les chiffres du jour signifient concrĂštement

172 000 emplois créés contre 85 000 attendus : c’est le double de l’estimation. Ce chiffre dit que l’économie amĂ©ricaine reste vigoureuse, bien plus que ce que la Fed espĂ©rait pour justifier une baisse de taux.

La consĂ©quence est immĂ©diate sur les anticipations de marchĂ©. Avant cette publication, les traders estimaient Ă  48 % la probabilitĂ© que la Fed monte ses taux d’ici janvier 2027. AprĂšs publication : 63 %. En quelques minutes, le scĂ©nario d’une Fed accommodante s’est Ă©loignĂ©, et celui d’une Fed hawkish, prĂȘte Ă  monter les taux pour contenir une Ă©conomie trop chaude, est redevenu dominant.

Pour Bitcoin, qui Ă©voluait dĂ©jĂ  sous pression autour des 63 000 dollars dans un contexte de correction gĂ©nĂ©ralisĂ©e, c’est un vent contraire supplĂ©mentaire. Les altcoins ont Ă©galement rĂ©agi nĂ©gativement, avec des baisses importantes sur Ethereum, Solana et Cardano.

Un seul chiffre, 172 000, a suffi Ă  modifier les anticipations de taux, les probabilitĂ©s de politique monĂ©taire, et le sentiment de l’ensemble des marchĂ©s financiers mondiaux. C’est la rĂ©alitĂ© de la crypto en 2026 : Bitcoin est devenu un actif macroĂ©conomique Ă  part entiĂšre, sensible aux donnĂ©es d’emploi amĂ©ricaines au mĂȘme titre que le Nasdaq ou l’or.

Les échéances à ne pas manquer la semaine prochaine pour Bitcoin et les cryptomonnaies

Tout dĂ©pendra Ă©galement des prochaines donnĂ©es inflationnistes, avec la publication de l’indice des prix Ă  la consommation (CPI) de mai prĂ©vue le 10 juin 2026 : une inflation trop Ă©levĂ©e pourrait conforter la Fed dans une posture restrictive, tandis qu’un ralentissement conforterait le scĂ©nario haussier pour le cours du Bitcoin.

Notons par ailleurs que le S&P 500 a historiquement tendance Ă  rĂ©agir positivement Ă  des chiffres d’emploi solides sur le moyen terme, mĂȘme si la rĂ©action immĂ©diate reste mitigĂ©e aujourd’hui en raison des craintes sur les taux. La semaine prochaine sera particuliĂšrement chargĂ©e avec l’IPO trĂšs attendue de SpaceX, prĂ©vue autour du 12 juin.

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Plateforme stablecoin : l’offensive conjointe de Stripe, Visa et Mastercard sur les paiements on-chain 

June 5th 2026 at 12:00

Les gĂ©ants du paiement viennent de dĂ©penser des milliards de dollars pour racheter des infrastructures crypto. Leur regroupement autour d’une plateforme commune modifie l’équilibre d’un marchĂ© dont les flux Ă©chappent encore aux circuits bancaires traditionnels.

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Le contrÎle des rails de distribution remplace la guerre des tokens  

Stripe, Visa et Mastercard seraient sur le point de lancer une infrastructure stablecoin conjointe, selon des informations publiĂ©es le 3 juin 2026. Si la nature exacte de cette plateforme reste Ă  confirmer, Coinbase Ă©tudierait Ă©galement l’opportunitĂ© de rejoindre le projet. Cette alliance associe des concurrents historiques sur un segment Ă©valuĂ© Ă  325 milliards de dollars.

Chacun d’eux s’est d’abord dotĂ© de sa propre infrastructure stablecoin. Fin 2024, Stripe dĂ©boursait 1,1 milliard de dollars pour acquĂ©rir le spĂ©cialiste Bridge afin de connecter les paiements d’entreprise Ă  la blockchain. En mars 2026, Mastercard engageait l’absorption de la startup BVNK pour prĂšs de 1,8 milliard de dollars. 

Ces rachats fournissent l’infrastructure pour opĂ©rer dĂšs maintenant. Mastercard active dĂ©jĂ  le rĂšglement on-chain 7 jours sur 7 pour ses partenaires bancaires, en supportant 6 stablecoins distincts dont l’USDC et le PYUSD. Visa Ă©tend en parallĂšle son pilote de rĂšglement stablecoin Ă  de nouvelles blockchains comme Base ou Polygon. Le programme atteint dĂ©jĂ  7 milliards de dollars de volume annualisĂ©. 

L’enjeu ne consiste plus Ă  crĂ©er un nouveau dollar numĂ©rique pour concurrencer le leader Tether, dont la capitalisation s’élĂšve Ă  115 milliards de dollars. L’objectif est de contrĂŽler les tuyaux qui acheminent la liquiditĂ© vers les marchands. L’infrastructure change de mains.

Le modĂšle est celui qu’ils maĂźtrisent depuis des dĂ©cennies. PrĂ©lever des frais sur chaque transaction qui passe par leurs rails. 

Coinbase négocie sa place dans le futur réseau institutionnel 

Coinbase capte dĂ©jĂ  des revenus via l’USDC, dont la capitalisation atteint 76 milliards de dollars. Depuis aoĂ»t 2023, Coinbase partage les revenus gĂ©nĂ©rĂ©s par l’USDC avec Circle, son Ă©metteur. Sur sa plateforme, Coinbase garde 100 % des intĂ©rĂȘts. Sur les jetons circulant en DeFi, le partage est 50/50.

Une intĂ©gration avec Stripe, Visa et Mastercard permettrait Ă  Coinbase d’accĂ©der aux terminaux de paiement marchands. L’acheminement des flux remplace la simple Ă©mission de tokens comme principal levier financier.

Quand les réseaux de paiement facturent le flux, la source du rendement reste en DeFi 

Stripe, Visa et Mastercard investissent des milliards pour capter les revenus générés par la circulation des stablecoins. La source de ces revenus reste accessible à quiconque opÚre directement sur les protocoles DeFi.  

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Comment ça marche concrÚtement :

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  • Une souverainetĂ© totale sur vos fonds : vous restez maĂźtre de votre capital, aucune entitĂ© tierce n’a accĂšs Ă  votre wallet.

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La souverainetĂ© financiĂšre ne se rĂ©sume pas Ă  dĂ©tenir un stablecoin sur une application tierce. Elle exige de maĂźtriser le rĂ©seau par lequel cet argent travaille pour conserver l’intĂ©gralitĂ© du rendement Ă  la source.

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Choose France 2026 – 93 milliards d’euros annoncĂ©s, l’IA rafle la mise

June 4th 2026 at 19:29

La neuviĂšme Ă©dition du sommet Choose France a battu tous les records avec 93 milliards d’euros d’investissements Ă©trangers annoncĂ©s. L’intelligence artificielle et les centres de donnĂ©es concentrent plus de la moitiĂ© des promesses, portĂ©es par SoftBank, Brookfield et MGX. DĂ©cryptage des annonces et des retombĂ©es pour l’écosystĂšme tech français.

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SoFiUSD : ce que cache le stablecoin bancaire aux 15 millions d’utilisateurs

May 28th 2026 at 12:00

Le 27 mai 2026, la banque amĂ©ricaine SoFi a ouvert l’accĂšs Ă  son propre stablecoin pour ses 14,7 millions de membres. L’actif, baptisĂ© SoFiUSD, est directement intĂ©grĂ© Ă  l’application bancaire retail pour y ĂȘtre achetĂ©, vendu ou converti Ă  paritĂ© 1:1 avec le dollar. Une premiĂšre aux États-Unis. Mais derriĂšre la simplicitĂ© de l’interface, la structure technique choisie par l’institution modifie profondĂ©ment la donne pour l’épargne des particuliers.

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Le rendement s’arrĂȘte lĂ  oĂč commence la souverainetĂ© technologique du portefeuille

L’architecture technique du SoFiUSD sĂ©pare les avoirs en 2 catĂ©gories distinctes selon leur mode de stockage.

SoFi Bank convertit le stablecoin en dĂ©pĂŽt tokenisĂ© dĂšs qu’un utilisateur le conserve au sein de l’application bancaire propriĂ©taire. Ce statut permet au capital de gĂ©nĂ©rer des intĂ©rĂȘts adossĂ©s aux rendements des bons du TrĂ©sor amĂ©ricain, tout en bĂ©nĂ©ficiant potentiellement de la couverture d’assurance de la FDIC (le fonds fĂ©dĂ©ral amĂ©ricain qui garantit les dĂ©pĂŽts bancaires). 

Son programme SoFi Plus distribue dĂ©jĂ  4,5 % par an sur les dĂ©pĂŽts traditionnels des membres. Les dĂ©pĂŽts tokenisĂ©s SoFiUSD suivront la mĂȘme logique, Ă  une condition : rester sur la plateforme. 

DĂšs que l’investisseur extrait ses SoFiUSD vers un portefeuille externe, comme une clĂ© Ledger, la sanction est immĂ©diate. Le jeton perd ses intĂ©rĂȘts et sa protection FDIC. Le taux tombe Ă  0 %. La banque utilise le rendement comme verrou pour retenir les capitaux dans son infrastructure. 

Solana et Ethereum absorbent les flux d’une banque nationale

SoFi Ă©met son stablecoin nativement sur Solana et Ethereum. La direction financiĂšre a choisi Solana pour ses coĂ»ts et sa vitesse de traitement. Les transactions s’exĂ©cutent 24 heures sur 24 pour des fractions de centime.

Cette mĂ©canique transforme les blockchains publiques en une infrastructure de rĂšglement Ă  l’échelle industrielle, capable d’absorber une fraction d’un marchĂ© des stablecoins dont la liquiditĂ© globale atteint le record de 320 milliards de dollars en mai 2026.

Tether (USDT) domine largement ce secteur avec 189,6 milliards de dollars en circulation, soit 58,76 % de parts de marchĂ©, tandis que Circle (USDC) occupe la deuxiĂšme place avec 77,6 milliards de dollars. L’ambition de SoFi est de capter une part de cette masse monĂ©taire on-chain en s’appuyant sur sa propre puissance commerciale. 

La fintech a gĂ©nĂ©rĂ© un chiffre d’affaires net d’1,1 milliard de dollars au premier trimestre 2026, affichant une croissance de 35 % de sa base de clients sur un an.

Solana fait plus de trafic qu'une banque

Le GENIUS Act ferme le marché des stablecoins aux acteurs sans licence bancaire 

Ce cadre technique rĂ©pond aux exigences du GENIUS Act, promulguĂ© le 18 juillet 2025 pour rĂ©guler les dollars numĂ©riques aux États-Unis. L’OCC, l’autoritĂ© fĂ©dĂ©rale qui supervise les banques nationales amĂ©ricaines, a publiĂ© ses conditions d’application en fĂ©vrier 2026. Seules les banques sous supervision fĂ©dĂ©rale peuvent Ă©mettre des stablecoins de paiement. Une fintech sans licence bancaire, une plateforme crypto ou une entreprise technologique ne peut pas Ă©mettre son propre dollar numĂ©rique. 

C’est pour devancer ces futures normes que SoFi conserve l’intĂ©gralitĂ© de ses rĂ©serves en cash sur son compte bancaire fĂ©dĂ©ral.

Mastercard, Cumberland, Wintermute et BitGo utilisent dĂ©jĂ  cette plomberie rĂ©glementĂ©e pour fluidifier leurs flux de rĂšglement 24 heures sur 24. L’investisseur retail qui refuse de confier ses stablecoins Ă  la banque ne touche rien. 

S’affranchir du verrouillage bancaire grñce à la DeFi stablecoins

Cette déconnexion forcée entre la possession réelle des jetons et leur rentabilité pousse les investisseurs à chercher des alternatives hors du systÚme bancaire. 

En DeFi, le rendement ne dĂ©pend pas de qui garde vos fonds. Vous restez propriĂ©taire de vos clĂ©s et vous ĂȘtes quand mĂȘme rĂ©munĂ©rĂ©. 

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Comment ça marche concrÚtement :

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  • Des opportunitĂ©s DeFi analysĂ©es et auditĂ©es : vous suivez des guides vidĂ©o Ă©tape par Ă©tape pour investir sur des protocoles sĂ©lectionnĂ©s pour leur robustesse.
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SoFi a tokenisĂ© le dollar. Elle n’a pas tokenisĂ© la libertĂ© de l’investisseur. 

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Frappes en Iran : le pétrole repart à la hausse

May 28th 2026 at 09:35

Alors qu’un accord semblait en cours de nĂ©gociation entre les États-Unis et l’Iran, les hostilitĂ©s ont repris cette nuit. En consĂ©quence, les cours du pĂ©trole sont repartis Ă  la hausse. À quoi peut-on s’attendre ?

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Les cours du pĂ©trole chutent aprĂšs un signal d’apaisement entre les États-Unis et l’Iran

May 25th 2026 at 10:10

This is the end ? Les marchĂ©s du pĂ©trole affichent un repli marquĂ© ce lundi 25 mai sous l’effet des perspectives d’apaisement gĂ©opolitique au Moyen-Orient. Le baril de Brent de la mer du Nord enregistre une baisse d’environ 5 % pour s’établir autour de 98,30 dollars, tandis que la rĂ©fĂ©rence amĂ©ricaine, le West Texas Intermediate (WTI), recule vers le seuil des 92 dollars. Cette dĂ©tente des cours dĂ©coule directement de l’avancement des discussions diplomatiques entre les États-Unis et l’Iran, qui laisse entrevoir une possible augmentation de l’offre mondiale. Les investisseurs intĂšgrent dĂ©sormais la possibilitĂ© d’une rĂ©solution ordonnĂ©e, ce qui limite les stratĂ©gies spĂ©culatives Ă  la hausse.

Les points clés de cet article :
  • Les marchĂ©s pĂ©troliers ont subi un repli marquĂ© en raison de perspectives d’apaisement gĂ©opolitique au Moyen-Orient, avec une baisse notable du baril de Brent et du West Texas Intermediate.

  • Les discussions diplomatiques entre les États-Unis et l’Iran laissent entrevoir une augmentation potentielle de l’offre mondiale, influençant ainsi les stratĂ©gies spĂ©culatives des investisseurs.

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Les paramĂštres des nĂ©gociations diplomatiques et l’enjeu d’Ormuz

La dynamique baissiĂšre s’alimente de dĂ©clarations officielles qualifiant les Ă©changes en cours de constructifs. L’administration amĂ©ricaine Ă©voque un progrĂšs significatif dans l’élaboration d’un accord-cadre, mĂȘme si les autoritĂ©s prĂ©cisent qu’aucun texte n’est encore finalisĂ©. Le prĂ©sident amĂ©ricain a notamment indiquĂ© qu’il n’entendait pas prĂ©cipiter la conclusion des discussions, estimant que la position de son pays restait favorable.

Les sanctions et le blocus maritime en vigueur s’appliqueront de fait jusqu’à la certification et la signature d’un compromis dĂ©finitif. L’enjeu technique majeur de ces discussions repose sur la rĂ©ouverture du dĂ©troit d’Ormuz, une voie maritime stratĂ©gique par laquelle circule habituellement prĂšs de 20 % de la production pĂ©troliĂšre mondiale.

Un mĂ©morandum d’entente pourrait d’ailleurs formaliser la libertĂ© de navigation dans cette zone, en contrepartie d’un dĂ©gel partiel des avoirs iraniens et d’une levĂ©e progressive des restrictions Ă©conomiques. NĂ©anmoins, des points de divergence notables subsistent, en particulier sur le volet du programme nuclĂ©aire et sur la nature des inspections requises par Washington. La validation interne par le pouvoir exĂ©cutif Ă  TĂ©hĂ©ran pourrait par ailleurs nĂ©cessiter un dĂ©lai de plusieurs jours.

Les marchĂ©s du pĂ©trole affichent un repli marquĂ© ce lundi 25 mai sous l'effet des perspectives d'apaisement gĂ©opolitique au Moyen-Orient. Le baril de Brent de la mer du Nord enregistre une baisse d'environ 5 % pour s'Ă©tablir autour de 98,30 dollars, tandis que la rĂ©fĂ©rence amĂ©ricaine, le West Texas Intermediate (WTI), recule vers le seuil des 92 dollars. Cette dĂ©tente des cours dĂ©coule directement de l'avancement des discussions diplomatiques entre les États-Unis et l'Iran, qui laisse entrevoir une possible augmentation de l'offre mondiale. Les investisseurs intĂšgrent dĂ©sormais la possibilitĂ© d'une rĂ©solution ordonnĂ©e, ce qui limite les stratĂ©gies spĂ©culatives Ă  la hausse.
La Maison-Blanche semble optimiste sur une sortie de crise dans le conflit en Iran – Source : Compte X

PĂ©trole : Les implications structurelles et l’attente des marchĂ©s

Cette réévaluation des cours modifie les perspectives d’approvisionnement des pays importateurs de pĂ©trole Ă  moyen terme. Les marchĂ©s anticipent qu’une stabilisation de la zone gĂ©ographique permettrait un retour rĂ©gulier des volumes exportĂ©s, ce qui attĂ©nuerait les tensions sur les capacitĂ©s de raffinage occidentales. Pour les Ă©conomies europĂ©ennes, et notamment pour le marchĂ© français, ce repli du brut offre une possibilitĂ© de stabilisation des prix des carburants Ă  la pompe, bien que l’effet ne soit pas immĂ©diat en raison des dĂ©lais de stockage.

La dĂ©pendance des cours vis-Ă -vis des facteurs gĂ©opolitiques confirme cependant le caractĂšre incertain des prĂ©visions Ă©nergĂ©tiques pour le reste de l’annĂ©e. Les analystes soulignent que l’absence d’un calendrier prĂ©cis pour la signature finale maintient une volatilitĂ© latente.

Le comportement des autres pays producteurs de pĂ©trole, notamment au sein de l’OPEP+, constituera un autre facteur dĂ©terminant pour l’équilibre global si l’offre iranienne venait Ă  se rĂ©intĂ©grer pleinement dans les circuits officiels.

Les fluctuations observĂ©es en ce dĂ©but de semaine illustrent la sensibilitĂ© des marchĂ©s Ă©nergĂ©tiques aux signaux de dĂ©tente internationale. La baisse du Brent sous la barre des 100 dollars montre que les craintes d’une rupture prolongĂ©e de l’approvisionnement s’estompent au profit d’une approche plus pragmatique des flux commerciaux. Si un accord-cadre se dessine pour garantir la sĂ©curitĂ© des voies maritimes, la rĂ©solution des questions de fond sur le dossier nuclĂ©aire exigera probablement de longues phases de vĂ©rification. La pĂ©rennitĂ© de ce reflux des prix dĂ©pendra donc de la transformation de ces dĂ©clarations d’intention en engagements contractuels vĂ©rifiables.

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RWA : Seuls 10 % des actifs tokenisés sont utilisés dans la DeFi

May 24th 2026 at 14:00

La tokenisation des RWA : une croissance rapide, une intĂ©gration DeFi encore limitĂ©e. Les actifs du monde rĂ©el migrent en masse sur la blockchain, mais leur utilisation effective dans la finance dĂ©centralisĂ©e reste pour l’instant marginale. À ce jour, seuls environ 10 % des RWA tokenisĂ©s circulent rĂ©ellement dans les protocoles DeFi permissionless.

Les points clés de cet article :
  • Les actifs du monde rĂ©el ont migrĂ© en masse sur la blockchain, mais leur intĂ©gration Ă  la finance dĂ©centralisĂ©e reste marginale et prĂ©occupante.
  • Seulement 10 % des Real World Assets tokenisĂ©s sont utilisĂ©s dans les protocoles DeFi, rĂ©vĂ©lant un Ă©cart inquiĂ©tant entre potentiel et usage rĂ©el.

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Un décalage massif entre tokenisation et usage

La tokenisation des Real World Assets (RWA), ces actifs traditionnels que sont par exemple l’or, l’immobilier ou les bons du TrĂ©sor portĂ©s on-chain, vise Ă  faire bĂ©nĂ©ficier la finance traditionnelle des atouts de la blockchain : transparence, immutabilitĂ©, programmabilitĂ©. Sur le papier, le potentiel est considĂ©rable. Dans les faits, l’écart entre la promesse et l’usage rĂ©el est bĂ©ant.

Comme le pointe l’analyste Tanaka dans une publication rĂ©cente, seuls 10 % des RWA tokenisĂ©s sont effectivement utilisĂ©s dans la DeFi. Les chiffres sont parlants.

Sur plus de 7 milliards de dollars d’or et de matiĂšres premiĂšres tokenisĂ©s, une faible partie circule activement dans la DeFi. Le constat est similaire pour les bons du TrĂ©sor : sur environ 13 Ă  15 milliards de dollars d’obligations souveraines portĂ©es on-chain, seule une minoritĂ© sert rĂ©ellement de collatĂ©ral ou de liquiditĂ© dans les protocoles dĂ©centralisĂ©s.

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Des RWA bridés par leur propre cadre

Comment expliquer ce décalage ? La réponse tient en quelques mots : les RWA, dans leur forme actuelle, ne sont tout simplement pas conçus pour la DeFi.

D’abord, la plupart des produits financiers tokenisĂ©s Ă©voluent sous un rĂ©gime de restrictions rĂ©glementaires strictes. Les transferts sont frĂ©quemment limitĂ©s Ă  des whitelists d’adresses autorisĂ©es, et les dĂ©tenteurs doivent valider un processus de KYC (Know Your Customer, vĂ©rification d’identitĂ©) pour acheter ou cĂ©der ces actifs. Autant de barriĂšres incompatibles avec la logique permissionless qui fait l’ADN de la finance dĂ©centralisĂ©e.

Ensuite viennent les restrictions de transfert proprement dites. Certains produits ne peuvent circuler qu’entre investisseurs qualifiĂ©s, ce qui exclut de facto la majoritĂ© des utilisateurs DeFi et bloque toute composabilitĂ© avec les protocoles existants.

Enfin, plusieurs produits sont assortis de fenĂȘtres de rachat : les dĂ©tenteurs ne peuvent rĂ©cupĂ©rer la contrepartie de leur actif qu’à des pĂ©riodes prĂ©cises. Une contrainte qui assĂšche la liquiditĂ© et rend ces tokens inadaptĂ©s aux pools de prĂȘt ou aux stratĂ©gies de yield qui exigent une disponibilitĂ© permanente.

Des solutions émergent pour combler le fossé

Face Ă  ces blocages, plusieurs acteurs cherchent Ă  concevoir des RWA pensĂ©s dĂšs l’origine pour la DeFi. Des protocoles comme Ondo Finance et Maple Finance dĂ©veloppent des produits financiers tokenisĂ©s affranchis d’une partie de ces contraintes : transferts plus libres, absence de fenĂȘtres de rachat, intĂ©gration native aux standards DeFi.

L’objectif est clair : produire des RWA exploitables comme collatĂ©ral, en lending ou dans des stratĂ©gies plus complexes, sans les frictions des produits hĂ©ritĂ©s de la finance traditionnelle.

De son cĂŽtĂ©, la plateforme de prĂȘts dĂ©centralisĂ©e Aave a rĂ©cemment annoncĂ© le lancement d’un marchĂ© dĂ©diĂ© aux RWA. Un signal fort : si les plus gros protocoles DeFi commencent Ă  bĂątir une infrastructure spĂ©cifique pour ces actifs, la convergence entre finance tokenisĂ©e et finance dĂ©centralisĂ©e pourrait enfin sortir de l’orniĂšre statistique des 10 %.

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300 000 milliards de dollars en jeu : les 4 blockchains choisies par Wall Street 

May 24th 2026 at 12:00

Le Digital Asset Market Clarity Act vient de franchir une étape politique au Sénat américain. Le nouveau rapport de Grayscale dévoile les critÚres qui guideront les futurs investissements institutionnels. Les gestionnaires exigent des infrastructures opérationnelles et ciblent déjà 4 réseaux précis.

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La liquiditĂ© : le critĂšre de l’argent institutionnel

Les marchĂ©s traditionnels pĂšsent 300 000 milliards de dollars. La blockchain n’hĂ©berge que 30 milliards de dollars d’actifs tokenisĂ©s, soit un ratio de 1 pour 10 000. 

Pour absorber un tel transfert de valeur, les institutions exigent une liquiditĂ© profonde. Le volume de stablecoins dĂ©jĂ  en circulation sur une blockchain mesure cette capacitĂ© d’accueil. Ces dollars numĂ©riques sont l’outil indispensable pour acquĂ©rir des actifs tokenisĂ©s et dĂ©ployer du capital dans la DeFi.

« Les capitaux institutionnels cibleront en priorité les réseaux qui dominent déjà la tokenisation, les stablecoins et la DeFi. »

Zach Pandl, directeur de la recherche chez Grayscale.

L’argent institutionnel cible les rails techniques les plus Ă©prouvĂ©s.

Les 4 rĂ©seaux capables d’absorber ces flux financiers

Le choix des institutions se porte en premier lieu sur Ethereum. L’antĂ©rioritĂ© du rĂ©seau lui garantit la liquiditĂ© la plus profonde du marchĂ© pour les actifs tokenisĂ©s et une valeur totale verrouillĂ©e (TVL) de 50 milliards de dollars.

DerriĂšre ce leader, Grayscale classe BNB Chain et Solana aux deuxiĂšme et troisiĂšme rangs mondiaux pour les volumes de stablecoins en circulation et l’activitĂ© DeFi. 

Solana se distingue par ses performances techniques capables de supporter la haute fréquence, avec une capacité dépassant 1 000 transactions par second. De son cÎté, BNB Chain valorise son infrastructure historique pour capter les flux de stablecoins, notamment en Asie.

L’analyse de Grayscale identifie une anomalie avec Canton Network. Ethereum, Solana et BNB Chain opĂšrent comme des rĂ©seaux publics ouverts Ă  tous les utilisateurs. Canton Network fonctionne diffĂ©remment : le rĂ©seau impose une validation institutionnelle stricte pour chaque participant, ce qui restreint l’accĂšs aux seules entitĂ©s agréées. 

Canton intĂšgre la confidentialitĂ© par dĂ©faut pour rĂ©pondre aux normes bancaires. Des gĂ©ants comme J.P. Morgan et DTCC agissent comme validateurs et l’utilisent pour opĂ©rer des programmes pilotes sur les bons du TrĂ©sor amĂ©ricain, gĂ©nĂ©rant un volume de rĂšglements quotidiens annoncĂ© Ă  350 milliards de dollars. 

Le Bitcoin conservera son statut de collatĂ©ral de rĂ©fĂ©rence grĂące Ă  l’éclaircie rĂ©glementaire. Son architecture sans contrats intelligents natifs l’écarte de cette course aux applications de la finance dĂ©centralisĂ©e.

RĂ©partition par blockchain des principaux indicateurs de la finance onchain – Source

Les banques préparent la commercialisation du rendement DeFi

Le rapport de Grayscale expose la logique de Wall Street : la recherche de rendement dicte le placement des capitaux vers ces rĂ©seaux spĂ©cifiques. À son Ă©chelle, un investisseur particulier peut utiliser ces mĂȘmes protocoles pour faire fructifier ses propres stablecoins.

Les banques construisent actuellement les accĂšs nĂ©cessaires pour extraire ces rendements de la blockchain. À terme, elles revendront ces produits Ă  leurs clients en prĂ©levant une commission de gestion. 

MaĂźtriser la finance dĂ©centralisĂ©e dĂšs aujourd’hui permet de capter cette performance sans intermĂ©diaire. Encore faut-il savoir oĂč dĂ©ployer son capital et sur quels protocoles. C’est exactement ce que documente le Club 25% pour ses 150 membres. 

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Le marchĂ© des actifs tokenisĂ©s pĂšse aujourd’hui 30 milliards de dollars. Le transfert de 1 % des 300 000 milliards de dollars de la finance traditionnelle multipliera par 100 la taille de ce secteur.

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L'Iran et les États-Unis vont-ils parvenir à un accord ? Le point sur la situation

May 22nd 2026 at 14:00

Entre l'Iran et les États-Unis, les discussions semblent au point mort. OĂč en sont les belligĂ©rants dans leur quĂȘte d'accord ? Nous faisons le point sur la situation.

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Emmanuel Macron annonce 1,5 milliard d’euros d’investissement dans le quantique et les semi-conducteurs

May 22nd 2026 at 12:00

Le prĂ©sident de la RĂ©publique Emmanuel Macron va annoncer une nouvelle enveloppe consĂ©quente dĂ©diĂ©e Ă  l’informatique quantique et aux semi-conducteurs. Le but est de ne pas se laisser dĂ©passer en termes d’informatique de haut niveau et d’intelligence artificielle.

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Le géant du trading Jane Street a-t-il bénéficié d'informations internes pour échapper à l'effondrement de Terra ?

May 22nd 2026 at 10:00

Le gĂ©ant amĂ©ricain du trading, Jane Street, a-t-il profitĂ© d’un « avantage informationnel » qui lui aurait permis d’anticiper et de profiter de l’effondrement de l’écosystĂšme Terra, tout en prĂ©cipitant la chute du stablecoin UST ? Une plainte tente de le dĂ©montrer en publiant de nouvelles preuves.

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La pensĂ©e technocratique et l’abolition de la monnaie

May 2nd 2026 at 10:00

Savez-vous ce qu'est un technocrate ? Lorsque le terme est évoqué, on pense vaguement à un bureaucrate bien nourri, fonctionnaire habitué de l'administration publique, dont les décisions politiques se basent sur des études statistiques plutÎt que sur des considérations sociales et humaines. Néanmoins cette image n'est qu'une version édulcorée de ce que représente l'idéologie technocratique originelle : le rÚgne absolu de la technique et de ses représentants (les scientifiques et les ingénieurs) aboutissant à une gestion rationnelle et planifiée de la société.

Cette philosophie politique est nĂ©e avec la rĂ©volution industrielle, et a culminĂ© avec le mouvement technocratique amĂ©ricain des annĂ©es 1930 menĂ© par Howard Scott. Si elle ne s'est jamais directement emparĂ©e du pouvoir oĂč que ce soit, elle a nĂ©anmoins profondĂ©ment influencĂ© la politique de l'Occident et continue de le faire de nos jours, d'Emmanuel Macron Ă  Donald Trump en passant par Jinping Xi. De plus, Ă  l'heure oĂč la technique est de plus en plus prĂ©sente dans nos vies avec la numĂ©risation accĂ©lĂ©rĂ©e de la sociĂ©tĂ©, l'effet de cette philosophie prend une toute autre dimension.

La pensée technocratique tient un discours dur sur l'économie : elle abhorre le marché libre, et prÎne la planification pure et simple. En particulier, elle propose d'abolir la monnaie telle que nous la connaissons pour lui substituer un systÚme de distribution centralisé. Dans cet article, je me propose de retracer les origines de cette pensée et d'examiner plus en détail son discours inquiétant sur le systÚme monétaire.

À l'origine de la technocratie : le saint-simonisme

La technocratie est, comme son nom l'indique, une forme de gouvernement oĂč le pouvoir est laissĂ© Ă  la technique, ou du moins Ă  ses reprĂ©sentants, c'est-Ă -dire les scientifiques et les ingĂ©nieurs. Elle recourt entre autres Ă  une planification de l'Ă©conomie, et refuse en cela de laisser faire le marchĂ©. Le terme a Ă©tĂ© créé en 1919 par l'ingĂ©nieur amĂ©ricain William H. Smyth, qui la dĂ©crivait comme une « dĂ©mocratie industrielle rationalisĂ©e », et il s'est par la suite popularisĂ© par le biais du mouvement technocratique amĂ©ricain au dĂ©but des annĂ©es 30.

À l'Ă©poque, il ne s'agissait pas d'une idĂ©e nouvelle. La pensĂ©e technocratique a Ă©mergĂ© avec le progrĂšs technique issu de la rĂ©volution industrielle. Certaines personnes, constatant que la science permettait de rĂ©soudre le problĂšme de la production des biens, voulaient appliquer cette mĂȘme science Ă  la politique, c'est-Ă -dire Ă  la distribution des richesses.

La pensĂ©e technocratique prend en particulier racine dans le saint-simonisme, courant de pensĂ©e nĂ© au dĂ©but du XIXe siĂšcle, fondĂ© par le philosophe, Ă©conomiste et militaire français Claude-Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon. Cette doctrine industrialiste prĂŽnait l'organisation rationnelle de la sociĂ©tĂ© afin de rĂ©partir le travail et la richesse produite : « à chacun selon sa capacitĂ©, Ă  chaque capacitĂ© selon ses Ɠuvres1 ». Cette doctrine avait Ă©galement un pan spirituel, se voulant ĂȘtre un « nouveau christianisme », une religion rationaliste sans dieu, censĂ©e dĂ©barrasser les hommes de leur Ă©goĂŻsme.

Saint-Simon, fondateur de la religion nouvelle, gravure de Gottfried Engelmann en 1825 (source : Wikimédia)

Concernant l'organisation économique, Saint-Simon s'est contenté de donner des principes généraux, et n'a pas eu de mot particulier sur la monnaie. Toutefois, ses disciples, menés par Prosper Enfantin et Armand Bazard, s'en sont chargés. Dans la Doctrine de Saint-Simon publiée en 1931, ils imaginaient ainsi un « systÚme général de banques » qui ferait circuler des « crédits », en les distribuant aux travailleurs :

« Ce systÚme comprendrait d'abord une banque centrale représentant le gouvernement, dans l'ordre matériel : cette banque serait dépositaire de toutes les richesses, du fonds entier de production, de tous les instrumens de travail, en un mot, de ce qui compose aujourd'hui la masse entiÚre des propriétés individuelles.

De cette banque centrale dépendraient des banques de second ordre qui n'en seraient que le prolongement, et au moyen desquelles elle se tiendrait en rapport avec les principales localités, pour en connaßtre les besoins et la puissance productrice ; celles-ci commanderaient encore, dans la circonscription territoriale qu'elles embrasseraient, à des banques de plus en plus spéciales, embrassant un champ moins étendu, des rameaux plus faibles de l'arbre de l'industrie.

Aux banques supérieures convergeraient tous les besoins ; d'elles divergeraient tous les efforts : la banque générale n'accorderait aux localités des crédits, c'est-à-dire ne leur livrerait des instruisons de travail, qu'aprÚs avoir balancé et combiné les opérations diverses ; et ces crédits seraient ensuite répartis entre les travailleurs par les banques spéciales, représentant les différentes branches de l'industrie. »

Ces idĂ©es ont aussi inspirĂ© un certain nombre de doctrines et d'expĂ©riences socialistes en France, mĂȘme si le socialisme (courant idĂ©ologique alors naissant) diffĂ©rait sensiblement par sa dĂ©marche Ă©galitaire et dĂ©mocratique. La vulgate saint-simonienne a ainsi influencĂ© le communisme de Louis Blanc, le mutuellisme de Pierre-Joseph Proudhon, et le « socialisme scientifique » de Marx et Engels.

Les clubs nationalistes d'Edward Bellamy

La pensĂ©e technocratique a connu un nouvel essor Ă  partir de la fin du XIXe siĂšcle. Les États-Unis ont en particulier Ă©tĂ© propices au foisonnement de ces idĂ©es, en raison de leur industrialisation rapide Ă  partir de la guerre de SĂ©cession. À titre d'illustration, le nombre d'ingĂ©nieurs dans le pays, qui n'Ă©tait de 7 000 en 1870, est passĂ© Ă  28 000 en 1890, puis 43 000 en 1900, pour finalement atteindre 226 000 en 1930. Cette Ă©volution a provoquĂ© une mutation idĂ©ologique profonde au tournant du XXe siĂšcle, faisant advenir ce qu'on a appelĂ© la Progressive Era, une pĂ©riode de rĂ©formes Ă©conomiques et sociales, s'opposant au laissez-faire et Ă  l'individualisme du Gilded Age qui la prĂ©cĂ©dait.

L'une des personnes qui Ă©mettaient alors des idĂ©es progressistes Ă©tait le journaliste et auteur amĂ©ricain Edward Bellamy. En 1888, alors qu'il n'avait que 27 ans, ce dernier a publiĂ© un roman d'anticipation utopique, intitulĂ© Looking Backward 2000–1887 (et traduit en français sous le nom Cent ans aprĂšs ou l'An 2000), dans lequel il dĂ©crivait une sociĂ©tĂ© future, ayant rompu avec le capitalisme et l'individualisme pour lui substituer la mĂ©ritocratie et l'Ă©galitĂ©. Dans ce monde, le commerce et la monnaie ont Ă©tĂ© remplacĂ©s par un systĂšme de distribution contrĂŽlĂ© par l'État, oĂč les citoyens utilisent une « carte de crĂ©dit » (terme inĂ©dit Ă  l'Ă©poque) pour subvenir Ă  leurs besoins. Dans le roman, le docteur Leete (homme de l'an 2000) explique au protagoniste (projetĂ© dans le futur) le fonctionnement de ce systĂšme :

« Un crédit, correspondant à sa part du produit annuel de la nation, est ouvert à chaque citoyen, au commencement de l'année, et inscrit sur les livres de l'Etat. On lui délivre une carte de crédit, au moyen de laquelle il se procure, quand il veut, dans les magasins nationaux établis dans toutes les communes, tout ce qu'il peut désirer. Vous voyez que ce systÚme supprime toute transaction commerciale entre producteurs et consommateurs2. »

Couverture de l'édition illustrée de Looking Backward, 1890

Cet ouvrage de fiction a connu un succĂšs populaire retentissant aux États-Unis, Ă©tant vendu Ă  prĂšs de 400 000 exemplaires en l'espace d'une dĂ©cennie, ce qui en a fait le troisiĂšme roman le plus vendu du XIXe siĂšcle outre-Atlantique. Cet ouvrage a eu pour consĂ©quence de crĂ©er un vĂ©ritable mouvement intellectuel Ă  tendance socialiste, formĂ© des partisans de Bellamy, Ă  Boston d'abord, puis tout autour de l'AmĂ©rique du Nord. Les membres de ce mouvement se faisaient appeler les « nationalistes » en raison de leur revendication principale : la nationalisation des biens de production.

On a assistĂ© Ă  la formation de plus de 500 associations nommĂ©es « clubs nationalistes » aux quatre coins du continent. Une revue mensuelle, The Nationalist, a Ă©tĂ© lancĂ©e en 1889. Et Bellamy lui-mĂȘme s'est joint Ă  l'effort, publiant un « programme des nationalistes » en 1894, dans lequel il dĂ©crivait le nationalisme comme une « dĂ©mocratie Ă©conomique » qui visait « à instaurer l'Ă©galitĂ© Ă©conomique en appliquant le principe dĂ©mocratique Ă  la production et Ă  la rĂ©partition des richesses » et Ă  mettre les intĂ©rĂȘts Ă©conomiques du pays entre les mains d'« organismes publics responsables Ɠuvrant pour le bien-ĂȘtre gĂ©nĂ©ral ». Le mouvement a cependant pĂ©riclitĂ© avec l'implication de ses membres dans la politique Ă©tasunienne (qui se sont notamment ralliĂ©s au jeune Parti populiste lors de l'Ă©lection prĂ©sidentielle de 1892) et Ă  cause d'un manque de financement. Il Ă©tait nĂ©anmoins avant-coureur du mouvement technocratique3, qui a pris son plein essor quelques dĂ©cennies plus tard.

Henry Gantt, Thorstein Veblen et la Technical Alliance

L'industrialisation de l'AmĂ©rique a poussĂ© Ă  une gestion de plus en plus rationnelle du travail au sein des usines. À la fin du XIXe siĂšcle, l'ingĂ©nieur amĂ©ricain FrĂ©dĂ©ric Taylor a mis au point un modĂšle d'organisation scientifique du travail, qui porterait plus tard son nom : le taylorisme. Cette mĂ©thode, formalisĂ©e dĂ©finitivement dans ses Principes d'organisation scientifique des usines en 1911, consistait Ă  donner une tĂąche Ă  chaque ouvrier Ă  exĂ©cuter dans un temps dĂ©terminĂ©, afin d'accroitre la productivitĂ© de l'entreprise.

Cette volonté d'optimisation rationnelle ne s'est toutefois pas limitée au secteur économique, et certains théoriciens ont tenté de l'appliquer à la politique. C'était le cas de l'ingénieur et consultant Henry Gantt, qui avait été l'assistant de Taylor pendant plus d'une décennie et qui s'était fait connaitre en mettant au point l'outil de gestion de projet qui porterait son nom, le « diagramme de Gantt », en 1910. Avec le déclenchement de la Grande Guerre en 1914, ce dernier a cherché à mettre en pratique les principes d'efficacité industriels dans les secteurs politique et militaire. En avril 1916, il écrivait :

« Il apparaĂźt de plus en plus clairement que les principes qui sous-tendent l'efficacitĂ© industrielle et militaire sont les mĂȘmes et qu'une nation, pour ĂȘtre efficace sur le plan militaire, doit d'abord l'ĂȘtre sur le plan industriel4. »

Henry L. Gantt en 1916 (source : Engineering Magazine via Wikimedia)

En dĂ©cembre 1916, lors de l'assemblĂ©e annuelle de l'American Society of Mechanical Engineers (ASME) Ă  New York, Gantt a inspirĂ© la formation d'un groupe de rĂ©flexion de 34 personnes appelĂ© The New Machine, qu'il a dirigĂ© avec un certain Charles Ferguson. Le groupe se focalisait sur l'Ă©limination des faiblesses qui, selon ses fondateurs, s'Ă©taient insinuĂ©es dans le systĂšme Ă©conomique. Il prĂ©conisait entre autres de « s'attaquer aux causes des frais gĂ©nĂ©raux excessifs et de la flambĂ©e des prix en remĂ©diant aux inefficacitĂ©s de la main-d'Ɠuvre et de la direction, en modifiant le climat de laxisme qui [rĂšgnait] dans le monde des affaires et de l'industrie, et en mettant fin Ă  la pratique consistant Ă  surĂ©valuer la valeur des biens immobiliers industriels5 ». Mais ces ambitions affichĂ©es n'ont pas portĂ© beaucoup de fruits, et le groupe s'est dissout aprĂšs la mort de Gantt en 1919.

Parmi les sources d'inspiration de Henry Gantt, on retrouvait les idĂ©es de Thorstein Veblen, Ă©conomiste et sociologue amĂ©ricain, Ă  l'origine des concepts de « rivalitĂ© pĂ©cuniaire » et de « consommation ostentatoire ». Veblen Ă©tait notamment l'auteur de The Theory of Business Enterprise (1904), oĂč il avait examinĂ© le conflit entre les intĂ©rĂȘts commerciaux axĂ©s sur le profit et les besoins sociĂ©taux plus larges. Voyant les efforts rĂ©alisĂ©s par Gantt avec The New Machine (ainsi que ceux de Morris Cooke, autre disciple de Taylor et dirigeant d'un groupe planiste au sein de l'ASME), Veblen s'est fortement intĂ©ressĂ© aux ingĂ©nieurs et Ă  leur potentiel de direction. Au cours de l'annĂ©e 1919, il a Ă©crit une sĂ©rie d'essais pour le magazine The Dial 6, oĂč il critiquait le « systĂšme des prix », affirmant que le systĂšme de marchĂ© Ă©tait inefficace car la recherche du profit faussait la production. Il spĂ©culait Ă  propos d'une prise de pouvoir par les ingĂ©nieurs, qui formeraient ce qu'il nommait le « soviet des techniciens », en rĂ©fĂ©rence Ă  la rĂ©volution bolchĂ©vique survenue quelques annĂ©es auparavant.

À la fin de l'annĂ©e 1919, Veblen a participĂ© Ă  la fondation de la New School for Social Research, universitĂ© privĂ©e new-yorkaise qui offrait un enseignement libre des sciences humaines et sociales. C'est dans cette derniĂšre que s'est formellement constituĂ©e la Technical Alliance, un groupe constituĂ© de d'ingĂ©nieurs, de mathĂ©maticiens, de scientifiques, de statisticiens et d'Ă©conomistes, dont beaucoup appartenaient Ă  l'Ă©cole. Les buts de cette association Ă©taient :

  • « de mettre en Ă©vidence les gaspillages et les dĂ©perditions du systĂšme industriel actuel » ;
  • « d'Ă©tablir une estimation des matiĂšres premiĂšres et de la main-d'Ɠuvre nĂ©cessaires pour garantir aux diffĂ©rents membres de la sociĂ©tĂ© un certain niveau de confort » ;
  • « de montrer schĂ©matiquement comment [fonctionnait] le systĂšme actuel de production et de distribution, et, parallĂšlement, d'Ă©laborer un modĂšle provisoire de production et de distribution entiĂšrement coordonnĂ©es ».

La Technical Alliance proposait de mener des recherches concernant le systÚme industriel, et en particulier sur ses inefficacités. Elle offrait aussi des services d'ingénierie appliquée pour les organisations publiques et les grands groupes industriels.

Organigramme de la Technical Alliance, vers 1920 (source : The Words and Wisdom of Howard Scott)

Outre Thorstein Veblen (qui n'était néanmoins presque pas impliqué, étant souffrant et ayant perdu sa femme à l'automne 1920), plusieurs personnalités en vogue dans le monde scientifique faisaient partie de l'association, dont l'ingénieur en électricité Charles Steinmetz, le physicien Richard C. Tolman et le statisticien Leland Olds. Mais un homme se détachait du reste du groupe, et en constituait le réel meneur idéologique : Howard Scott.

La technocratie d'Howard Scott

Howard Scott Ă©tait un AmĂ©ricain nĂ© en 1890 qui se prĂ©sentait comme un ingĂ©nieur. Il Ă©tait plutĂŽt Ă©nigmatique sur son passĂ©, Ă  tel point que son expertise technique serait plus tard remise en question. À la fin de l'annĂ©e 1919, il occupait la position d'ingĂ©nieur en chef de la Technical Alliance, dont il Ă©tait la tĂȘte pensante et le meneur idĂ©ologique. En particulier, il en avait rĂ©digĂ© le programme et se chargeait de rĂ©pondre Ă  la presse.

Il défendait un point de vue purement technocratique. En février 1921, dans une entrevue accordée au New York World, il affirmait :

« Les techniciens sont les seuls Ă  savoir comment les choses se font. Ils ne sont pas les seuls producteurs, mais ils sont les seuls Ă  savoir comment la production s'effectue. Les banquiers, eux, ne le savent pas. Les politiciens et les diplomates ne le savent pas. Si ces gens-lĂ  le savaient, ils auraient dĂ©jĂ  lancĂ© le processus. Ils sont tous favorables Ă  la production – tout le monde l’est ; mais ceux qui ont Ă©tĂ© aux commandes jusqu'Ă  prĂ©sent ne savent pas comment s'y prendre, tandis que ceux qui savent comment s'y prendre n'ont pas encore considĂ©rĂ© que cela relevait de leur compĂ©tence. »

Il poursuivait :

« On pourrait rĂ©sumer tout le problĂšme comme Ă©tant celui de l'Ă©limination du gaspillage. [
] L'ingĂ©nieur reconnaĂźt que l'oisivetĂ© est un gaspillage, que la duplication des efforts est un gaspillage, et que l'Ă©puisement inutile de toute ressource naturelle est un gaspillage. Si nous parvenons Ă  Ă©liminer l'oisivetĂ© et la duplication des efforts, nous pourrions connaĂźtre une prospĂ©ritĂ© immĂ©diate – une prospĂ©ritĂ© telle que le monde n'en a jamais connue. Si nous parvenons ensuite Ă  trouver un moyen de gĂ©rer nos ressources naturelles, nous pourrions rendre cette prospĂ©ritĂ© permanente. »

L'Alliance a Ă©tĂ© cependant dissoute au cours de l'annĂ©e 1921, Ă  cause d'une dissension interne liĂ©e notamment au tempĂ©rament de Scott. À la suite de cette brouille, Howard Scott a peaufinĂ© sa thĂ©orie, refusant d'abandonner sa vision et passant son temps libre Ă  Greenwich Village pour en discuter avec qui voulait l'Ă©couter. Il gĂ©rait en parallĂšle une petite manufacture de cire pour sols dans le New Jersey pour subvenir Ă  ses besoins.

À la fin de la dĂ©cennie, un Ă©vĂšnement est venu changer le cours des choses : le krach d'octobre 1929, dont les effets devaient se faire ressentir pendant plusieurs annĂ©es, au cours de ce que l'on a appelĂ© la Grande DĂ©pression. Beaucoup y ont vu un Ă©chec du systĂšme en place, et ont cherchĂ© des solutions, ce qui a inĂ©vitablement ravivĂ© l'idĂ©e technocratique. Howard Scott est ainsi revenu sur les devants de la scĂšne : en 1930, il a relancĂ© une enquĂȘte sur l'Ă©nergie Ă  l'universitĂ© Columbia (intitulĂ©e « Energy Survey of North America ») ; en 1931, il a remis sur pieds la Technical Alliance avec avec le gĂ©ophysicien M. King Hubbert (futur thĂ©oricien du pic pĂ©trolier) et quelques anciens membres de l'organisation ; et en 1932, il a commencĂ© Ă  communiquer les premiĂšres conclusions de sa recherche.

Howard Scott à l'hÎtel Morrison à Chicago le 29 juin 1933 ; il est entouré par (de gauche à droite) M. King Hubbert, William Knight et Ernest N. Howe (source : Associated Press via Technocracy Technate Picture Archive)

Étant donnĂ© le contexte Ă©conomique de l'Ă©poque, son ton Ă©tait volontiers catastrophique et prophĂ©tique, et il se prĂ©sentait comme un sauveur7. En aoĂ»t 1932, par l'entremise du professeur Walter Rautenstrauch (prĂ©sident du dĂ©partement gĂ©nie industriel de Columbia), un article concernant l'enquĂȘte sur l'Ă©nergie a Ă©tĂ© publiĂ© dans le New York Times. Howard Scott y prĂ©disait l'augmentation du chĂŽmage et « l'effondrement du systĂšme » si aucune dĂ©cision concernant la rĂ©partition de l'Ă©nergie n'Ă©tait prise. Ce mouvement naissant, qui a pris alors le nom de technocratie8, a attirĂ© l'attention du public et les articles se sont multipliĂ©s dans la presse, aboutissant Ă  une vĂ©ritable frĂ©nĂ©sie mĂ©diatique.

Nombre d'articles rédigés sur le mouvement technocratique, dans le New York Times dans les revues (source : David Adair)

Au plus haut de l'engouement, Howard Scott soutenait que l'effondrement du systÚme des prix était à la fois inéluctable et imminent. Dans un article publié en janvier 1933 dans le Harper's Magazine, il affirmait avec emphase :

« Une crise dans l'histoire de la civilisation amĂ©ricaine est imminente. La nation se trouve Ă  l'aube d'un Ă©vĂ©nement qui est Ă  la fois une opportunitĂ© et une catastrophe. L'opportunitĂ© porte sur le bien-ĂȘtre social, la catastrophe est l'Ă©chec du systĂšme des prix ; et il n'est possible d'Ă©chapper ni Ă  l'une ni Ă  l'autre. La meule des dieux a presque accompli son Ɠuvre, et elle a moulu la farine avec une finesse extrĂȘme. »

Mais l'enthousiasme du grand public pour la technocratie de Scott a été de courte durée. D'une part, l'accession de Franklin D. Roosevelt à la présidence et l'application de son New Deal ont eu pour effet de répondre partiellement aux revendications sociales. D'autre part, un discours d'Howard Scott donné à l'hÎtel Pierre 13 janvier 1933 (et retransmis à la radio) a profondément déçu l'élite industrielle, qui s'est aperçue de son amateurisme.

AprÚs cet apogée médiatique, le mouvement s'est scindé en plusieurs branches, dont celle de Harold Loeb, réformiste, qui durerait quelques années. Mais la principale branche restait celle d'Howard Scott, plus révolutionnaire, qui se concentrait autour de la société commerciale Technocracy Inc., enregistrée en 1934.

Le mouvement a alors pris des atours sectaires : il a adopté le symbole du yin et du yang comme emblÚme ; le rouge vermillon et le gris argenté ont été choisis comme couleurs officielles ; et ses membres se sont mis à porter des uniformes et à faire des saluts militaires. Un slogan a été trouvé : « la science appliquée à l'ordre social9 ». Technocracy Inc. a édité plusieurs ouvrages de propagande, dont le propre livre de Scott intitulé Science versus Chaos. Le programme politique du mouvement s'est clarifié, son but étant de faire advenir une « zone continentale soumise à un contrÎle technique » en Amérique du Nord : le « technat d'Amérique ». Les technocrates, comme l'explique David Adair, se voyaient davantage comme une élite, « et qui plus est une élite biologique ». Cette ambition radicale a notamment attiré des auteurs de science-fiction, comme Hugo Gernsback (l'inventeur du terme « scientific fiction »), T. Bruce Yerke, ou encore le jeune Ray Bradbury.

Technat d'Amérique, illustration de 1940 (source : Cornell)

Les certificats d'énergie de Technocracy Inc.

Howard Scott articulait son discours autour de la critique du systĂšme des prix, qu'il jugeait ĂȘtre la cause des maux de la sociĂ©tĂ©. Il lui opposait une conception Ă©nergĂ©tique de la valeur : en janvier 1933, il affirmait ainsi que le dollar Ă©tait une « unitĂ© purement arbitraire », et mettait en avant la « constance de l'unitĂ© d'Ă©nergie ». Il expliquait :

« L'Ă©nergie se prĂ©sente sous de nombreuses formes, mais il est possible de les mesurer en unitĂ©s de travail — l'erg et le joule — ou en unitĂ©s de chaleur — la calorie. C'est le fait que toutes les formes d'Ă©nergie, quelles qu'elles soient, puissent ĂȘtre mesurĂ©es en ergs, en joules ou en calories qui revĂȘt une importance capitale. La rĂ©solution des problĂšmes sociaux de notre Ă©poque dĂ©pend de la reconnaissance de ce fait. Un dollar peut valoir — en pouvoir d'achat — tant aujourd'hui et plus ou moins demain, mais une unitĂ© de travail ou de chaleur est la mĂȘme en 1900, 1929, 1933 ou en l'an 2000. »

Il prĂ©conisait donc l'abolition du systĂšme des prix, qui se matĂ©rialiserait par le remplacement de la monnaie par un « intermĂ©diaire de distribution ». Il dĂ©fendait la mise en place de certificats d'Ă©nergie attribuĂ©s Ă  chaque citoyen, qui seraient des parts de l'Ă©nergie totale produite et qui ne pourraient pas ĂȘtre Ă©changĂ©es ou prĂȘtĂ©es (mettant fin Ă  la spĂ©culation et aux bulles de crĂ©dit). En 1932, il expliquait :

« Toute unité de mesure sous contrÎle technologique constituerait une certification de l'énergie disponible convertie. Ces unités de certification n'auraient de validité que pendant la période d'équilibre de charge pour laquelle elles ont été émises. »

La vision d'Howard Scott a par la suite été affinée par ses disciples. En 1937, un technocrate appelé Harold Fezer a détaillé à quoi pouvait ressembler ce systÚme de certificats d'énergie. Il écrivait :

« Le nombre total de certificats qui seront Ă©mis correspondra Ă  la quantitĂ© totale d'Ă©nergie nette convertie lors de la fabrication de biens et de la prestation de services. Tous les coĂ»ts d'exploitation, de remplacement, d'entretien et d'extension (en Ă©nergie) du complexe continental, ainsi que tous les coĂ»ts liĂ©s aux services et prestations commerciaux (tels que les transports locaux, la santĂ© publique et la fourniture d'une surface habitable minimale pour chaque individu) sont dĂ©duits avant de calculer l'Ă©nergie nette. La conversion de l'Ă©nergie humaine n'entre pas dans ce calcul puisqu'elle reprĂ©sente moins de 2 % de l'Ă©nergie totale consommĂ©e. La part de chaque individu n'est pas basĂ©e sur sa contribution en termes de travail ou d'effort Ă  l'ensemble des opĂ©rations de la zone. La thĂ©orie de la "valeur" travail — ou de toute autre "valeur" — n'existe pas. [
] Le certificat sera dĂ©livrĂ© directement Ă  l'individu. Il est incessible et non nĂ©gociable, et ne peut donc ĂȘtre volĂ©, perdu, prĂȘtĂ©, empruntĂ© ou donnĂ©. Il n'est pas cumulable, ne peut donc pas ĂȘtre Ă©pargnĂ©, et ne porte pas d'intĂ©rĂȘts. Il n'est pas obligatoire de le dĂ©penser, mais il perd sa validitĂ© aprĂšs une pĂ©riode dĂ©terminĂ©e. »

Fezer dĂ©crivait ensuite l'aspect purement pratique de la chose. Le certificat serait « imprimĂ© sur du papier filigranĂ© et dĂ©livrĂ© sous forme de bandes pliĂ©es en carnets rectangulaires suffisamment petits pour ĂȘtre facilement transportĂ©s dans une poche ».

Exemple de certificat d'énergie (source : Harold Fezer)

Le systÚme défendu par les technocrates était un systÚme de surveillance économique total. Fezer décrivait comment ce systÚme pouvait fonctionner avec les techniques de l'époque :

« Les perforations prĂ©vues permettent l'utilisation d'une cellule photoĂ©lectrique. GrĂące Ă  ce dispositif, il sera possible d'enregistrer automatiquement et pratiquement instantanĂ©ment la date, l'heure, la quantitĂ© et le type d'achat, ainsi que les coordonnĂ©es complĂštes de la personne effectuant l'achat. Les totaux pour le continent ou toute partie du continent seront rapidement disponibles Ă  tout moment. On verra Ă  quel point ce systĂšme — la cellule photoĂ©lectrique et le certificat d'Ă©nergie — sera indispensable pour le maintien de calendriers de production adĂ©quats et de stocks suffisants. GrĂące Ă  lui, de nombreux types de vĂ©rifications pourront ĂȘtre effectuĂ©s rapidement. Si nĂ©cessaire, les dĂ©placements d'un individu pourront ĂȘtre retracĂ©s Ă  partir de ses achats Ă  travers le continent. »

Ainsi, le mouvement technocratique d'Howard Scott a théorisé l'ambition totalitaire par excellence : l'abolition de la monnaie et du systÚme économique tels que nous les connaissons, au profit d'un systÚme de distribution requérant la surveillance et le contrÎle de chaque citoyen.

Le nouvel ordre mondial de H. G. Wells

Un dernier idĂ©ologue de la pensĂ©e technocratique, contemporain du mouvement d'Howard Scott, est l'Ă©crivain de science-fiction britannique Herbert George Wells, qui, avant de connaitre le succĂšs littĂ©raire, avait Ă©tudiĂ© la science Ă  la Normal School of Science de Londres (et notamment la biologie auprĂšs de Thomas Huxley, le « bouledogue de Darwin »). L'Ă©crivain a exposĂ© sa vision du monde dans ses Ɠuvres, tant au sein de ses romans que ses essais : un point de vue planiste et socialiste, radicalement opposĂ© Ă  l'individualitĂ© et Ă  la confidentialitĂ©10. Il y anticipait rĂ©guliĂšrement l'avĂšnement d'un État mondial rationaliste, qui remĂ©dierait aux maux du libre-arbitre humain, comme la guerre11. Cette obsession technocratique, dĂ©jĂ  prĂ©sente dĂšs ses premiers romans, est devenue de plus en plus explicite au fur et Ă  mesure du temps.

H. G. Wells en 1920, portrait réalisé par George Charles Beresford (source : Wikimedia)

H.G. Wells a donné un aperçu de sa vision de la monnaie dans son roman The Shape of Things to Come, publié en 1933. Dans celui-ci, une longue récession économique a provoqué une guerre majeure qui a laissé l'Europe dévastée et menacée par la peste. Les nations dotées des forces aériennes les plus puissantes ont mis en place une dictature bienveillante : la « dictature aérienne », dominée par les techniciens, scientifiques et pilotes, dont la capitale se trouve à Bassorah en actuel Irak. Cette organisation amÚne la paix dans le monde en abolissant les divisions nationales, en faisant respecter l'anglais de base (le « basic » d'Ogden), en promouvant l'apprentissage scientifique et en interdisant la religion (qu'il s'agisse de l'islam ou du catholicisme).

ScĂšne de Things to Come (1836), adaptation cinĂ©matographique du livre de Wells, oĂč le rĂ©gime rationaliste de Bassorah soumet les « derniers vestiges sinistres d'anciens soldats prĂ©dateurs » (source : Youtube)

Wells y affirmait qu'« il ne pouvait y avoir de théorie de la monnaie qui ne soit pas, en réalité, une théorie complÚte de l'organisation sociale ». C'est pour cette raison qu'il imaginait une « monnaie entiÚrement abstraite », « dénuée de tout lien avec une substance matérielle », qui serait émise « de maniÚre à maintenir un indice des prix pratiquement constant », et qui serait « protégée par les lois les plus strictes contre toute forme de manipulation à but lucratif ». Dans le roman, celle-ci prend la forme du « dollar aérien », dont la valeur est indexée à l'énergie liée au transport de marchandises :

« Il ne s'agissait pas du tout d'une piÚce de monnaie métallique, mais d'une série de billets de papier représentant la distance, le poids, le volume et la vitesse. Chaque billet valait un certain nombre de kilogrammes dans un certain espace, pour un certain nombre de kilomÚtres à une certaine allure. La valeur d'un dollar aérien s'était stabilisée à peu prÚs à un mÚtre cube pesant dix kilogrammes et parcourant deux cents kilomÚtres à cent kilomÚtres à l'heure. Il s'agissait déjà d'une unité d'énergie et non d'une unité de matiÚre, comme l'avaient toujours été les anciennes normes mondiales. Ce changement indiquait trÚs clairement que les anciennes conceptions statiques de la vie humaine aux ressources limitées cédaient la place à des idées cinétiques d'une vie en expansion constante. Le dollar aérien était une unité d'énergie liée au transport, et sa transformation en dollar-énergie de notre vie quotidienne d'aujourd'hui avait déjà été clairement esquissée par les experts de Bassorah, bien que le changement effectif n'ait été accompli que dix ans plus tard. »

Tout comme le mouvement technocratique qui lui Ă©tait contemporain, H.G. Wells militait donc pour l'abolition de la monnaie. Mais son ambition Ă©tait mondiale et non continentale. C'est pourquoi il a cherchĂ© Ă  influencer la gĂ©opolitique de son temps par ses publications : en 1940, quelques annĂ©es avant sa mort, il a ainsi rĂ©digĂ© un essai intitulĂ© Le Nouvel ordre mondial, dans lequel il soutenait la formation d'un État mondial socialiste et scientifiquement planifiĂ©. Celui-ci s'inscrivait dans l'effort occidental de crĂ©er une gouvernance internationale durable dans le cadre de la crĂ©ation de l'ONU. Le texte contenait en particulier une « dĂ©claration des droits de l'homme », qui a fait partie des 18 textes consultatifs pour la rĂ©daction de la DĂ©claration universelle des droits de l'homme en 1948.

Les héritages du mouvement technocratique

AprĂšs les annĂ©es 1930, le mouvement technocratique a progressivement dĂ©clinĂ©. La commencement de la Seconde Guerre mondiale et l'entrĂ©e en guerre du Canada est venu bouleverser les choses. Scott s'y est d'abord opposĂ©, envoyant un tĂ©lĂ©gramme au premier ministre canadien en 1939 oĂč il affirmait que « Technocracy Inc. [s'opposait] catĂ©goriquement Ă  la mobilisation des effectifs canadiens pour toute guerre menĂ©e en dehors de ce continent », avant de plaider pour la « mobilisation totale » en juin 1940, alors que la France Ă©tait submergĂ©e par l'Allemagne nazie. À cause de cette volontĂ© d'interfĂ©rer dans les affaires publiques, l'État fĂ©dĂ©ral canadien a interdit le mouvement technocratique sur son territoire Ă  partir de 1940 (au mĂȘme titre que les TĂ©moins de JĂ©hovah et le Parti communiste), et des membres de Technocracy Inc. ont mĂȘme Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s par la Gendarmerie royale.

Le mouvement a continuĂ© de dĂ©cliner aprĂšs-guerre, et a presque disparu Ă  la suite de la mort de son meneur messianique, Howard Scott, en 1970. Toutefois, la pensĂ©e technocratique n'a pas pĂ©riclité : elle a mutĂ© et s'est insinuĂ©e dans les sphĂšres de pouvoir. DĂšs la dĂ©claration Schuman en 1950, la construction europĂ©enne Ă©tait dĂ©signĂ©e comme un « technocratisme superdirigiste international, discrĂ©tionnaire, et Ă©ternel » par Albert MĂ©tral, prĂ©sident du Syndicat gĂ©nĂ©ral des industries mĂ©caniques et transformatrices de mĂ©taux. De mĂȘme, le projet RAND aux États-Unis et le Club de Rome en Italie avaient tous les deux une composante technocratique forte.

Dans les annĂ©es 1960–1970, la pensĂ©e technocratique a connu un regain d'intĂ©rĂȘt auprĂšs du public, notamment en raison du dĂ©veloppement de la cybernĂ©tique, d'Internet et de l'intelligence artificielle, qui ont rendu plus envisageable la gestion planifiĂ©e de la sociĂ©tĂ©. Au Chili, c'est ce qui a poussĂ© le gouvernement de Salvador Allende Ă  dĂ©velopper le projet CyberSyn entre 1970 et 1973, un systĂšme informatique en temps rĂ©el qui avait pour but de gĂ©rer une Ă©conomie planifiĂ©e cybersocialiste.

Fréquence du terme « technocracy » dans les sources imprimées entre 1919 et 2022 (source : Ngram Viewer)

Plus rĂ©cemment, la technocratie est Ă  nouveau revenue dans l'actualitĂ© lors de la crise du covid de 2020–2022 (oĂč les concepts de « grande rĂ©initialisation » de Klaus Schwab et de « ville du quart d'heure » de Carlos Moreno ont Ă©tĂ© exposĂ©s au grand public). Puis, elle est a encore fait parler d'elle avec l'accession au pouvoir de Donald Trump en 2025 qui a mis en lumiĂšre des personnalitĂ©s comme Peter Thiel (Palantir) ou Elon Musk (DOGE12). Le cas d'Elon Musk est intĂ©ressant car son grand-pĂšre maternel, Joshua Norman Haldeman, a fait partie du mouvement technocratique originel entre 1936 et 1941 (et a mĂȘme Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© Ă  Vancouver en octobre 1940 en raison de son implication).

Concernant la monnaie, on peut trouver dans la pensée technocratique les prémices de concepts comme la « monnaie estampillée » de Silvio Gesell (aussi appelée monnaie fondante, qui perdrait en valeur lors de sa détention selon un taux de demeurage fixe), l'« économie distributive » de Jacques Duboin (qui fournirait un revenu de base à chaque citoyen), ou la « monnaie idéale » du mathématicien John Nash (dont la valeur serait ajustée par rapport à l'inflation des prix). Les projets de monnaie synthétique mondiale, comme le concept de bancor soutenu par Keynes à Bretton Woods en 1944, ou les droits de tirage spéciaux émis par le FMI en 1969, s'inscrivent aussi dans cette tendance. Enfin, les projets de monnaie numérique de banque centrale (tel que le projet d'euro numérique défendu aujourd'hui par la Banque centrale européenne) constituent des objets intrinsÚquement technocratiques, les MNBC étant par essence des systÚmes centralisés et programmables, permettant l'intervention directe et instantanée dans la vie économique des citoyens.

Combattre la dictature technicienne

Le projet technocratique est clair : assujettir les ĂȘtres humains Ă  une administration rationnelle et totalitaire. Bien qu'il soit sĂ©duisant pour les esprits scientifiques obtus, ce projet constitue un danger. C'est cette menace que se sont efforcĂ©s d'exposer des Ă©crivains comme Aldous Huxley (Le Meilleur des mondes, 1932) ou George Orwell (1984, 1949). L'analyse rationnelle, aussi sĂ©duisante soit-elle, ne peut pas apprĂ©hender l'ensemble de la rĂ©alitĂ©, et l'application d'un tel projet mĂšnerait probablement Ă  un avenir dystopique.

Aujourd'hui, la prĂ©sence de la technique dans nos vies a atteint un niveau tel que cette menace semble imminente. L'identitĂ© numĂ©rique est dĂ©jĂ  en train d'ĂȘtre mise en place. La surveillance de masse, en ligne comme dans l'espace public, progresse Ă  vitesse grand V. Les monnaies numĂ©riques centralisĂ©es, qu'il s'agisse des MNBC ou des stablecoins, sont en voie de dĂ©ploiement. L'« intelligence artificielle » est portĂ©e aux nues, et certains thĂ©oriciens dĂ©sirent qu'elles prennent en charge le gouvernement des hommes, ce qui aboutirait Ă  une « technocratie directe » exempte d'« erreurs humaines » et de vicissitudes politiques. En bref, tous les ingrĂ©dients sont lĂ  pour permettre Ă  un rĂ©gime tyrannique mondial d'Ă©merger et de rĂ©duire l'humanitĂ© Ă  du bĂ©tail.

Si la tendance vers la technocratie existe, nous avons toujours la possibilitĂ© d'y rĂ©sister. Cette opposition peut ĂȘtre sociale ou politique, mais elle passe avant tout par un rĂ©sistance directe et quotidienne. En effet, c'est en refusant les outils du contrĂŽle numĂ©rique dans notre vie de tous les jours que nous pouvons nous prĂ©munir contre le danger technocratique de façon efficace et durable. Diverses mĂ©thodes existent ainsi pour prĂ©server notre libertĂ© et notre confidentialitĂ© face Ă  l'envahissement de la technique, dont quelques-unes sont les suivantes :

  • Utiliser des systĂšmes d'exploitation libres, comme Linux sur ordinateur ou GrapheneOS sur tĂ©lĂ©phone, en lieu et place de systĂšmes propriĂ©taires fermĂ©s comme Microsoft ou iOS ;
  • Passer par des applications de communication chiffrĂ©es pour interagir, comme Signal, plutĂŽt celles oĂč un tiers peut accĂ©der Ă  vos messages (Telegram, Whatsapp) ;
  • Utiliser des services de confidentialitĂ©, comme les VPN ou Tor, pour naviguer en ligne ;
  • PrĂ©fĂ©rer payer en argent liquide ou en cryptomonnaie (Bitcoin, Monero), plutĂŽt que de se servir d'une carte de crĂ©dit, de PayPal ou de Google Pay ;
  • Commander ses biens et services directement aux producteurs, plutĂŽt que de passer par des intermĂ©diaires comme les supermarchĂ©s et les plateformes en ligne (Amazon, etc.) ;
  • PrivilĂ©gier la « vie rĂ©elle » Ă  la « rĂ©alitĂ© virtuelle » pour limiter sa trace numĂ©rique.

La liberté sera décentralisée ou ne sera pas.


Références et notes

David Adair, The technocrats 1919-1967: A case study of conflict and change in a social movement (Simon Fraser University, 1970).
The Words and Wisdom of Howard Scott (Technocracy Inc., 1989)
Finn Brunton, « Speculating with Money », in Digital Cash: The Unknown History of the Anarchists, Utopians, and Technologists Who Created Cryptocurrency (Princeton University Press, 2019), pp. 6–20.

Illustration : « This is the Devouring Monster invented by Technocracy », illustration pleine page de Winsor McCay, parue le 2 avril 1933 dans le San Francisco Examiner (via le blog Yesterday's Papers). Texte : rédigé intégralement sans LLM. Traduction : sauf précision contraire, les traductions sont réalisées par l'auteur, au moyen de DeepL.

  1. Cet adage doctrinal apparait dans la Doctrine de Saint-Simon, rĂ©digĂ©e par les militants saint-simoniens Saint-Amand Bazard, Prosper Enfantin, Hippolyte Carnot, Henri Fournel et Charles Duveyrier et publiĂ©e en 1931. ↩
  2. Edward Bellamy, Cent ans aprĂšs ou l'An 2000, trad. Paul Rey (E. Dentu, 1891), pp. 54–55. ↩
  3. Howard Scott, le fondateur de Technocracy Inc., n'a lu le livre de Bellamy qu'aprĂšs avoir lancĂ© son mouvement, mais il l'a qualifiĂ© d'« ouvrage idĂ©aliste et imaginatif » en 1937. Il en faisait le commentaire suivant : « C'est une tentative sincĂšre qui mĂ©rite d'ĂȘtre lue, mais on ne pourrait pas concevoir un sous-marin Ă  partir de Vingt Mille Lieues sous les mers de Jules Verne, ni un systĂšme de contrĂŽle technique moderne Ă  partir de Looking Backward. » ↩
  4. CitĂ© dans Peter B. Petersen, « Henry Gantt and The New Machine (1916-1919) », Academy of Management Proceedings, 1986, pp. 128–132. ↩
  5. Peter B. Petersen, « Henry Gantt and The New Machine (1916-1919) », Academy of Management Proceedings, 1986, pp. 128–132. ↩
  6. Les essais de Veblen sur les ingĂ©nieurs ont Ă©tĂ© rassemblĂ©s en 1921 dans un ouvrage intitulĂ© The Engineers and the Price System, qui a Ă©tĂ© traduit en 1971 en français sous le titre Les IngĂ©nieurs et le capitalisme. ↩
  7. L'historien Henry Elsner dĂ©signe le mouvement technocratique de Scott comme un « scientisme messianique ». ↩
  8. Un « ComitĂ© sur la technocratie » a Ă©tĂ© créé durant l'annĂ©e 1932 : il Ă©tait dirigĂ© par Walter Rautenstrauch et largement influencĂ© par Howard Scott. ↩
  9. Le slogan est apparu dans Technocracy: Some Questions Answered, pamphlet Ă©ditĂ© en 1934 par Technocracy Inc. Il a Ă©tĂ© repris Ă  de nombreuses reprises dans la propagande technocratique. ↩
  10. Voir Gabriel Custodiet, « H. G. Wells, prophet of Centralism », in Privacy and Utopia: A History (Amazon KDP, 2024), pp. 61–74. ↩
  11. Par exemple, le roman Une Utopie moderne publiĂ© en 1905, dĂ©crit comment des nobles appelĂ©s les « SamouraĂŻs » gouvernent un État mondial « dynamique, et non statique », qui assure la « combinaison du progrĂšs et de la stabilitĂ© politique ». Voir Une Utopie moderne, trad. Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz (Ă©ditions du Mercure de France, 1907), pp. 88, 295. ↩
  12. De nombreux libĂ©raux se sont rĂ©jouis de la crĂ©ation de ce Department of Governement Efficiency en 2025, qui a ƓuvrĂ© Ă  rĂ©duire les excĂšs de dĂ©pense publique dans l'administration fĂ©dĂ©rale, mais il faut garder en tĂȘte que son but premier Ă©tait l'efficacitĂ© de l'État fĂ©dĂ©ral, et non pas la rĂ©duction des effectifs ou la dĂ©centralisation du pouvoir. ↩

KérosÚne : le gouvernement rassure sur une éventuelle pénurie en mai et juin

May 7th 2026 at 15:00

Il n’y aura pas de pĂ©nurie de kĂ©rosĂšne en mai et juin : c’est le message envoyĂ© par l’ExĂ©cutif, qui recevait ce mercredi les reprĂ©sentants des compagnies aĂ©riennes françaises. Des mesures ciblĂ©es ont par ailleurs Ă©tĂ© annoncĂ©es.

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Accord commercial UE-USA : l'Europe bloque, Donald Trump menace de nouveaux droits de douane

May 7th 2026 at 10:30

Aucun accord n’a Ă©tĂ© trouvĂ© cette semaine en ce qui concerne le partenariat commercial entre les États-Unis et l’Europe. L’Union europĂ©enne a durci le ton face aux revirements de Donald Trump, qui menace de nouveaux droits de douane.

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FMI 2026 : Ce ne sont plus les USA et l’Europe qui tirent la croissance mondiale

April 25th 2026 at 08:30

Le monde change. Le FMI vient de publier ses perspectives mondiales pour 2026 : croissance globale Ă  3,1 %, mais derriĂšre cette moyenne se cache une fracture historique. L’Europe plafonne Ă  1,1 %, les États-Unis Ă  2,3 %, pendant que l’Inde s’envole Ă  6,5 % et que le Guyana atteint 16,2 %. Le centre de gravitĂ© de l’économie mondiale est en train de basculer, et cette fois, le FMI le dit noir sur blanc.

Les points clés de cet article :
  • Le FMI a rĂ©vĂ©lĂ© une fracture historique dans la croissance mondiale prĂ©vue pour 2026, avec une Europe stagnante Ă  1,1 % et une flambĂ©e de l’Inde Ă  6,5 %.

  • Le Guyana a enregistrĂ© un taux de croissance extraordinaire de 16,2 %, illustrant le dĂ©placement du centre de gravitĂ© Ă©conomique vers le Sud.

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L’Europe à 1,1 % pendant que l’Asie s’envole : La fracture est officielle

L’Asie Ă©mergente et l’Afrique subsaharienne mĂšnent la progression mondiale avec des prĂ©visions respectives de 4,9 % et 4,3 %. L’Inde illustre particuliĂšrement cette tendance avec une croissance estimĂ©e Ă  6,5 %, soutenue par une expansion dĂ©mographique rapide et l’émergence d’une classe moyenne solide. Ce dynamisme repose sur un phĂ©nomĂšne de convergence Ă©conomique, ou « rattrapage », oĂč les investissements massifs dans les infrastructures et les nouvelles technologies gĂ©nĂšrent des gains de productivitĂ© plus importants que dans les Ă©conomies dĂ©jĂ  matures.

À l’opposĂ©, les Ă©conomies avancĂ©es font face Ă  des contraintes structurelles lourdes. L’Europe, affaiblie par des coĂ»ts Ă©nergĂ©tiques Ă©levĂ©s et une population vieillissante, ne devrait croĂźtre que de 1,1 %. Aux États-Unis, la croissance se limite Ă  2,3 %, freinĂ©e par des pressions inflationnistes et des budgets de dĂ©fense consĂ©quents. Alors que les pays du Nord opĂšrent dĂ©jĂ  prĂšs de leur frontiĂšre technologique, leur progression dĂ©pend d’innovations graduelles, contrairement aux pays du Sud qui bĂ©nĂ©ficient d’un effet de saut technologique, notamment grĂące Ă  l’intĂ©gration rapide de l’intelligence artificielle dans les processus productifs.

Carte de l'économie mondiale illustrant la fracture de croissance entre le Nord et le Sud en 2026
Le Sud est en train de prendre l’ascendant sur le Nord en matiĂšre Ă©conomique selon le FMI

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PĂ©trole, minerais, IA, Ă©conomie : Pourquoi le Sud ne joue plus le mĂȘme jeu

La performance de l’économie de l’AmĂ©rique latine et de certaines rĂ©gions d’Afrique reste cependant Ă©troitement liĂ©e Ă  la volatilitĂ© des marchĂ©s mondiaux. La hausse des prix du pĂ©trole et des minerais, stimulĂ©e par les contraintes d’approvisionnement et les conflits internationaux, favorise temporairement les termes de l’échange pour des pays comme le BrĂ©sil. Ces recettes en devises stimulent l’investissement intĂ©rieur Ă  court terme, bien que le FMI souligne la vulnĂ©rabilitĂ© de ces Ă©conomies face Ă  d’éventuels chocs de demande futurs. Le cas du Guyana, avec une croissance projetĂ©e Ă  16,2 %, reste exceptionnel mais symbolise l’importance croissante du secteur extractif.

Par ailleurs, le soutien financier et les cycles d’investissement provenant de Chine continuent de renforcer les infrastructures des pays en dĂ©veloppement. Cette rĂ©orientation des flux de capitaux contribue Ă  une fragmentation commerciale qui redĂ©finit les chaĂźnes de valeur mondiales. Les puissances traditionnelles doivent dĂ©sormais composer avec un environnement oĂč les pays dits Ă©mergents (mais Ă©mergĂ©s depuis bien longtemps ! ) ne se contentent plus de fournir des matiĂšres premiĂšres, mais s’imposent comme des pĂŽles d’innovation technologique et de consommation.

Le scĂ©nario dĂ©crit par le FMI indique globalement que l’axe de la croissance de l’économie mondiale continue de se dĂ©placer vers le Sud, mĂȘme si cette croissance n’est pas homogĂšne. Cette transition souligne cependant la fin d’un cycle oĂč les dĂ©cisions Ă©conomiques des pays du Nord dictaient seules la marche du monde. La capacitĂ© des Ă©conomies Ă©mergĂ©es Ă  maintenir ce diffĂ©rentiel positif dĂ©pendra de leur aptitude Ă  transformer ces gains temporaires en une stabilitĂ© structurelle durable, alors que les puissances Ă©tablies cherchent Ă  adapter leur modĂšle de croissance Ă  un contexte de plus en plus contraignant. Le monde change et vous ĂȘtes aux premiĂšres loges pour assister Ă  ces (r)Ă©volutions.

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« Jour du dépassement » : la France a déjà consommé son crédit écologique pour 2026

April 24th 2026 at 10:00

Chaque annĂ©e, le Global Footprint Network publie son rapport complet sur la limite et le crĂ©dit Ă©cologique des diffĂ©rents pays du monde. Un « jour du dĂ©passement » que la France vient d’atteindre ce 24 avril, bien avant la plupart de ses voisins europĂ©ens.

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-3,1 milliards en 3 mois : Les Français vident leur Livret A comme jamais depuis 2020

April 23rd 2026 at 20:00

Les livrets n’ont plus la cote. Les chiffres publiĂ©s par la Caisse des DĂ©pĂŽts le 22 avril sont sans appel : le Livret A, le LDDS et le LEP affichent tous une collecte nĂ©gative en mars 2026. Depuis janvier, le Livret A seul accuse -3,1 milliards d’euros de retraits nets — une tendance qui prolonge un mouvement entamĂ© Ă  l’étĂ© 2025 et marque une rupture nette avec les annĂ©es d’accumulation record.

Les points clés de cet article :
  • Le Livret A enregistre -0,49 milliard d’euros en mars, soit -3,1 milliards depuis janvier 2026

  • Arbitrage vers l’assurance-vie, pression sur le pouvoir d’achat : deux explications qui se cumulent

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Épargne : Une Ă©rosion gĂ©nĂ©ralisĂ©e des flux sur le Livret A

Les chiffres de mars 2026 publiĂ©s par la Caisse des DĂ©pĂŽts confirment donc un essoufflement de la dynamique d’épargne. La collecte cumulĂ©e du Livret A et du LDDS s’établit Ă  -0,41 milliard d’euros pour l’ensemble des rĂ©seaux bancaires. Dans le dĂ©tail, le Livret A constitue le principal moteur de ce repli avec une dĂ©collecte de 0,49 milliard d’euros sur le seul mois de mars, portant le solde nĂ©gatif cumulĂ© depuis le dĂ©but de l’annĂ©e Ă  3,1 milliards d’euros.

Le LDDS parvient toutefois Ă  stabiliser la situation globale grĂące Ă  un lĂ©ger surplus de 0,08 milliard d’euros, jouant ainsi un rĂŽle d’amortisseur. Le Livret d’épargne populaire, pourtant destinĂ© aux mĂ©nages aux revenus modestes et bĂ©nĂ©ficiant d’un taux de rĂ©munĂ©ration de 2,5 %, n’échappe pas Ă  cette tendance avec un solde nĂ©gatif de 0,12 milliard d’euros en mars.

MalgrĂ© ces retraits mensuels, les encours totaux demeurent Ă  des niveaux historiquement Ă©levĂ©s. Le duo Livret A et LDDS cumule 611,8 milliards d’euros, tandis que le LEP affiche 83,9 milliards d’euros. Cette situation montre que, si les stocks d’épargne restent massifs, les flux entrants ne suffisent plus Ă  compenser les besoins de liquiditĂ©s des dĂ©posants.

La Caisse des DĂ©pĂŽts partage rĂ©guliĂšrement les donnĂ©es sur l’état des livrets rĂšglementĂ©s en France – Source : Compte X

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Les facteurs d’arbitrage et de consommation des mĂ©nages

L’analyse de ces donnĂ©es suggĂšre un changement notable dans le comportement financier des Français. Cette phase de dĂ©collecte, qui a dĂ©butĂ© de maniĂšre marquĂ©e en septembre 2025, semble rĂ©pondre Ă  des impĂ©ratifs Ă©conomiques concrets. La pression persistante sur le pouvoir d’achat incite probablement une partie des Ă©pargnants Ă  puiser dans leurs rĂ©serves de prĂ©caution pour soutenir leur consommation courante.

Les mĂ©nages utilisent ainsi l’épargne accumulĂ©e durant les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes pour faire face Ă  l’évolution du coĂ»t de la vie. ParallĂšlement, un arbitrage vers des placements plus rĂ©munĂ©rateurs pourrait expliquer le dĂ©sintĂ©rĂȘt relatif pour le Livret A. Dans un contexte oĂč les fonds euros de l’assurance-vie ou certains produits monĂ©taires et obligataires offrent des perspectives de rendement comparables ou supĂ©rieures, la dĂ©tention de liquiditĂ©s sur des livrets rĂ©glementĂ©s devient moins attractive.

Enfin, l’effet de saturation des plafonds, aprĂšs plusieurs annĂ©es de collecte exceptionnelle, limite naturellement la capacitĂ© de croissance de ces encours. L’épargne rĂ©glementĂ©e semble donc entrer dans un cycle de stabilisation aprĂšs une pĂ©riode de progression rapide.

La dynamique actuelle des livrets de taux montre une volontĂ© des mĂ©nages de rĂ©orienter leurs capitaux vers l’économie rĂ©elle ou des supports d’investissement diffĂ©renciĂ©s. La poursuite de cette dĂ©collecte au cours de l’annĂ©e 2026 dĂ©pendra essentiellement de l’évolution de l’inflation et des futures dĂ©cisions relatives aux taux de rĂ©munĂ©ration. Bien que le socle de l’épargne rĂ©glementĂ©e demeure un pilier du financement de l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, sa fonction de moteur de collecte s’efface temporairement au profit d’une utilisation plus active des liquiditĂ©s par les particuliers.

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L’article -3,1 milliards en 3 mois : Les Français vident leur Livret A comme jamais depuis 2020 est apparu en premier sur Journal du Coin.

Conflit contre l’Iran : le prĂ©sident Trump renforce le verrouillage du dĂ©troit d’Ormuz

April 23rd 2026 at 17:10

L’US Navy ne laissera rien passer. En cette fin de mois d’avril 2026, la tension dans le golfe Persique atteint un point critique. Alors que les espoirs d’accord de paix piĂ©tinent, le prĂ©sident des États-Unis, Donald Trump, a une nouvelle fois durci la posture amĂ©ricaine en ordonnant officiellement Ă  ses forces navales de rĂ©pondre par la force aux provocations iraniennes dans le dĂ©troit d’Ormuz. Cette dĂ©cision marque une transition d’une diplomatie de pression Ă  un avertissement militaire direct et immĂ©diat.

Les points clés de cet article :
  • Donald Trump a ordonnĂ© Ă  l’US Navy de rĂ©agir avec force aux provocations iraniennes dans le dĂ©troit d’Ormuz, marquant un changement important de stratĂ©gie.

  • La situation en Iran reste chaotique avec des luttes internes entre factions, compliquant toute avancĂ©e diplomatique et laissant planer un risque de choc Ă©nergĂ©tique mondial.

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Une posture de fermetĂ© sans prĂ©cĂ©dent dans le blocus amĂ©ricain du dĂ©troit d’Ormuz

Le cƓur de cette nouvelle directive rĂ©side dans une modification significative des rĂšgles d’engagement pour l’US Navy (la Marine amĂ©ricaine). Jusqu’à prĂ©sent, face aux manƓuvres de harcĂšlement des petites vedettes rapides des Gardiens de la RĂ©volution iraniens, les Ă©quipages amĂ©ricains privilĂ©giaient l’évitement ou les tirs de semonce non lĂ©taux. DĂ©sormais, l’ordre de la Maison-Blanche est explicite : neutraliser et dĂ©truire toute embarcation constituant une menace pour les navires des États-Unis.

Dans un message posté sur le réseau Truth Social, le président Donald Trump a clairement indiqué que la tolérance américaine face à ces provocations maritimes était arrivée à son terme :

« J’ai ordonnĂ© Ă  la marine amĂ©ricaine de tirer pour dĂ©truire tout navire, aussi petit soit-il (leurs [gros] navires de guerre sont TOUS, soit 159 au total, au fond de la mer !), qui poserait des mines dans les eaux du dĂ©troit d’Ormuz. Il ne doit y avoir aucune hĂ©sitation. De plus, nos dragueurs de mines sont en train de nettoyer le dĂ©troit en ce moment mĂȘme. J’ordonne par la prĂ©sente que cette opĂ©ration se poursuive, mais Ă  un rythme trois fois plus soutenu ! Merci de l’attention que vous portez Ă  cette affaire. »

Donald Trump, prĂ©sident des États-Unis d’AmĂ©rique
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Un Ă©quilibre rĂ©gional au bord de la rupture, compliquĂ© par un État iranien dĂ©capitĂ©

La crainte d’un nouveau blocus iranien en reprĂ©sailles relance le spectre d’un choc Ă©nergĂ©tique majeur, ajoutant une dimension Ă©conomique explosive Ă  une crise dĂ©jĂ  multidimensionnelle.

Surtout que sur le terrain diplomatique, la situation demeure extrĂȘmement confuse. Toujours selon le prĂ©sident US, aprĂšs la dĂ©capitation des principaux leaders du rĂ©gime des mollahs, les dirigeants survivants sont partagĂ©s entre les plus « radicaux » et les « modĂ©rĂ©s », ce qui empĂȘche d’avancer dans les nĂ©gociations de paix poussĂ©es par les États-Unis, grĂące Ă  la mĂ©diation du Pakistan.

« L’Iran a beaucoup de mal Ă  dĂ©terminer qui sont ces dirigeants ! Ils n’en ont tout simplement aucune idĂ©e ! Les luttes intestines opposent les « partisans de la ligne dure », qui essuient de LOURDES dĂ©faites sur le champ de bataille, et les « modĂ©rĂ©s », qui ne sont pas du tout modĂ©rĂ©s (mais qui gagnent en respect !), c’est de la FOLIE ! Nous avons le contrĂŽle total du dĂ©troit d’Ormuz. Aucun navire ne peut y entrer ou en sortir sans l’accord de l’US Navy. Il est « hermĂ©tiquement fermĂ© » jusqu’à ce que l’Iran soit en mesure de conclure un ACCORD !!! Merci de l’attention que vous portez Ă  cette question. »

Donald Trump, prĂ©sident des États-Unis d’AmĂ©rique

En conclusion, la stratĂ©gie de « paix par la force » prĂŽnĂ©e par Donald Trump place le monde dans une attente fĂ©brile. En autorisant l’usage de la force lĂ©tale pour protĂ©ger la libertĂ© de navigation, le prĂ©sident amĂ©ricain joue une carte Ă  quitte ou double. L’avenir de la stabilitĂ© mondiale dĂ©pend dĂ©sormais de la rĂ©action de l’Iran face Ă  cet ultimatum naval. Du moins, si ce pays arrive Ă  parler d’une seule voix, car cela semble manifestement compliquĂ© aprĂšs la perte d’autant de dirigeants de premier rang. Pour l’instant, la seule bonne nouvelle est que le cessez-le-feu prolongĂ© par le prĂ©sident Trump tient toujours, mais pour combien de temps ?

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1 000 milliards de dollars – Anthropic explose et dĂ©passe dĂ©sormais OpenAI

April 23rd 2026 at 17:00

Anthropic vient de sortir le modĂšle d’intelligence artificielle le plus puissant du monde. Un tĂ©moignage de son potentiel pour les investisseurs, qui se prĂ©cipitent pour obtenir une part du gĂąteau. Zoom sur l’explosion de la sociĂ©tĂ© d’IA.

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