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Crypto US : Le Clarity Act place XRP, SOL et DOGE au mĂȘme niveau que BTC et ETH

January 14th 2026 at 17:00

Make crypto great again. Le Clarity Act du SĂ©nat amĂ©ricain pourrait bien redĂ©finir le paysage rĂ©glementaire des cryptomonnaies en accordant Ă  des tokens comme XRP, Solana et Dogecoin le mĂȘme statut que Bitcoin et Ethereum. Selon un projet de loi dĂ©voilĂ© par le prĂ©sident de la commission bancaire du SĂ©nat, Tim Scott, ces cryptos pourraient ĂȘtre classĂ©es comme des « actifs non accessoires », les exemptant ainsi des rĂšgles strictes de la SEC sur les valeurs mobiliĂšres.

Les points clés de cet article :
  • Le Clarity Act du SĂ©nat amĂ©ricain a proposĂ© une classification innovante pour certaines cryptomonnaies, les considĂ©rant comme des « actifs non accessoires ».

  • Cette classification pourrait ouvrir la voie Ă  une adoption institutionnelle plus large en exemptant certaines cryptos des rĂšgles strictes de la SEC.

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Une nouvelle catégorie pour les cryptos ?

Le Clarity Act propose une classification innovante pour certaines cryptomonnaies, les désignant comme des « actifs non accessoires ». ConcrÚtement, cela signifie que si un token est inclus dans un produit financier réglementé, comme un ETF (Exchange-Traded Fund), il ne sera pas considéré comme une valeur mobiliÚre. Cette distinction est cruciale car elle détermine si un actif tombe sous la juridiction de la SEC (Securities and Exchange Commission) et ses exigences de divulgation.

Selon le texte du projet de loi, une crypto est considĂ©rĂ© comme non accessoire « si, au 1á”‰ÊłÂ janvier 2026, des unitĂ©s de ce token Ă©taient l’actif principal d’un produit nĂ©gociĂ© en bourse [
] cotĂ© et nĂ©gociĂ© sur une bourse nationale ». En d’autres termes, si une cryptomonnaie est incluse dans un ETF d’ici 2026, elle pourrait bĂ©nĂ©ficier de cette nouvelle classification.

Cette disposition pourrait donc s’appliquer Ă  des cryptomonnaies comme XRP, Solana, Litecoin, Hedera, Dogecoin et Chainlink, leur accordant un statut rĂ©glementaire similaire Ă  celui de Bitcoin et Ethereum.

Le Clarity Act du SĂ©nat amĂ©ricain pourrait bien redĂ©finir le paysage rĂ©glementaire des cryptomonnaies en accordant Ă  des tokens comme XRP, Solana et Dogecoin le mĂȘme statut que Bitcoin et Ethereum. Selon un projet de loi dĂ©voilĂ© par le prĂ©sident de la commission bancaire du SĂ©nat, Tim Scott, ces cryptos pourraient ĂȘtre classĂ©es comme des « actifs non accessoires », les exemptant ainsi des rĂšgles strictes de la SEC sur les valeurs mobiliĂšres.
Le CLARITY Act va passr devant le Sénat US et les attentes sont importantes du cÎté de la cryptosphÚre US (et mondiale)

Un impact majeur pour les investisseurs institutionnels en crypto

Bien que cette nouvelle puisse sembler technique, elle a des implications majeures pour les investisseurs institutionnels. En effet, ces derniers sont souvent limitĂ©s par des contraintes rĂ©glementaires qui les empĂȘchent d’investir dans des actifs considĂ©rĂ©s comme des valeurs mobiliĂšres non enregistrĂ©es. En classant ces cryptomonnaies comme des actifs non accessoires, le Clarity Act pourrait ouvrir la voie Ă  une adoption institutionnelle beaucoup plus large.

« Si cette disposition survit dans le projet de loi final, l’impact immĂ©diat serait moins sur les prix et plus sur la conformité », a dĂ©clarĂ© Jordan Jefferson, fondateur de DogeOS. « Un chemin statutaire plus clair peut Ă©largir l’ensemble des institutions autorisĂ©es Ă  s’engager ».

Le projet de loi reflĂšte Ă©galement un changement plus large vers une rĂ©glementation des cryptomonnaies basĂ©e sur la façon dont elles sont distribuĂ©es et utilisĂ©es dans des produits financiers rĂ©glementĂ©s. En d’autres termes, plutĂŽt que de se concentrer uniquement sur la technologie sous-jacente, le lĂ©gislateur semble vouloir prendre en compte le contexte dans lequel ces actifs sont utilisĂ©s.

Ce projet de loi, bien qu’encore en phase de discussion, pourrait marquer un tournant dans la maniĂšre dont les cryptomonnaies sont perçues par le systĂšme financier traditionnel. En offrant une voie claire vers la conformitĂ© rĂ©glementaire, le Clarity Act pourrait bien ĂȘtre la clĂ© qui dĂ©bloquera l’adoption institutionnelle tant attendue pour des cryptos comme XRP, Solana et Dogecoin.

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Crise en Iran : Effondrement monétaire et révolte sociale

January 14th 2026 at 11:15

Le peuple dans la rue. Le dĂ©but de l’annĂ©e 2026 marque un tournant critique pour l’Iran, oĂč une crise Ă©conomique latente a atteint un point de rupture. Le rial iranien s’est effondrĂ© Ă  des niveaux historiques, avec des taux informels dĂ©passant 1,4 million de rials pour 1 USD sur le marchĂ© noir. Cette dĂ©prĂ©ciation massive alimente une inflation galopante, estimĂ©e Ă  environ 42 %, rendant les produits de base inaccessibles pour une grande partie de la population.

Les points clés de cet article :
  • L’Iran vit une crise Ă©conomique majeure avec l’effondrement historique de son rial et une inflation galopante qui a rendu les produits de base inaccessibles.

  • Un soulĂšvement national, initiĂ© par les marchands du Grand Bazar de TĂ©hĂ©ran, s’est muĂ© en rĂ©volte contre le rĂ©gime, entraĂźnant une rĂ©pression sĂ©vĂšre et un climat de contestation intense.

  • Bitcoin a Ă©mergĂ© comme refuge face Ă  l’effondrement de la monnaie locale, illustrant une perte de confiance totale dans les institutions monĂ©taires centrales du pays.

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Une économie asphyxiée par les sanctions et la corruption en Iran

La chute du rial est le rĂ©sultat d’une combinaison de pressions internationales et de failles structurelles internes. Le rĂ©tablissement des sanctions globales de l’ONU en septembre 2025, aprĂšs l’échec des nĂ©gociations nuclĂ©aires, a paralysĂ© l’accĂšs aux revenus pĂ©troliers et aux marchĂ©s financiers mondiaux. De plus, la baisse du prix du baril de Brent Ă  environ 60$ en 2025 a creusĂ© un dĂ©ficit budgĂ©taire massif, le gouvernement ayant besoin d’un baril Ă  165$ pour Ă©quilibrer ses comptes.

L’économie subit Ă©galement l’emprise croissante des Gardiens de la RĂ©volution, qui contrĂŽlent des pans entiers de l’industrie, du pĂ©trole aux tĂ©lĂ©communications. Cette domination, couplĂ©e Ă  une corruption systĂ©mique, limite la capacitĂ© du gouvernement Ă  stabiliser la monnaie. Bien que le Parlement ait validĂ© la suppression de quatre zĂ©ros du rial pour faciliter les transactions, cette mesure technique ne traite pas les causes profondes de la crise.

Le dĂ©but de l'annĂ©e 2026 marque un tournant critique pour l'Iran, oĂč une crise Ă©conomique latente a atteint un point de rupture. Le rial iranien s'est effondrĂ© Ă  des niveaux historiques, avec des taux informels dĂ©passant 1,4 million de rials pour 1 USD sur le marchĂ© noir. Cette dĂ©prĂ©ciation massive alimente une inflation galopante, estimĂ©e Ă  environ 42 %, rendant les produits de base inaccessibles pour une grande partie de la population.
Les mĂ©dias officiels commençent Ă  parler de 2 000 morts en marge des manifestations en Iran – Source : Compte X

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Un soulÚvement national né de la détresse économique

Le mĂ©contentement, initiĂ© fin dĂ©cembre 2025 par les marchands du Grand Bazar de TĂ©hĂ©ran, s’est transformĂ© en une rĂ©volte nationale. Ces commerçants, autrefois piliers du rĂ©gime, dĂ©noncent l’impossibilitĂ© d’importer des biens et la volatilitĂ© extrĂȘme des prix. La contestation a rapidement Ă©voluĂ© vers des revendications politiques radicales, appelant Ă  la fin du rĂ©gime du Guide SuprĂȘme Ali Khamenei.

La rĂ©pression menĂ©e par les forces de sĂ©curitĂ© aurait dĂ©jĂ  fait au moins 544 morts (certaines sources parlent de 2 000) et entraĂźnĂ© plus de 10 000 arrestations, selon les chiffres fournis par des ONG internationales. Contrairement aux crises passĂ©es, ce mouvement unit des classes sociales hĂ©tĂ©rogĂšnes, des Ă©tudiants aux ouvriers, tous frappĂ©s par une baisse drastique de leur niveau de vie. Le gouvernement a rĂ©pondu par des coupures d’internet et des arrestations arbitraires massives, sans parvenir Ă  Ă©teindre le foyer de contestation.

Le dĂ©but de l'annĂ©e 2026 marque un tournant critique pour l'Iran, oĂč une crise Ă©conomique latente a atteint un point de rupture. Le rial iranien s'est effondrĂ© Ă  des niveaux historiques, avec des taux informels dĂ©passant 1,4 million de rials pour 1 USD sur le marchĂ© noir. Cette dĂ©prĂ©ciation massive alimente une inflation galopante, estimĂ©e Ă  environ 42 %, rendant les produits de base inaccessibles pour une grande partie de la population.
MĂȘme si cela est anecdotique vu la gravitĂ© des Ă©vĂšnements, le prix de Bitcoin donne une idĂ©e de l’éffondrement de la monnaie en Iran – Source : Compte X

Bitcoin : l’ultime refuge contre l’effacement de la monnaie fiat

Dans ce contexte de chaos monĂ©taire, Bitcoin est devenu un baromĂštre de l’érosion du rial. Le 13 janvier 2026, des donnĂ©es de marchĂ© ont rĂ©vĂ©lĂ© un effondrement spectaculaire de la monnaie nationale face au BTC, atteignant environ 105 milliards de rials pour 1 $BTC. Des relevĂ©s en temps rĂ©el ont mĂȘme montrĂ© des pics dĂ©passant les 630 milliards de rials, soit une progression de plus de 600 % en seulement cinq jours !

Cette situation est perçue comme un effacement pur et simple de la valeur de la monnaie fiduciaire en temps rĂ©el. Pour les citoyens iraniens, la conversion de l’épargne en Bitcoin ou en actifs numĂ©riques n’est plus une spĂ©culation, mais une stratĂ©gie de survie face Ă  une monnaie locale qui perd toute utilitĂ© commerciale. Cette fuite vers la crypto souligne la perte de confiance totale dans les institutions monĂ©taires centrales du pays.

L’Iran entre dans une zone de turbulences majeures oĂč l’effondrement du rial agit comme le catalyseur d’une rupture sociale profonde. La population, prise entre une inflation insupportable et une monnaie qui s’évapore face aux grandes devises du monde (et au Bitcoin), manifeste une volontĂ© de changement radical. Sans rĂ©forme structurelle ou allĂšgement des sanctions, la simple suppression de zĂ©ros sur les billets ne suffira pas Ă  stabiliser une nation dont les fondements Ă©conomiques et politiques sont dĂ©sormais en pĂ©ril.

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Inflation et séisme au Sénat US : Le Top 5 des Actus Bitcoin et cryptomonnaies

January 14th 2026 at 09:12

Mardi 13 janvier. Que s’est-il passĂ© sur la planĂšte crypto hier ? Entre les couloirs feutrĂ©s de Washington et les bureaux climatisĂ©s de Wall Street, l’air est devenu Ă©lectrique. Alors que l’inflation amĂ©ricaine joue les Ă©quilibristes sur un fil de soie, le SĂ©nat US a dĂ©cidĂ© de sortir l’artillerie lourde avec un pavĂ© lĂ©gislatif de 278 pages qui ressemble Ă  s’y mĂ©prendre Ă  un nouveau contrat social pour la cryptosphĂšre.

Entre rumeurs de rachats de gĂ©ants et sĂ©natrices montant au crĂ©neau pour protĂ©ger les artisans du code, la journĂ©e s’annonce comme un tournant historique. Attachez vos ceintures, on dĂ©cortique pour vous les cinq actualitĂ©s qu’il ne fallait pas manquer hier.

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Inflation US : Bitcoin souffle

L’inflation amĂ©ricaine s’est Ă©tablie Ă  2,7 % pour dĂ©cembre 2025, pile dans les clous des prĂ©visions. Pour le Bitcoin, c’est un « Ouf » de soulagement. Pas de mauvaise surprise, donc pas de coup de massue immĂ©diat de la Fed sur les taux d’intĂ©rĂȘt.

On Ă©vite le krach, et les « bulls » reprennent des couleurs. C’est ce qu’on appelle un atterrissage en douceur, ou soft landing pour les intimes de Wall Street. Le marchĂ© respire, mais garde un Ɠil sur le pĂ©trole, car le diable se cache toujours dans les dĂ©tails Ă©nergĂ©tiques.

Bitcoin rĂ©agit Ă  l’inflation – Source

Régulation : Le Sénat US publie sa « Bible » de 278 pages

Si vous cherchiez de la lecture pour vos longues soirĂ©es d’hiver, le SĂ©nat amĂ©ricain vient de publier un projet de loi de 278 pages sur la structure des marchĂ©s crypto. C’est dense, c’est complexe, et ça sent la fin de la rĂ©crĂ©ation pour certains protocoles de DeFi.

Le texte vise Ă  clarifier qui, de la SEC ou de la CFTC, doit tenir le sifflet. L’enjeu ? DĂ©finir une fois pour toutes si votre altcoin prĂ©fĂ©rĂ© est une marchandise ou une valeur mobiliĂšre. On y parle aussi de l’interdiction de gĂ©nĂ©rer du rendement sur les stablecoins sans licence bancaire.

Cynthia Lummis : La Madone du Bitcoin protĂšge les devs

Pendant que certains veulent tout verrouiller, la sénatrice Cynthia Lummis joue les gardes du corps. Elle a déposé un projet de loi visant à protéger les développeurs Bitcoin.

L’idĂ©e est simple : ne pas les tenir pour responsables des transactions illĂ©gales transitant par leur code, tant qu’ils n’ont pas le contrĂŽle des fonds.

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CoinGecko : Le petit lézard vaut-il 500 millions ?

C’est la rumeur qui fait bruisser les salons feutrĂ©s de Singapour Ă  New York : CoinGecko, l’agrĂ©gateur de donnĂ©es indĂ©pendant, Ă©tudierait une vente pour environ 500 millions de dollars.

AprĂšs le rachat de CoinMarketCap par Binance en 2020, CoinGecko Ă©tait restĂ© le dernier bastion de l’indĂ©pendance (et des bonbons Ă  collectionner chaque matin). Si cette vente se confirme, qui sera l’acheteur ? Un exchange gĂ©ant cherchant Ă  contrĂŽler la donnĂ©e, ou une institution financiĂšre traditionnelle type Bloomberg voulant mettre un pied dans le plat ? Affaire Ă  suivre, mais le prix du lĂ©zard est devenu sacrĂ©ment Ă©levĂ©.

💾 La plateforme de donnĂ©es crypto CoinGecko envisage une vente potentielle valorisĂ©e autour de 500 millions $. pic.twitter.com/PfqvbJZklA

— Journal du Coin (@LeJournalDuCoin) January 13, 2026

Strive & Semler : Vivek Ramaswamy joue au Monopoly Bitcoin

Strive, la sociĂ©tĂ© de gestion cofondĂ©e par Vivek Ramaswamy, vient d’annoncer le rachat de Semler Scientific. Pour ceux qui dorment au fond de la classe, Semler est cette entreprise de santĂ© qui a adoptĂ© une stratĂ©gie « Bitcoin Standard » Ă  la MicroStrategy.

Avec cette acquisition, Strive propulse ses actifs sous gestion et devient mĂ©caniquement le 11Ăšme plus grand dĂ©tenteur institutionnel de Bitcoin au monde. On assiste Ă  une institutionnalisation massive oĂč le Bitcoin n’est plus un actif exotique, mais la pierre angulaire des bilans comptables des boĂźtes les plus agressives du Nasdaq.

Si l’inflation semble accorder une trĂȘve aux investisseurs, le vĂ©ritable combat se joue dĂ©sormais dans les bureaux feutrĂ©s du Capitole. Entre la protection des dĂ©veloppeurs prĂŽnĂ©e par Cynthia Lummis et la tentation de rĂ©guler Ă  outrance les stablecoins, l’équilibre est prĂ©caire.

A voir ce que nous reserve aujourd’hui ! A demain !

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Tether, le cheval de Troie de l’asservissement financier

December 14th 2025 at 10:44

L’arrivĂ©e au pouvoir de Donald Trump en janvier 2025 a marquĂ© un tournant majeur dans l’histoire amĂ©ricaine. AprĂšs avoir connu une persĂ©cution judiciaire et une tentative d’attentat, ce dernier s’est prĂ©sentĂ© comme une force inarrĂȘtable. Et bien qu’il ait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© prĂ©sident des États-Unis entre 2017 et 2021, il est indĂ©niable que son second mandat a dĂ©jĂ  une toute autre saveur : il n’est plus le mĂȘme Trump qu’en 2017, ses aspirations ont changĂ©.

On observe en particulier que son positionnement sur Bitcoin s’est inversĂ©, passant de l’opposition butĂ©e Ă  l’approbation enthousiaste. Courant 2019, Ă  l’occasion de l’annonce du projet privĂ© de monnaie numĂ©rique Libra par Facebook, il dĂ©clarait en effet qu’il n’était pas « un fervent partisan du bitcoin et des autres cryptomonnaies », qui pour lui n’étaient « pas des monnaies », dont la valeur Ă©tait « trĂšs volatile et basĂ©e sur du vent » et qui facilitaient « le trafic de drogues et d’autres activitĂ©s illĂ©gales ». En revanche, cinq ans plus tard, Ă  la confĂ©rence de Nashville sur Bitcoin de juillet 2024, il promettait au public qu’il serait « le prĂ©sident pro-innovation et pro-bitcoin dont l’AmĂ©rique a besoin » et qu’il formerait une « rĂ©serve nationale stratĂ©gique de bitcoins » avec les fonds saisis par les agences fĂ©dĂ©rales.

Comment expliquer ce revirement ? On pourrait l’attribuer au « comportement erratique » du prĂ©sident, une caractĂ©ristique rĂ©guliĂšrement mise en avant par ses dĂ©tracteurs. Mais ce changement d’opinion peut aussi s’expliquer par un Ă©lĂ©ment demeurĂ© constant chez lui : son attachement au dollar et au rĂŽle international du billet vert. La chose qui a Ă©voluĂ© est qu’il voit dĂ©sormais le secteur cryptoĂ©conomique (la « crypto » comme il aime le dire) comme un moyen de soutenir la suprĂ©matie de la monnaie amĂ©ricaine, notamment par le biais des stablecoins indexĂ©s sur le dollar.

Les stablecoins sont des monnaies numĂ©riques adossĂ©es Ă  une monnaie peu volatile, dont le transfert se fait sur des chaines blocs dĂ©centralisĂ©es comme Bitcoin ou Ethereum. Le plus emblĂ©matique de ces stablecoins — le plus ancien et le plus important — est le Tether USD (ou USDT), qui est gĂ©rĂ© par la sociĂ©tĂ© Tether Ltd. et qui se base, comme son nom l’indique, sur le dollar amĂ©ricain. LancĂ© en 2014 sur la chaine de Bitcoin, il a connu une croissance phĂ©nomĂ©nale pour reprĂ©senter aujourd’hui plus de 185 milliards de dollars. Depuis 2025, il est devenu un Ă©lĂ©ment non nĂ©gligeable de la politique Ă©trangĂšre de l’actuelle administration fĂ©dĂ©rale amĂ©ricaine, aux cĂŽtĂ©s d’autres stablecoins comme l’USDC.

Cette intĂ©gration institutionnelle des stablecoins s’inscrit en opposition totale avec la philosophie de la cryptomonnaie. Bitcoin s’est, on le rappelle, construit comme une monnaie rĂ©sistante Ă  la censure et dĂ©flationniste, et le stablecoin de Tether est l’antithĂšse de cette proposition : l’entreprise peut geler les comptes Ă  volontĂ©, et la monnaie est soumise Ă  la dĂ©prĂ©ciation du dollar. En raison de son implication dans le destin de la cryptomonnaie, on peut qualifier Tether de cheval de Troie de l’asservissement financier : un cadeau empoisonnĂ©, dont on perçoit les avantages, mais qui nous mĂšne Ă  une dĂ©faite cuisante. C’est la thĂšse que nous allons dĂ©fendre dans cet article.

Le rÎle précurseur de Paypal

Avant d’aborder le sujet des stablecoins proprement dit, il convient d’évoquer le cas de PayPal, qui constitue en quelque sorte leur prĂ©curseur. PayPal est un service de paiement qui a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ© par l’entreprise Confinity Inc. Ă  la fin des annĂ©es 90. Il permettait d’effectuer des paiements faciles et sans frais entre adresses de courrier Ă©lectronique, et se destinait Ă  l’envoi de paiements simples entre particuliers (pay pal signifie littĂ©ralement « payer copain »). Construit en surcouche du systĂšme bancaire, le service se rĂ©munĂ©rait grĂące Ă  l’argent de ses utilisateurs, qui Ă©tait placĂ© Ă  intĂ©rĂȘts.

Confinity Inc. a Ă©tĂ© fondĂ©e en 1998 par Peter Thiel, diplĂŽmĂ© de philosophie Ă  l’universitĂ© Stanford, et Max Levchin, un informaticien juif ukrainien ayant Ă©migrĂ© aux États-Unis Ă  la suite de la chute de l’URSS. En tant que PDG, Peter Thiel assumait le rĂŽle d’idĂ©ologue de l’entreprise. Il se dĂ©crivait alors comme libertarien, conservateur et girardien1. Pour lui, PayPal Ă©tait un moyen de libĂ©ration, qui devait notamment permettre aux gens souffrant de l’hyperinflation dans des pays comme la Russie ou la Serbie de bĂ©nĂ©ficier des avantages apportĂ©s par une monnaie stable, et en particulier le dollar. En 1999, il expliquait ainsi Ă  son Ă©quipe :

« La plupart des gens ordinaires n’ont jamais l’occasion d’ouvrir un compte Ă  l’étranger ou de mettre la main sur plus de quelques billets d’une monnaie stable comme le dollar amĂ©ricain. Un jour, PayPal sera en mesure de changer cette situation. À l’avenir, lorsque notre service sera disponible en dehors des États-Unis et que la pĂ©nĂ©tration d’Internet continuera Ă  s’étendre Ă  tous les niveaux Ă©conomiques, PayPal permettra aux citoyens du monde entier d’exercer un contrĂŽle plus direct sur leurs monnaies qu’ils ne l’ont jamais fait auparavant2. »

Cette idĂ©e de remplacer les monnaies Ă©trangĂšres par le dollar pour mettre fin aux hyperinflations se retrouvait dans son discours donnĂ© Ă  Oakland en Californie pour l’Independent Institute en octobre 1999. Il a par la suite confirmĂ© (voire enjolivĂ©) cette vision initiale, en dĂ©clarant en 2009 que « l’idĂ©e qui a prĂ©sidĂ© Ă  la fondation de PayPal Ă©tait la crĂ©ation d’une nouvelle monnaie mondiale, libre de toute dilution et de tout contrĂŽle Ă©tatique ».

Peter Thiel en 1999 (Youtube)

Toutefois, tout ne s’est pas passĂ© comme prĂ©vu. En l’an 2000, en raison de problĂšmes de financement, Confinity a dĂ» fusionner avec la sociĂ©tĂ© X.com d’Elon Musk pour former PayPal Inc. Puis, au fil des annĂ©es, l’entreprise s’est conformĂ©e Ă  des contraintes rĂšglementaires de plus en plus drastiques, y compris en dehors des États-Unis, ce qui a Ă©branlĂ© l’effet libĂ©rateur escomptĂ©. Elle procĂšde ainsi rĂ©guliĂšrement Ă  des gels de compte arbitraires, comme celui de WikiLeaks en 2010.

Le destin de Peter Thiel lui-mĂȘme est aussi intĂ©ressant, car le visionnaire de PayPal a Ă©voluĂ© et s’est depuis impliquĂ© dans l’appareil politique amĂ©ricain. En 2004, il a cofondĂ© la sociĂ©tĂ© de surveillance informatique Palantir Technologies, dont les logiciels sont utilisĂ©s (entre autres) par les services de renseignement, comme la NSA aux États-Unis, le GCHQ au Royaume-Uni ou la DGSI en France. Il a aussi largement soutenu la carriĂšre politique de J. D. Vance, l’actuel vice-prĂ©sident des États-Unis, en le prĂ©sentant Ă  Donald Trump en 2021 et en finançant sa campagne pour les Ă©lections sĂ©natoriales de 2022.

Peter Thiel est Ă©galement liĂ© Ă  David Sacks, entrepreneur sud-africain ayant aussi Ă©tudiĂ© Ă  Stanford, avec qui il a publiĂ© l’ouvrage The Diversity Myth en 1995, pour dĂ©noncer l’effet nĂ©faste du politiquement correct et du multiculturalisme sur les campus universitaires amĂ©ricains. David Sacks l’a accompagnĂ© dans l’aventure Confinity, oĂč il travaillait sur le marketing pour le produit PayPal, et il est devenu le directeur de l’exploitation aprĂšs la fusion. AprĂšs avoir rĂ©alisĂ© un certain nombre d’investissements fructueux dans la Silicon Valley, il s’est aussi impliquĂ© en politique, et il a fini par ĂȘtre nommĂ© « czar » chargĂ© de la cryptomonnaie et de l’intelligence artificielle auprĂšs de la Maison-Blanche en janvier 2025.

Les deux hommes font partie de la « mafia PayPal », surnom donné au groupe informel des anciens fondateurs ou employés de la société qui ont depuis fondé et développé des entreprises technologiques de la Silicon Valley.

Photographie de la « mafia PayPal » prise au Tosca Café à San Francisco en octobre 2007 (Robyn Twomey pour Fortune). Peter Thiel et Max Levchin y apparaissent au premier plan ; David Sacks est derriÚre Thiel sur sa gauche.

L’émergence des stablecoins

PayPal a ainsi Ă©chouĂ© Ă  devenir un moyen de libĂ©ration financiĂšre et s’est simplement transformĂ© en un service de paiement classique. Toutefois, avec l’émergence de Bitcoin en 2010, un vent d’innovation a soufflĂ© sur le secteur financier. L’absence de besoin d’autorisation permettait Ă  n’importe qui de lancer un service sans se soucier de la rĂšglementation en premier lieu. Et les stablecoins ont fait partie des premiers projets Ă  se manifester.

Comme nous l’avons expliquĂ© en introduction les stablecoins (ou « cryptomonnaies stables ») sont des jetons numĂ©riques arrimĂ©s Ă  une monnaie peu volatile, le plus souvent au dollar amĂ©ricain. Ils sont transfĂ©rĂ©s par le biais d’un ou de plusieurs systĂšmes cryptoĂ©conomiques dĂ©centralisĂ©s comme Bitcoin, Ethereum ou Solana. Leur premier avantage est de permettre Ă  l’utilisateur d’échapper Ă  la volatilitĂ© propre aux cryptomonnaies, de maniĂšre simple et directe.

Le concept de stablecoin est apparu vers 2011–2012 avec le mouvement « Bitcoin 2.0 », une mouvance qui visait Ă  amĂ©liorer Bitcoin en lui adjoignant des fonctionnalitĂ©s supplĂ©mentaires. C’est de ce mouvement qu’ont Ă©mergĂ© les diffĂ©rents modĂšles de piĂšces colorĂ©es (ChromaWay, Open Assets, Colored Coins), les mĂ©taprotocoles Mastercoin et Counterparty, et les systĂšmes cryptoĂ©conomiques externes Ă  Bitcoin comme Bitshares, NXT et Ethereum.

L’idĂ©e du stablecoin a en particulier germĂ© au sein du projet Mastercoin (qui serait rebaptisĂ© Omni en 2015). Il s’agissait d’un systĂšme bĂąti en surcouche de Bitcoin, sur lequel les utilisateurs pouvaient Ă©mettre leurs propres jetons, appelĂ©s user currencies, grĂące Ă  des commandes inscrites sur la chaine de Bitcoin et interprĂ©tĂ©es par un logiciel spĂ©cifique. Mastercoin a Ă©tĂ© imaginĂ© en janvier 2012 par J. R. Willett, un dĂ©veloppeur amĂ©ricain de 32 ans travaillant pour un fabricant d’équipements aĂ©ronautiques. On lui attribue Ă©galement l’invention du concept de stablecoin, qu’il a formalisĂ© dans le livre blanc de son projet, intitulĂ© « The Second Bitcoin White Paper », en ces termes :

« Il est possible de concevoir des outils permettant aux utilisateurs finaux de crĂ©er des monnaies ayant une valeur stable, indexĂ©e sur une monnaie externe ou une marchandise extĂ©rieure. De cette maniĂšre, les utilisateurs de ces monnaies peuvent possĂ©der une monnaie virtuelle stabilisĂ©e, rattachĂ©e au dollar amĂ©ricain, Ă  l’euro, Ă  l’once d’or, au baril de pĂ©trole, etc. »

User currencies présentées sur Mastercoin.org en septembre 2013

Le systĂšme Mastercoin a Ă©tĂ© lancĂ© au cours de l’étĂ© 2013, Ă  la suite d’une ICO d’un mois, qui a recueilli 5 120 BTC soit un demi-million de dollars Ă  l’époque ! Le montant obtenu (tout Ă  fait inattendu) a motivĂ© la crĂ©ation d’une organisation spĂ©ciale, la Fondation Mastercoin, pour que la gestion de l’argent puisse se faire. Les membres fondateurs Ă©taient des investisseurs. On y trouvait notamment Brock Pierce, ancien enfant acteur pour Disney (Les Petits champions, PrĂ©sident junior), qui Ă©tait devenu investisseur prolifique dans le jeu vidĂ©o puis dans la cryptomonnaie.

Brock Pierce en 2013, interrogé lors de la UInvest Crowdfunding Conference (Youtube)

Il a fallu attendre 2014 pour que les stablecoins deviennent rĂ©alitĂ©. Les premiers jetons de ce type ont Ă©tĂ© les stablecoins « dĂ©centralisĂ©s » non collatĂ©ralisĂ©s, dont la valeur dĂ©pendait d’un systĂšme de compensation algorithmique. Ils ont Ă©tĂ© Ă©mis sur des chaines de blocs alternatives : tel Ă©tait le cas du bitUSD lancĂ© sur BitShares en aoĂ»t 2014, et de l’USNBT dĂ©ployĂ© sur NuBits en septembre. Ces modĂšles avaient leur utilitĂ©, mais ils Ă©taient sujets Ă  une forte instabilitĂ©, si bien que les gens ont prĂ©fĂ©rĂ© se tourner vers les stablecoins centralisĂ©s, comme le Tether USD (ayant pour sigle boursier USDT).

Le lancement de Tether

Le projet Tether (de l’anglais to tether signifiant « attacher ») a Ă©tĂ© annoncĂ© le 8 juillet 2014 sous le nom de Realcoin : il s’agissait d’émettre des jetons stables par rapport au dollar sur le protocole Mastercoin. L’entreprise gĂ©rant le projet a Ă©tĂ© cofondĂ©e par trois personnes : Brock Pierce, dont on a dĂ©jĂ  parlé ; Reeve Collins, entrepreneur dans le secteur de la publicité ; et Craig Sellars, dĂ©veloppeur de logiciel qui occupait depuis fĂ©vrier le poste de directeur technique de la Fondation Mastercoin. Le but affichĂ© de Realcoin Ă©tait d’« apporter les avantages de Bitcoin au dollar amĂ©ricain », en passant par le rĂ©seau Bitcoin pour effectuer des transactions Ă  faible coĂ»t sans recourir Ă  un tiers, et de constituer une « alternative non volatile » Ă  la cryptomonnaie de Satoshi, dont la valeur Ă©tait trĂšs fluctante.

Capture du site de Realcoin en juillet 2014 (Coindesk)

La promesse de Realcoin, c’était que son stablecoin garde une valeur proche du dollar amĂ©ricain en Ă©tant garanti par des « rĂ©serves en dollars, toutes dĂ©tenues dans des placements prudents », et auditĂ©es par une entitĂ© indĂ©pendante. En pratique, la convertibilitĂ© est assurĂ©e Ă  paritĂ© par l’entreprise. Si le prix du stablecoin baisse, on peut en acheter sur le marchĂ© et cĂ©der cette monnaie pour un profit ; si son prix augmente, on peut s’en procurer auprĂšs de la sociĂ©tĂ© et la vendre sur le marchĂ© pour un profit. La stabilitĂ© vis-Ă -vis du dollar est ainsi maintenue, pour autant que l’entreprise ne s’amuse pas Ă  utiliser les dollars reçus pour investir dans des actifs risquĂ©s.

Les premiers jetons ont Ă©tĂ© Ă©mis sur Mastercoin le 6 octobre 2014, lançant ce qui deviendrait un rĂ©el phĂ©nomĂšne Ă  l’échelle mondiale. Le projet Realcoin a rapidement Ă©tĂ© renommĂ© Tether en novembre 2014, afin d’éviter d’ĂȘtre associĂ© aux cryptomonnaies alternatives utilisant le suffixe « coin » comme Litecoin, Dogecoin ou Feathercoin. De plus, le nom « RealCoin » Ă©tait dĂ©jĂ  utilisĂ© par un altcoin alors inactif.

Logo de Tether en 2015 (Tether.to)

La relĂšve de Bitfinex

En novembre 2014, Tether a annoncĂ© avoir conclu un partenariat avec la plateforme de trading sur marge Bitfinex. Cette derniĂšre avait Ă©tĂ© fondĂ©e en octobre 2012 par un technicien informatique français du nom de RaphaĂ«l Nicolle, qui avait Ă©tĂ© vite rejoint par Giancarlo Devasini, un chirurgien esthĂ©tique italien reconverti en vendeur d’électronique, et Jean-Louis Van Der Velde, un entrepreneur nĂ©erlandais expatriĂ© en Asie de l’Est.

Le projet Tether a dĂšs le dĂ©part Ă©tĂ© Ă©troitement liĂ© Ă  Bitfinex. D’aprĂšs Philip Potter, directeur de la stratĂ©gie de Bitfinex, l’équipe Ă©tait en effet en relation avec les membres de la Fondation Mastercoin au cours de l’annĂ©e 2014 pour mettre au point le stablecoin. De plus, bien que les deux structures aient Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©es comme distinctes, les gens impliquĂ©s dans Bitfinex l’étaient aussi (plus ou moins secrĂštement) dans Tether. Comme l’ont rĂ©vĂ©lĂ© les Paradise Papers en 2017, la sociĂ©tĂ© Tether Holdings Ltd. a Ă©tĂ© enregistrĂ©e dans les Ăźles Vierges britanniques en septembre 2014 par Giancarlo Devasini et Philip Potter. On peut aussi citer le cas de Stuart Hoegner, qui a longtemps Ă©tĂ© conseiller pour les deux entreprises.

L’équipe de direction de Bitfinex en 2018 (Bitfinex.com)

Cette connivence a aidĂ© Tether Ă  se lancer sur le marchĂ©. Le 15 janvier 2015, L’USDT a Ă©tĂ© ajoutĂ© sur Bitfinex en tant que mĂ©thode de dĂ©pĂŽt et de retrait en dollars. Cette intĂ©gration a permis de garantir la convertibilitĂ© d’un point de vue pratique : l’utilisateur moyen pouvait ainsi envoyer de l’USDT sur Bitfinex, obtenir le montant Ă©quivalent en dollars, et les retirer par un autre moyen.

Peu Ă  peu, les fondateurs officiels de Tether se sont retirĂ©s du projet (l’implication de Brock Pierce ayant cessĂ© en 20153) et Bitfinex a pris le relai. En 2018, la sociĂ©tĂ© Tether Holdings Ltd. Ă©tait ainsi contrĂŽlĂ©e Ă  86 % par quatre individus, tous impliquĂ©s dans la plateforme de change : Giancarlo Devasini (43 %), Jean-Louis van der Velde (15 %), Stuart Hoegner (15 %) et Christopher Harborne (12 %).

Les plateformes de change et la bulle de 2017

Le jeton de Tether constituait une aubaine pour les plateformes de change et leurs utilisateurs. D’une part, les plateformes avaient du mal Ă  se bancariser, et voyaient dans l’USDT un mode de dĂ©pĂŽt et de retrait fiable en dollars (Liberty Reserve Ă©tait fermĂ©e depuis mai 2013). D’autre part, Tether permettait aux utilisateurs de ne pas rĂ©aliser une cession contre une monnaie Ă©tatique, et par consĂ©quent de ne pas avoir Ă  payer la taxe sur les plus-values immĂ©diatement (cette Ă©chappatoire a Ă©tĂ© abrogĂ©e en 2018 aux États-Unis).

L’intĂ©gration aux principales plateformes de l’écosystĂšme s’est dĂ©roulĂ©e entre 2015 et 2017. La place de marchĂ© Poloniex (trĂšs populaire Ă  cette Ă©poque-lĂ ) a ajoutĂ© l’USDT Ă  son offre en fĂ©vrier 2015. La cotation au comptant créée a permis au jeton d’apparaitre sur CoinMarketCap le mĂȘme jour. Dans les deux annĂ©es qui ont suivi, la plupart des plateformes ont Ă©galement intĂ©grĂ© le stablecoin : ShapeShift en avril 2015, Cryptsy en mai, Bittrex en dĂ©cembre, Kraken en mars 2017 et la toute nouvelle Binance en aoĂ»t 2017.

En 2017, avec le marchĂ© haussier du prix du bitcoin, le phĂ©nomĂšne a commencĂ© Ă  prendre de l’ampleur. Le nombre d’USDT Ă©mis est passĂ© de 7 millions Ă  la fin de l’annĂ©e 2016 Ă  55 millions en mars 2017, puis Ă  445 millions en septembre. À la fin de l’annĂ©e, il y avait plus d’un milliard d’USDT en circulation !

Cette croissance du Tether USD ne s’est pas faite sans remontrances, dont certaines sont provenues d’un internaute se faisant appeler Bitfinex’ed, qui s’est spĂ©cialisĂ© dans la rĂ©vĂ©lation des manƓuvres parfois douteuses de Bitfinex et de Tether. Des doutes ont ainsi planĂ© sur le fait que la sociĂ©tĂ© Tether Ltd. conservait bien tout en rĂ©serve et n’en profitait pas pour faire des investissements risquĂ©s. On a suspectĂ© la sociĂ©tĂ© d’acheter du bitcoin en masse pour faire monter son prix et nourrir l’enthousiasme spĂ©culatif, de façon Ă  accroitre la demande pour les USDT sur les plateformes de change et Ă  acheter plus de BTC. On a aussi questionnĂ© la relation incestueuse qu’entretenait Tether avec Bitfinex, qui venait de subir un piratage catastrophique (120 000 bitcoins volĂ©s soit environ 70 millions de dollars) et qui rencontrait des problĂšmes de bancarisation.

Ces soupçons sont devenus rĂ©alitĂ© en 2021 lorsque la sociĂ©tĂ© a Ă©tĂ© condamnĂ©e Ă  payer une amende de 41 millions de dollars par la CFTC, pour n’avoir dĂ©tenu « des rĂ©serves fiduciaires suffisantes pour la garantie des jetons USDT en circulation que pendant 27,6 % du temps sur une pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence de 26 mois comprise entre 2016 et 2018 ». Cependant, Tether a fini par se mettre en rĂšgle en 2019, et elle a depuis adoptĂ© une stratĂ©gie de transparence, en publiant un bilan dĂ©taillĂ© de ses avoirs Ă  la fin de chaque trimestre.

La finance décentralisée

À partir de la fin de l’annĂ©e 2017, le Tether USD a commencĂ© Ă  ĂȘtre Ă©mis sur d’autres chaines de blocs, qui se prĂ©sentaient comme des plateformes dĂ©diĂ©es aux contrats autonomes. Le systĂšme Ethereum, qui venait de connaitre le succĂšs grĂące Ă  la « folie des ICO », a ainsi accueilli une premiĂšre Ă©mission d’USDT en novembre 2017. D’autres ont suivi : Tron en 2019, puis Solana et Avalanche en 2021.

Mais le phĂ©nomĂšne ne s’est pas arrĂȘtĂ© lĂ , et des concurrents Ă  Tether sont apparus. Le principal, l’USDC, a Ă©tĂ© lancĂ© en 2018 par la sociĂ©tĂ© Circle, et il est aujourd’hui 2,3 moins gros que l’USDT. On peut Ă©galement citer le dai, stablecoin collatĂ©ralisĂ© supposĂ©ment dĂ©centralisĂ©, qui a Ă©tĂ© lancĂ© en dĂ©cembre 2017, renommĂ© USDS en 2024, et qui est aujourd’hui garanti pour moitiĂ© par de l’USDC.

Cette construction a posĂ© les bases de la « finance dĂ©centralisĂ©e » (ou DeFi), qui se proposait de reproduire les outils du systĂšme financier traditionnel (comme le prĂȘt sur gages, l’échange boursier ou les produits dĂ©rivĂ©s) de maniĂšre numĂ©rique, dĂ©centralisĂ©e, ouverte et transparente. Cette tendance a connu une grande popularitĂ© pendant l’étĂ© 2020, Ă  tel point que ce dernier a pris le surnom de « DeFi Summer ».

La vague de la finance dĂ©centralisĂ©e a largement fait les affaires de Tether, qui voyait son stablecoin ĂȘtre utilisĂ© au sein de protocoles divers en tant que garantie ou de moyen d’échange. Le nombre d’USDT en circulation est ainsi passĂ© de 4,3 milliards en avril 2020 Ă  83 milliards en avril 2022, soit une multiplication par 19 en deux ans. La finance dĂ©centralisĂ©e a Ă©galement Ă©largi le modĂšle Ă©conomique des stablecoins : pour l’utilisation des protocoles de DeFi, la dĂ©tention de stablecoins devait se faire en propre, plutĂŽt que par le biais de plateformes de change centralisĂ©es. L’activitĂ© directe de ces jetons sur les chaines de blocs (jusqu’alors quasi inexistante) a ainsi connu une croissance prodigieuse : le volume mensuel d’USDT transfĂ©rĂ©s a ainsi dĂ©passĂ© les 600 milliards de dollars en avril 2021.

Évolution du volume on-chain mensuel de l’USDT (source : Paolo Ardoino)

Le dollar numérique pour le monde en développement

Un autre cas d’utilisation s’est dĂ©veloppĂ© durant la mĂȘme pĂ©riode : l’utilisation de Tether dans les pays en dĂ©veloppement, que ce soit en AmĂ©rique latine, en Asie du Sud-Est, au Proche-Orient ou en Afrique. Les habitants de certaines rĂ©gions du monde, et l’AmĂ©rique latine en particulier, utilisent souvent le dollar, de maniĂšre formelle ou informelle, en raison de sa volatilitĂ© rĂ©duite et de son acceptation mondiale. Dans les pays oĂč le taux d’inflation est Ă©levĂ©, les gens recherchent en effet une rĂ©serve de valeur fiable Ă  court terme, qui ne soit pas sujette Ă  des cycles spĂ©culatifs comme le bitcoin. Cela s’est vu en Argentine lorsque, dans les annĂ©es 2010, la forte inflation du peso couplĂ© Ă  un contrĂŽle des changes strict a provoquĂ© l’apparition d’une unitĂ© de compte parallĂšle appelĂ©e le « blue dollar », suivant le taux de change du marchĂ© noir, plus Ă©levĂ© que le taux de change officiel.

Au fur et Ă  mesure des annĂ©es, l’utilisation de l’USDT et des stablecoins dans ces pays s’est popularisĂ©e, notamment par le biais de solutions de transfert Ă  frais faibles, comme la blockchain Tron, la surcouche Polygon ou le systĂšme de transfert interne de Binance. On a ainsi pu voir Tether et les stablecoins ĂȘtre adoptĂ©s localement dans des pays variĂ©s comme l’Argentine, le BrĂ©sil, la Colombie, le Venezuela, la Bolivie, le Liban, la Turquie, le NigĂ©ria, les Philippines ou le Vietnam. Cette adoption se traduit en particulier par une demande forte sur les plateformes de change, oĂč le change entre les monnaies nationales et les stablecoins est beaucoup plus Ă©levĂ©.

Part du volume sur les plateformes en change en AmĂ©rique latine en 2023–2024 (source : Chainalysis)

À partir de 2022, la communication de Tether s’est davantage axĂ©e sur ce cas d’utilisation, pour mettre en avant son cĂŽtĂ© humanitaire. La sociĂ©tĂ© se prĂ©sente comme une bienfaitrice qui vient rĂ©soudre les problĂšmes que les gens rencontrent avec leurs systĂšmes monĂ©taires locaux. Tether rappelle ainsi rĂ©guliĂšrement que l’une de ses missions est d’apporter l’« inclusion financiĂšre » aux populations qui n’ont pas nĂ©cessairement accĂšs aux solutions occidentales. À cette fin symbolique, Tether a dĂ©placĂ© son siĂšge social au Salvador en janvier 2025.

Ce changement de communication coĂŻncide avec l’émergence de Paolo Ardoino Ă  la tĂȘte de la sociĂ©tĂ©. Paolo Ardoino est un programmeur et entrepreneur italien, qui se spĂ©cialisait Ă  l’origine dans la cybersĂ©curitĂ© et dans la fintech. Il a rejoint Bitfinex en tant que dĂ©veloppeur en 2014 et il en est devenu le directeur technique en 2016 (position qu’il occupait toujours en 2025). En parallĂšle, il a Ă©tĂ© nommĂ© directeur technique de Tether Ltd. en 2017. En 2023, Paolo Ardoino a commencĂ© Ă  s’exprimer au nom de l’entreprise, et il a finalement accĂ©dĂ© au poste de PDG en dĂ©cembre de la mĂȘme annĂ©e, succĂ©dant Ă  Jean-Louis Van Der Velde. Il a ainsi accompagnĂ© la troisiĂšme phase de la croissance de Tether qui s’est produite entre 2023 et aujourd’hui.

Le succĂšs de Tether

Ces diffĂ©rentes utilisations de l’USDT (plateformes de change, finance dĂ©centralisĂ©e, rĂ©serve de valeur dans les pays en dĂ©veloppement) se sont rĂ©vĂ©lĂ©es extrĂȘmement lucratives pour Tether. AprĂšs une annĂ©e 2022 difficile — lors de laquelle le prix des cryptomonnaies a fortement baissĂ©, ce qui a entrainĂ© des conversions en dollars, notamment Ă  la suite de l’effondrement du stablecoin algorithmique TerraUSD en mai — la quantitĂ© d’USDT en circulation a continuĂ© Ă  croitre, en doublant en l’espace de 3 ans. Elle est ainsi passĂ© de 83 milliards en avril 2022 Ă  174 milliards en septembre 2025.

Évolution du nombre d’USDT en circulation (source : Paolo Ardoino)

Ce succĂšs s’est rĂ©vĂ©lĂ© particuliĂšrement lucratif pour Tether, qui tire ses bĂ©nĂ©fices de ses placements : tout dĂ©pĂŽt est ainsi placĂ© sur un produit financier qui lui rapporte un intĂ©rĂȘt. Par exemple, les bons du TrĂ©sor Ă  Ă©chĂ©ance courte (la principale garantie derriĂšre l’USDT aujourd’hui) rapportent aujourd’hui 3,8 % par an, ce qui reprĂ©sente une coquette somme si le montant placĂ© s’élĂšve Ă  plusieurs dizaines de milliards de dollars (6,6 milliards d’intĂ©rĂȘts pour 174 milliards de principal). L’entreprise a relativement peu de charges (200 employĂ©s environ), si bien que ses bĂ©nĂ©fices approchent de son chiffre d’affaires. Entre octobre 2024 et septembre 2025, la sociĂ©tĂ© a ainsi gĂ©nĂ©rĂ© un bĂ©nĂ©fice net de plus de 10 milliards de dollars ! Par comparaison, le rĂ©sultat net de Blackrock ont Ă©tĂ© de 6,3 milliards de dollars en 2024.

Il semble inutile de prĂ©ciser que les quelques personnes impliquĂ©es dans l’entreprise en ont profitĂ© grassement. Les quelques associĂ©s impliquĂ©s dans la sociĂ©tĂ© sont ainsi devenus milliardaires. C’est en particulier le cas de Giancarlo Devasini, dont la fortune est estimĂ©e Ă  22,4 milliards de dollars par Forbes, qui a Ă©tĂ© sacrĂ© l’« homme le plus riche du Tessin » en 2024. Paolo Ardoino possĂšderait lui un patrimoine d’environ 9,5 milliards de dollars.

Cependant, la rĂ©ussite de Tether n’est pas seulement attribuable Ă  des objectifs qui seraient purement altruistes ; elle cache aussi des intĂ©rĂȘts autrement plus cyniques, relevant de l’impĂ©rialisme amĂ©ricain.

Un outil de l’impĂ©rialisme amĂ©ricain

Les États-Unis d’AmĂ©rique se sont construits sur un modĂšle expansionniste dĂšs leur crĂ©ation. AprĂšs avoir colonisĂ© un vaste territoire continental lors de la « ConquĂȘte de l’Ouest », ils ont commencĂ© Ă  exercer une influence de plus en plus grande Ă  l’étranger, en intervenant militairement si le besoin se faisait ressentir. En particulier, ils ont revendiquĂ© une domination croissante sur les AmĂ©riques (qu’ils appellent l’« hĂ©misphĂšre occidental »), conformĂ©ment au corollaire Roosevelt de la doctrine Monroe, formulĂ© par Theodore Roosevelt en 1904 et rappelĂ© dans la derniĂšre « stratĂ©gie de sĂ©curitĂ© nationale » publiĂ©e en dĂ©cembre 2025. Leur implication dans la PremiĂšre et surtout dans la Seconde Guerre mondiale leur a permis de former une vĂ©ritable armĂ©e permanente et d’accroitre leur influence militaire autour du monde, pour les mener Ă  leur situation d’aujourd’hui.

Cet impĂ©rialisme est aussi passĂ© par la monnaie. Le rĂŽle du dollar Ă  l’international est en effet dĂ©terminant pour financer l’État fĂ©dĂ©ral amĂ©ricain (grĂące au seigneuriage) et, ce qui est une caractĂ©ristique plus rĂ©cente, pour contrĂŽler les Ă©changes Ă©conomiques (censure). Les accords de Bretton Woods signĂ©s Ă  la fin de la Seconde Guerre mondiale ont par exemple constituĂ© une vassalisation monĂ©taire des États europĂ©ens aux États-Unis, un Ă©tat de fait constatĂ© en 1964 par ValĂ©ry Giscard d’Estaing et le gĂ©nĂ©ral de Gaulle (alors au pouvoir en France) qui dĂ©nonçaient le « privilĂšge exorbitant » du dollar. On peut aussi citer le rĂ©gime des pĂ©trodollars, instaurĂ© au dĂ©but des annĂ©es 70 par influence diplomatique, qui a obligĂ© les pays exportateurs de pĂ©trole du Moyen-Orient Ă  utiliser uniquement la monnaie amĂ©ricaine pour vendre leur production, assurant une demande certaine pour le billet vert.

Aujourd’hui, les stablecoins adossĂ©s au dollar forment une aubaine unique pour l’État fĂ©dĂ©ral. Alors que le rĂ©gime de pĂ©trodollars dĂ©cline et que le taux de change chute Ă  cause des droits de douane imposĂ©s par Donald Trump en dĂ©but d’annĂ©e4, il est devenu en effet vital pour les États-Unis de trouver d’autres moyens permettant de continuer Ă  financer leur train de vie, et les stablecoins en font partie. Tether en particulier est devenu l’un des principaux crĂ©anciers de l’État fĂ©dĂ©ral : depuis 2021, les rĂ©serves en instruments financiers sont conservĂ©es auprĂšs de la sociĂ©tĂ© de courtage Cantor Fitzgerald (dont le PDG et actionnaire majoritaire, Howard Lutnick, est devenu secrĂ©taire au commerce des États-Unis en 2025) et se composent principalement de bons du TrĂ©sor amĂ©ricain. En septembre 2025, les bons du TrĂ©sor reprĂ©sentaient 62 % des rĂ©serves totales de Tether Ltd., ce qui plaçait la sociĂ©tĂ© au niveau de la 17e position dans le classement des États dĂ©tenant de la dette amĂ©ricaine, au-dessus de la CorĂ©e du Sud.

En outre, Tether entretient des relations de plus en plus Ă©troites avec l’État fĂ©dĂ©ral, ce qui offre Ă  ce dernier une mainmise sur les opĂ©rations financiĂšres rĂ©alisĂ©es avec le stablecoin. En dĂ©cembre 2023, Paolo Ardoino dĂ©clarait ainsi que « Tether [aspirait] Ă  devenir un partenaire de classe mondiale pour les États-Unis, en continuant Ă  aider les forces de l’ordre et Ă  Ă©tendre l’hĂ©gĂ©monie du dollar Ă  l’échelle mondiale ». L’USDT constitue donc une arme de diffusion du dollar autour du monde, en Ă©tant transfĂ©rĂ© par le biais d’un systĂšme dĂ©centralisĂ©, qui Ă©chappe au contrĂŽle direct des États les plus faibles.

L’internĂ©tisation de la monnaie a pour effet d’accentuer la guerre monĂ©taire entre les États, car il devient plus aisĂ© de faire circuler sa monnaie sur un territoire Ă©tranger sans en contrĂŽler le cadre rĂšglementaire. C’est ce qui explique la rĂ©cente rĂ©action de l’oligarchie europĂ©enne, qui s’est largement opposĂ©e Ă  l’essor des stablecoins adossĂ©s au dollar. La lĂ©gislation de l’Union europĂ©enne a ainsi rĂ©cemment provoquĂ© un retrait de l’USDT des plateformes de change, Tether ayant refusĂ© de se conformer aux dispositions du rĂšglement MiCa entrĂ©es en vigueur en juin 2024, jugĂ©es trop restrictives. En parallĂšle, la BCE a repris le dĂ©veloppement de son euro numĂ©rique (MNBC), et un consortium composĂ© de dix banques europĂ©ennes a mis en chantier un nouveau projet de stablecoin adossĂ© Ă  l’euro.

De son cĂŽtĂ©, l’État fĂ©dĂ©ral amĂ©ricaine a Ă©galement serrĂ© la vis : mĂȘme s’il veut pousser les stablecoins, il tient Ă  ce qu’ils ne soient pas arrimĂ©s Ă  une monnaie Ă©trangĂšre et qu’ils puissent ĂȘtre contrĂŽlĂ© sur son propre territoire. Le 18 juillet 2025, l’administration Trump a ainsi fait passer le GENIUS Act, qui a clarifiĂ© (et alourdi) la rĂšglementation autour des stablecoins. La loi, qui devrait rapidement entrer en vigueur, exige que les stablecoins circulant aux États-Unis soient adossĂ©s Ă  100 % par des actifs liquides liĂ©s au dollar amĂ©ricain, afin de « protĂ©ger les consommateurs » et de « gĂ©nĂ©rer une demande accrue pour la dette amĂ©ricaine et consolider le statut du dollar en tant que monnaie de rĂ©serve mondiale ». De plus, elle impose aux Ă©metteurs de stablecoins de « mettre en place des programmes efficaces de lutte contre le blanchiment d’argent et de conformitĂ© aux sanctions, comprenant les Ă©valuations des risques, la vĂ©rification des listes de sanctions et l’identification des clients ». Pour se conformer, Tether a annoncĂ© le lancement d’un nouveau jeton, l’USAT, qui suivra la lĂ©gislation amĂ©ricaine. La sociĂ©tĂ© a embauchĂ© Bo Hines, ancien conseiller sur les cryptomonnaies auprĂšs de la Maison-Blanche, pour gĂ©rer sa branche amĂ©ricaine.

Cette approbation officielle a provoquĂ© une nouvelle vague dans la crĂ©ation de stablecoins. On a ainsi vu PayPal Ă©mettre son propre stablecoin, le PYUSD, sur Ethereum en 2022. De mĂȘme, le service financier World Liberty Financial, cofondĂ© entre autres par les fils de Donald Trump (Eric, Donald Jr. et Barron), a lancĂ© un jeton de ce type appelĂ© USD1 le 28 janvier 2025. Les stablecoins ont donc un bel avenir devant eux aux États-Unis.

Le cheval de Troie : Bitcoin ou Tether ?

Un cheval de Troie est un cadeau qui s’avĂšre ĂȘtre un piĂšge. C’est une rĂ©fĂ©rence au mythique cheval de bois offert lors de la guerre de Troie par les MycĂ©niens, qui combattaient les Troyens. Les MycĂ©niens se cachaient en rĂ©alitĂ© Ă  l’intĂ©rieur, si bien que les Troyens ont provoquĂ© leur propre destruction en amenant le cheval entre les murs de leur citĂ©.

Cette mĂ©taphore est rĂ©guliĂšrement utilisĂ©e dans l’écosystĂšme des cryptomonnaies. Bitcoin est ainsi parfois dĂ©signĂ© comme un « cheval de Troie de la liberté » : un actif allĂ©chant offert au systĂšme financier qui s’empresserait de l’adopter, ce qui conduirait Ă  dĂ©truire la base sur laquelle il repose, c’est-Ă -dire le contrĂŽle sur la monnaie.

MÚme Internet présentant Bitcoin comme le cheval de Troie de la liberté (Alex Gladstein)

Une variante de cette mĂ©taphore est apparue plus rĂ©cemment pour impliquer le stablecoin : d’aprĂšs cette thĂ©orie, Tether serait le cheval de Troie de Bitcoin, en constituant une Ă©tape de transition entre la monnaie fiat et la monnaie libre. Cette vision est entre autres portĂ©e par Paolo Ardoino lui-mĂȘme, qui est un bitcoineur convaincu et qui voit l’USDT comme une solution temporaire, permettant de faciliter l’adoption de Bitcoin.

Capture de la présentation de Paolo Ardoino à la conférence Bitcoin 2025 à Las Vegas, intitulée « Why Tether Loves Bitcoin » (source : Bitcoin Magazine)

Tether constitue effectivement un atout pour Bitcoin, en tout cas Ă  court terme. La sociĂ©tĂ© est l’un des plus gros dĂ©tenteurs de bitcoin : dans son rapport de septembre, il est indiquĂ© qu’elle possĂ©dait directement plus de 86 000 bitcoins en rĂ©serve, soit prĂšs de 10 milliards de dollars. Elle contrĂŽle Ă©galement 116 tonnes d’or, dont 12 servent Ă  garantir son stablecoin indexĂ© Ă  l’once d’or, le Tether Gold (XAUT).

De plus, l’implication de Tether dans Bitcoin va plus loin qu’une simple dĂ©tention : la sociĂ©tĂ© finance largement l’écosystĂšme, en s’impliquant dans des levĂ©es de fonds d’entreprises liĂ©es de prĂšs ou de loin Ă  Bitcoin dont Bitrefill, BTCPayServer ou Synonym. Tether s’investit Ă©galement dans l’éducation autour de la cryptomonnaie, en finançant l’universitĂ© en ligne gratuite PlanB Network ou des Ă©vĂšnements comme la confĂ©rence de Lugano.

Investissements de Tether entre 2020 et 2025 (source : Bennett Tomlin pour Protos)

Cette vision pour Tether est partagĂ©e par Saifedean Ammous, l’économiste auteur de L’Étalon-bitcoin et maximaliste prĂ©sumĂ©. Ce dernier a fait l’apologie du stablecoin dans son intervention Ă  la confĂ©rence de Las Vegas en mai, oĂč il cherchait Ă  montrer que le succĂšs de Tether serait Ă©galement positif pour Bitcoin, concluant que l’USDT Ă©tait « un bon moyen de s’affranchir progressivement du dollar ». Dans son argumentaire, il admet que Tether absorbe une partie de la dette amĂ©ricaine, mais que cela ne suffit pas Ă  la faire diminuer ; Ă  terme, cette dette est vouĂ©e Ă  ĂȘtre supprimĂ©e, directement par le dĂ©faut de paiement ou indirectement par la dĂ©valuation du dollar. Face Ă  cette double menace, Tether est incitĂ© Ă  se couvrir en achetant d’autres actifs indĂ©pendants du dollar comme l’or et le bitcoin. Le dĂ©clin de la monnaie amĂ©ricaine ferait que l’USDT finirait par se dĂ©coupler du dollar Ă  la hausse, un USDT s’échangeant contre plus d’un dollar. Le Tether deviendrait alors une monnaie privĂ©e adossĂ©e d’abord Ă  plusieurs actifs de rĂ©serves, et Ă  terme uniquement au bitcoin en raison de sa raretĂ© absolue.

Bref, cette vision correspond Ă  peu prĂšs au rĂȘve de Peter Thiel pour PayPal, qui voulait Ă  terme en faire « une nouvelle monnaie sur Internet qui supplante le dollar amĂ©ricain5 » comme nous l’avons vu au dĂ©but de cet article. Ainsi, bien qu’il existe des diffĂ©rences entre les deux, nous pouvons nous attendre Ă  ce que Tether connaisse le mĂȘme destin que PayPal.

Le cheval de Troie de l’asservissement financier

Tether est un service centralisĂ© qui, bien que son siĂšge se situe dans une juridiction hors des États-Unis, est directement liĂ© (comme son nom l’indique) au dollar. De ce fait, si la sociĂ©tĂ© voulait ignorer les lois amĂ©ricaines, l’État fĂ©dĂ©ral pourrait intervenir dans le cadre de l’« extraterritorialitĂ© du droit amĂ©ricain », comme il l’a fait pour Liberty Reserve en 2013. Tether Ltd. est donc contrainte de s’y soumettre, ce qu’elle est d’ailleurs en train de faire avec le GENIUS Act.

Aux États-Unis, le dĂ©ploiement d’une monnaie numĂ©rique de banque centrale a Ă©tĂ© interrompu par l’arrivĂ©e au pouvoir de Donald Trump. Toutefois, il ne s’agit pas d’un rejet d’une monnaie numĂ©rique centralisĂ©e, les stablecoins formant une « monnaie programmable et surveillable », pour reprendre l’expression de Mark Goodwin. Comme nous l’avons laissĂ© entendre, Tether gĂšle rĂ©guliĂšrement des comptes en suivant les directives amĂ©ricaines et en collaborant avec les agences de renseignement. En mars 2025, la sociĂ©tĂ© a par exemple aidĂ© le Secret Service Ă  bloquer 23 millions de dollars de fonds illicites liĂ©s Ă  des transactions sur la plateforme de change russe Garantex, soumise Ă  des sanctions. Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres, mĂȘme si les gels semblent pour l’instant se limiter aux opĂ©rations criminelles de grande envergure. Bien loin d’apporter la libertĂ© monĂ©taire tant espĂ©rĂ©e, le Tether USD porte ainsi en lui les germes de la censure financiĂšre. C’est en cela qu’il constitue un cheval de Troie de l’asservissement financier : c’est un piĂšge vouĂ© Ă  se refermer, nonobstant la bonne foi des acteurs impliquĂ©s.

À la diffĂ©rence de la monnaie numĂ©rique de banque centrale, la menace des stablecoins est plus subtile et insidieuse, car ils ont bel et bien une utilitĂ©, surtout dans le cas oĂč ils bĂ©nĂ©ficieraient d’une grande latitude comme c’est le cas aujourd’hui. De plus, ils sont issus par des sociĂ©tĂ©s privĂ©es, en thĂ©orie sĂ©parĂ©es du pouvoir central, ce qui ajoute une Ă©tape dans l’application de la censure. C’est pourquoi il est plus difficile de les critiquer, contrairement aux MNBC.

Le fait est que les stablecoins profitent principalement au dollar et Ă  l’empire amĂ©ricain, pas au bitcoin. Pourtant, la complaisance vis-Ă -vis de Tether est particuliĂšrement grande chez les partisans les plus zĂ©lĂ©s de Bitcoin, dont un bon nombre n’hĂ©sitent pourtant pas Ă  mĂ©priser ouvertement les cryptomonnaies alternatives parce qu’elles seraient des « shitcoins ». On peut par exemple penser Ă  Adam Back, qui est un soutien de longue date de Bitfinex et de Tether, notamment Ă  cause de leur implication dans la sidechain Liquid dĂ©veloppĂ©e par son entreprise, Blockstream. En effet, puisque Tether finance aujourd’hui une grande partie de l’écosystĂšme, les gens recevant des fonds sont incitĂ©s Ă  ne pas trop critiquer l’USDT, et mĂȘme Ă  ne pas s’autoriser Ă  penser que ce serait un problĂšme. Pour reprendre les mots d’Upton Sinclair, « il est difficile de faire comprendre quelque chose Ă  un homme lorsque son salaire dĂ©pend prĂ©cisĂ©ment du fait qu’il ne la comprenne pas ».

Cette situation est prĂ©occupante pour Bitcoin car l’USDT est clairement un concurrent direct de la cryptomonnaie. Le stablecoin de Tether est en train de devenir la monnaie d’Internet, alors que le bitcoin se transforme chaque jour un peu plus en un or d’investissement qu’il conviendrait de conserver dans un coffre. Le rĂȘve d’une adoption par la base est en train de lentement s’évanouir : la confidentialitĂ© sur la chaine de blocs est fĂ©rocement combattue, l’évolution du protocole s’ossifie davantage, les dĂ©bats futiles se multiplient, les grandes confĂ©rences se sont transformĂ©es en sĂ©minaires politiques, etc.

Mais la guerre n’est pas perdue. Le prix devrait arrĂȘter de monter comme il l’a fait par le passĂ© — les rendements des cycles de hausse sont dĂ©croissants au cours du temps — ce qui devrait rĂ©tablir un Ă©quilibre entre les gens qui s’intĂ©ressent Ă  ce que Bitcoin apporte rĂ©ellement, et ceux qui sont lĂ  pour rĂ©aliser un gain financier rapide. Les rĂšglementations de plus en plus drastiques devraient pousser les acteurs Ă  opter pour une plus grande dĂ©centralisation, Ă  la fois pour la conservation, pour le minage et pour le commerce. Et dans le cas extrĂȘme oĂč l’instance BTC serait dĂ©finitivement capturĂ©e, nous pourrons profiter des autres mises en Ɠuvres du concept. Bitcoin est une trop bonne idĂ©e pour qu’on la laisse mourir.


Notes

Illustration : image gĂ©nĂ©rĂ©e avec Grok 4 / xAI. Texte : Ă©crit intĂ©gralement sans LLM. Un grand merci Ă  Édouard G. pour avoir relu cet article.

  1. Peter Thiel a Ă©tĂ© l’élĂšve du philosophe RenĂ© Girard Ă  Stanford, qui a laissĂ© une profonde empreinte sur lui comme en tĂ©moignent ses interventions publiques jusqu’à aujourd’hui. ↩
  2. Propos rapportĂ©s par Eric M. Jackson dans The PayPal Wars (World Ahead Pub., 2012). ↩
  3. Brock Pierce s’est rattrapĂ© en fondant Block.one en 2017, sociĂ©tĂ© qui a rĂ©alisĂ© une ICO de plus de 4 milliards de dollars pour la plateforme de contrats EOS dans l’annĂ©e. ↩
  4. Cette dĂ©cision de Donald Trump, qui semble paradoxale Ă©tant donnĂ© qu’elle affaiblit le dollar, constitue une dĂ©marche que certains analystes ont qualifiĂ© de mercantiliste ou colbertiste, qui intervient dans un contexte de conflit mondial croissant. ↩
  5. Peter Thiel, De zĂ©ro Ă  Un (Lattes, 2016). Traduction de Johan-Frederik Hel Guedj. ↩

France : L’adoption du budget de la SĂ©curitĂ© sociale Ă  13 voix prĂšs ne rĂ©sout pas grand-chose

December 10th 2025 at 10:40

Un pas en avant
 L’AssemblĂ©e nationale a adoptĂ© en seconde lecture mardi 9 dĂ©cembre le Projet de loi de financement de la SĂ©curitĂ© sociale (PLFSS) pour 2026, avec un dĂ©compte extrĂȘmement serrĂ© de 247 voix pour et 234 contre. Cette validation, obtenue sans l’usage de l’article 49.3 de la Constitution, constitue une forme de rĂ©ussite politique pour le Premier ministre SĂ©bastien Lecornu, qui a su rallier les voix de la majoritĂ©, du MoDem, de LIOT, et surtout d’une large part des Socialistes et de plusieurs dĂ©putĂ©s Les RĂ©publicains (LR) et Horizons. Cette adoption dĂ©gage la voie pour la suite du calendrier budgĂ©taire, non sans laisser derriĂšre elle des consĂ©quences Ă©conomiques, politiques et sociales notables.

Les points clés de cet article :
  • L’AssemblĂ©e nationale a adoptĂ© le Projet de loi de financement de la SĂ©curitĂ© sociale pour 2026 avec une majoritĂ© Ă©troite et sans recours Ă  l’article 49.3.

  • Le texte prĂ©voit une augmentation de la fiscalitĂ© sur le capital pour rĂ©duire le dĂ©ficit de la SĂ©curitĂ© sociale, tout en excluant certains produits d’épargne majeurs.

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Toujours plus de taxes dans ce projet de loi

Le premier enjeu de ce budget rĂ©side dans son impact sur les comptes publics. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a saluĂ© le fait que le texte permette de limiter le dĂ©ficit de la SĂ©curitĂ© sociale « Ă  environ 19,5 milliards d’euros, contre une prĂ©vision initiale de 30 milliards d’euros en cas de non-vote ». Cette amĂ©lioration nĂ©cessite nĂ©anmoins une contribution de l’État de 4,5 milliards d’euros pour renflouer les caisses.

L’une des mesures les plus discutĂ©es, issue d’un compromis avec le Parti Socialiste, concerne la fiscalitĂ© sur le capital. Le texte prĂ©voit ainsi une augmentation de 1,4 point de la CSG sur une partie des revenus du patrimoine et le taux sur ces produits passe ainsi de 9,2 % Ă  10,6 %.

Cette hausse, destinĂ©e Ă  financer l’autonomie et la dĂ©pendance, se traduit par une augmentation du prĂ©lĂšvement forfaitaire unique (PFU), ou Flat Tax, qui monte Ă  31,4 % (contre 30 % actuellement) sur les produits concernĂ©s, tels que les dividendes et les plus-values d’actions dĂ©tenues sur compte-titres, mais Ă©galement sur nos chĂšres cryptomonnaies.

Il est crucial de noter qu’un amendement de compromis a exclu de cette hausse des produits d’épargne majeurs pour les mĂ©nages, notamment l’assurance-vie, les revenus fonciers et les plans d’épargne rĂ©glementĂ©e. Mais jusqu’à quand ?

L'AssemblĂ©e nationale a adoptĂ© en seconde lecture mardi 9 dĂ©cembre le Projet de loi de financement de la SĂ©curitĂ© sociale (PLFSS) pour 2026, avec un dĂ©compte extrĂȘmement serrĂ© de 247 voix pour et 234 contre. Cette validation, obtenue sans l'usage de l'article 49.3 de la Constitution, constitue une forme de rĂ©ussite politique pour le Premier ministre SĂ©bastien Lecornu, qui a su rallier les voix de la majoritĂ©, du MoDem, de LIOT, et surtout d'une large part des Socialistes et de plusieurs dĂ©putĂ©s Les RĂ©publicains (LR) et Horizons. Cette adoption dĂ©gage la voie pour la suite du calendrier budgĂ©taire, non sans laisser derriĂšre elle des consĂ©quences Ă©conomiques, politiques et sociales notables.
Toujours plus de taxes au programme de ce Projet de loi de financement de la Sécurité sociale

Compromis sociaux : Retraites et santé

Afin de garantir le vote, le gouvernement a dû consentir à des reculs et des avancées sociales majeures qui auront des répercussions concrÚtes :

  • Nouvelles dispositions familiales : Le texte prĂ©voit l’entrĂ©e en vigueur, avancĂ©e au 1á”‰ÊłÂ janvier prochain, du congĂ© naissance : deux mois indemnisĂ©s pour chaque nouveau parent, cumulables avec les congĂ©s maternitĂ© et paternitĂ© existants.
  • Suspension de la rĂ©forme des retraites : La mesure emblĂ©matique du gouvernement Borne, visant Ă  augmenter l’ñge lĂ©gal de dĂ©part d’un trimestre par an, est suspendue. L’ñge lĂ©gal demeure Ă  62 ans et 9 mois jusqu’à son Ă©ventuel redĂ©marrage en 2028. Le nombre de trimestres requis pour une retraite Ă  taux plein est Ă©galement gelĂ© Ă  170. Des avancĂ©es ont par ailleurs Ă©tĂ© actĂ©es pour les mĂšres, avec la transformation de deux trimestres « non cotisĂ©s » en trimestres cotisĂ©s pour l’accĂšs au dispositif de carriĂšre longue dans le privĂ©.
  • SantĂ© et HĂŽpital : L’Objectif national de dĂ©penses d’assurance maladie (ONDAM) a Ă©tĂ© rehaussĂ© Ă  3 % Ă  la suite des dĂ©bats parlementaires, un niveau jugĂ© plus rĂ©aliste par certains mais toujours infĂ©rieur aux 3,6 % de l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente. Des mesures impopulaires comme le doublement des franchises mĂ©dicales et le gel des minimas sociaux ont par ailleurs Ă©tĂ© retirĂ©es du texte.
  • Encadrement des arrĂȘts de travail : : Pour contrĂŽler la dĂ©pense en indemnitĂ©s journaliĂšres et lutter contre l’absentĂ©isme, le texte introduit un plafonnement du premier arrĂȘt de travail Ă  une durĂ©e d’un mois, nĂ©cessitant une nouvelle consultation mĂ©dicale pour son renouvellement.
L'AssemblĂ©e nationale a adoptĂ© en seconde lecture mardi 9 dĂ©cembre le Projet de loi de financement de la SĂ©curitĂ© sociale (PLFSS) pour 2026, avec un dĂ©compte extrĂȘmement serrĂ© de 247 voix pour et 234 contre. Cette validation, obtenue sans l'usage de l'article 49.3 de la Constitution, constitue une forme de rĂ©ussite politique pour le Premier ministre SĂ©bastien Lecornu, qui a su rallier les voix de la majoritĂ©, du MoDem, de LIOT, et surtout d'une large part des Socialistes et de plusieurs dĂ©putĂ©s Les RĂ©publicains (LR) et Horizons. Cette adoption dĂ©gage la voie pour la suite du calendrier budgĂ©taire, non sans laisser derriĂšre elle des consĂ©quences Ă©conomiques, politiques et sociales notables.
Tout ça pour ça, le vote de ce PLFSS aura tenu la presse en haleine pendant plus de 24h – Source : Compte X

Perspectives et prochaines échéances

L’adoption du PLFSS 2026 n’est Ă©videmment qu’une Ă©tape car le texte doit maintenant faire l’objet d’une navette avec le SĂ©nat, en vue d’une Commission Mixte Paritaire (CMP). Selon de nombreux observateurs, le texte ne devrait pas ĂȘtre adoptĂ© en l’état par la Chambre haute et il se pourrait donc que l’AssemblĂ©e doive revoter dans une semaine sur ce mĂȘme texte.

Les yeux sont dĂ©sormais tournĂ©s vers l’examen du Projet de Loi de Finances (PLF) pour le budget de l’État, un texte politiquement encore plus clivant. Le gouvernement, qui souhaite Ă©viter un recours au 49.3, a d’ailleurs envisagĂ© la possibilitĂ©, en cas de blocage persistant, de dĂ©poser un projet de loi spĂ©ciale temporaire appliquant les choix budgĂ©taires de l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente pour 2026.

L'AssemblĂ©e nationale a adoptĂ© en seconde lecture mardi 9 dĂ©cembre le Projet de loi de financement de la SĂ©curitĂ© sociale (PLFSS) pour 2026, avec un dĂ©compte extrĂȘmement serrĂ© de 247 voix pour et 234 contre. Cette validation, obtenue sans l'usage de l'article 49.3 de la Constitution, constitue une forme de rĂ©ussite politique pour le Premier ministre SĂ©bastien Lecornu, qui a su rallier les voix de la majoritĂ©, du MoDem, de LIOT, et surtout d'une large part des Socialistes et de plusieurs dĂ©putĂ©s Les RĂ©publicains (LR) et Horizons. Cette adoption dĂ©gage la voie pour la suite du calendrier budgĂ©taire, non sans laisser derriĂšre elle des consĂ©quences Ă©conomiques, politiques et sociales notables.
La presse Ă©conomique est vent debout contre ce projet de loi qui ne rĂ©sout pas grand-chose – Source : Compte X

La grosse fatigue des Français

Cette stratĂ©gie tĂ©moigne des difficultĂ©s persistantes de l’ExĂ©cutif Ă  dĂ©gager une majoritĂ© stable dans l’HĂ©micycle depuis la dissolution annoncĂ©e par le prĂ©sident Macron le 9 juin 2024. Cette dĂ©cision aura profondĂ©ment et durablement affaibli le pouvoir en place et elle aura mis le pays dans une forme d’errance politique depuis plus d’un an.

Ce matin, dans la presse et les mĂ©dias, vous trouverez une grande partie des reprĂ©sentants de la majoritĂ© prĂ©sidentielle et de leurs alliĂ©s (d’un jour) se fĂ©liciter de l’adoption de ce PLFSS qui Ă©vite Ă  la France un « blocage », soi-disant mortifĂšre. En face, le RN et LFI crieront aux « magouilles politiciennes et aux arrangements de couloirs » et continueront Ă  demander le dĂ©part d’Emmanuel Macron.

En revanche, ce que vous ne trouverez pas, c’est la fatigue des forces vives du pays, des travailleurs sociaux et des fonctionnaires de terrain, des entrepreneurs, des jeunes diplĂŽmĂ©s, des petits salariĂ©s et des agriculteurs qui veulent des rĂ©ponses Ă  leurs problĂšmes du quotidien et qui espĂ©raient un cap pour le pays. Mais ça, ce n’est manifestement pas au programme des discussions de nos reprĂ©sentants. Un pas en avant, deux pas en arriĂšre.

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Ethereum : Les baleines d’ETH en mode survie dans l’attente d’un signal clair

November 29th 2025 at 09:00

Wait and see. Alors que l’Ether (ETH) a rĂ©cemment rebondi de 15 % par rapport Ă  son creux de 2 623 dollars, les donnĂ©es sur les dĂ©rivĂ©s montrent que les traders restent prudents. L’absence de levier haussier de la part des principaux traders d’ETH, combinĂ©e Ă  la baisse des frais sur le rĂ©seau Ethereum, affaiblit la perspective d’une hausse soutenue. Les traders semblent se demander ce qui doit changer pour que l’ETH puisse reprendre de maniĂšre convaincante la barre des 4 000 dollars. Et nous aussi.

Les points clés de cet article :
  • L’Ether a connu un rebond de 15 %, mais les traders demeurent prudents, craignant une reprise incertaine.

  • La baisse des frais sur Ethereum et la contraction de la valeur totale bloquĂ©e inquiĂštent les investisseurs

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Le spectre du 10 octobre plane toujours sur les marchés crypto

La demande de positions haussiĂšres sur l’ETH Ă  effet de levier est pratiquement absente depuis lundi, comme l’indique le taux de financement des contrats Ă  terme perpĂ©tuels. Dans des conditions normales, ce taux devrait se situer entre 6 % et 12 % pour compenser les coĂ»ts de capital. Une partie significative de cette hĂ©sitation actuelle provient de l’incertitude qui a suivi le krach Ă©clair d’octobre.

La chute de 20 % du prix de l’Ether le 10 octobre a dĂ©clenchĂ© des liquidations massives sur les plateformes centralisĂ©es et dĂ©centralisĂ©es, portant un coup sĂ©vĂšre Ă  la confiance des traders. La valeur totale bloquĂ©e (TVL) sur le rĂ©seau Ethereum est mĂȘme passĂ©e de 99,8 milliards de dollars le 9 octobre Ă  72,3 milliards de dollars. Cette contraction des dĂ©pĂŽts ajoute une pression sur les perspectives de prix de l’ETH, alors que les investisseurs se prĂ©parent Ă  une demande plus faible.

Alors que l’Ether (ETH) a rĂ©cemment rebondi de 15 % par rapport Ă  son creux de 2 623 dollars, les donnĂ©es sur les dĂ©rivĂ©s montrent que les traders restent prudents. L’absence de levier haussier de la part des principaux traders d’ETH, combinĂ©e Ă  la baisse des frais sur le rĂ©seau Ethereum, affaiblit la perspective d’une hausse soutenue. Les traders semblent se demander ce qui doit changer pour que l’ETH puisse reprendre de maniĂšre convaincante la barre des 4 000 dollars. Et nous aussi.
Le marché crypto est toujours traumatisé par les liquidations du 10 octobre

Les dérivés sur Ethereum montrent un appétit haussier en déclin

Les frais sur le rĂ©seau Ethereum ont par ailleurs chutĂ© de 13 % au cours de la semaine derniĂšre, bien que le nombre de transactions soit restĂ© stable. Cette divergence inquiĂšte les investisseurs quant Ă  une boucle de rĂ©troaction nĂ©gative liĂ©e Ă  la diminution des dĂ©pĂŽts sur le rĂ©seau, qui pourrait finalement entraĂźner une inclinaison inflationniste pour l’ETH. AprĂšs tout, le mĂ©canisme de combustion d’Ethereum repose entiĂšrement sur une activitĂ© soutenue sur la chaĂźne.

En agrĂ©geant les positions au comptant, Ă  terme et sur marge, les principaux traders d’OKX ont rĂ©duit leur exposition haussiĂšre Ă  l’ETH. Le ratio long-court montre dĂ©sormais une inclinaison de 23 % vers les positions baissiĂšres. Plus important encore, les baleines et les teneurs de marchĂ© n’ont pas rĂ©ussi Ă  maintenir un levier haussier significatif, signalant un manque clair de conviction.

Un autre facteur d’inquiĂ©tude pour les traders est le marchĂ© de l’emploi amĂ©ricain en difficultĂ©. Certaines entreprises ont citĂ© la hausse des coĂ»ts d’exploitation, tandis que les dĂ©penses de consommation ont chutĂ© aprĂšs la fermeture du gouvernement amĂ©ricain qui a durĂ© jusqu’au 12 novembre. Reuters a rapportĂ© que les entreprises basĂ©es aux États-Unis ont annoncĂ© plus de 25 000 suppressions d’emplois en novembre.

Alors que l’Ether (ETH) a rĂ©cemment rebondi de 15 % par rapport Ă  son creux de 2 623 dollars, les donnĂ©es sur les dĂ©rivĂ©s montrent que les traders restent prudents. L’absence de levier haussier de la part des principaux traders d’ETH, combinĂ©e Ă  la baisse des frais sur le rĂ©seau Ethereum, affaiblit la perspective d’une hausse soutenue. Les traders semblent se demander ce qui doit changer pour que l’ETH puisse reprendre de maniĂšre convaincante la barre des 4 000 dollars. Et nous aussi.
Les chiffres de l’économie amĂ©ricaine peinent Ă  rassurer les traders sur Ethereum

Le marchĂ© de l’emploi amĂ©ricain en difficultĂ©

Adam Sarhan, directeur gĂ©nĂ©ral de 50 Park Investments Ă  New York, aurait dĂ©clarĂ© : « Vous n’avez pas de licenciements massifs lorsque l’économie est forte ». Si les licenciements s’accĂ©lĂšrent, ils pourraient donc encore plus entamer la confiance des consommateurs et peser sur les actifs Ă  risque, dont l’Ether fait Ă©videmment partie.

Le gouvernement amĂ©ricain doit donc continuer inlassablement Ă  augmenter sa dette pour soutenir la croissance, car le ralentissement des revenus et la hausse des coĂ»ts dĂ©passent l’élan Ă©conomique. En effet, les dĂ©penses d’infrastructure Ă  grande Ă©chelle pour l’intelligence artificielle mettent des annĂ©es Ă  produire des gains de productivitĂ© ou des rendements significatifs pour l’économie dans son ensemble. Les dĂ©ficits importants favorisent les investissements alternatifs, ce qui pourrait ĂȘtre un dĂ©clencheur potentiel pour le prix de l’Ether.

Alors que le contexte de l’emploi reste morose, une Ă©conomie plus faible pourrait Ă©galement pousser la RĂ©serve fĂ©dĂ©rale amĂ©ricaine Ă  adopter une position plus accommodante. De plus, l’environnement de retrait du risque s’est apaisĂ© aprĂšs l’annulation du ralentissement de l’activitĂ© Ă©conomique dĂ©clenchĂ© par la fermeture du gouvernement amĂ©ricain qui a durĂ© jusqu’au 12 novembre.

Historiquement, les cryptomonnaies profitĂšrent souvent de telles conditions, mais le manque actuel de clartĂ© sur le marchĂ© de l’emploi aux États-Unis continue d’éroder la confiance des traders.

Il reste incertain de savoir si l’Ether peut reprendre la barre des 4 000 dollars avant que de nouvelles injections de liquiditĂ©s de la part des grandes banques centrales n’arrivent pour soutenir la croissance mondiale. Pour l’instant, les investisseurs semblent plus concentrĂ©s sur les actions technologiques et les marchĂ©s obligataires, laissant peu de place Ă  une hausse Ă  court terme de l’ETH. Comme dirait Cara, le trader pro aux manettes de Steady Lads, la prudence et la patience restent de mises.

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Le stablecoin du rouble A7A5 fait partie du 19ùme paquet de sanctions de l’UE contre la Russie

October 23rd 2025 at 18:00

Des sanctions contre un stablecoin. Alors que l’Union europĂ©enne (UE) vient d’ajouter un 19Ăšme paquet de sanctions contre la FĂ©dĂ©ration de Russie, ce dernier en date a la particularitĂ© de s’attaquer au succĂšs du stablecoin du rouble A7A5. La Commission de Bruxelles veut empĂȘcher Moscou d’utiliser les actifs numĂ©riques pour contourner ses sanctions financiĂšres.

Les points clés de cet article :
  • L’Union europĂ©enne a imposĂ© un 19Ăšme paquet de sanctions contre la Russie, visant notamment le stablecoin du rouble A7A5.

  • La Commission de Bruxelles a interdit les transactions avec le stablecoin A7A5, qui serait utilisĂ© par la Russie pour contourner ses sanctions Ă©conomiques.

L’Union europĂ©enne veut couper la Russie des cryptomonnaies

Ce jeudi 23 octobre 2025, un 19Ăšme paquet de l’Union europĂ©enne est venu se rajouter aux 26 000 sanctions (Ă  la louche) imposĂ©es par les pays occidentaux contre la Russie. Mais ce dernier Ă  la particularitĂ© de s’attarder sur le cas des cryptomonnaies, dont l’universalitĂ© et la rĂ©sistance Ă  la censure permettent de passer les frontiĂšres sans permission, et donc en ignorant les sanctions.

L’UE vise ainsi Ă  restreindre l’accĂšs de la Russie aux cryptomonnaies. Selon le Conseil europĂ©en, la Russie utiliserait de plus en plus les actifs numĂ©riques pour « échapper aux sanctions Ă©conomiques » imposĂ©es depuis le dĂ©but du conflit en Ukraine.

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Le stablecoin du rouble A7A5 sous le coup des sanctions de l’UE

Parmi les mesures phares de cet Ă©niĂšme paquet de sanctions destinĂ©es Ă  faire s’écrouler l’économie russe, l’interdiction du stablecoin A7A5, indexĂ© au rouble et prĂ©sent sur les blockchains Ethereum (ETH) et Tron (TRX). Car cet actif numĂ©rique serait utilisĂ© pour « financer des activitĂ©s liĂ©es Ă  la guerre ».

Les dĂ©veloppeurs, A7 LLC, et le principal fournisseur de ce stablecoin, Old Vector LLC basĂ© au Kirghizistan, sont Ă©galement dans le viseur des technocrates de Bruxelles, avec notamment le gel de leurs avoirs qui auraient Ă©tĂ© laissĂ©s Ă  la portĂ©e de l’UE.

« Les activitĂ©s rĂ©centes ont mis en Ă©vidence l’utilisation croissante des cryptomonnaies par la Russie pour contourner les sanctions. Dans ce contexte, le stablecoin A7A5, créé avec le soutien de l’État russe, est apparu comme un outil de premier plan pour financer les activitĂ©s soutenant la guerre (
). Les transactions impliquant ce stablecoin ont Ă©galement Ă©tĂ© interdites dans toute l’UE. »

Extrait du communiquĂ© sur le 19e paquet de sanctions de l’UE contre la Russie

Interdiction formelle donc d’effectuer des transactions avec ce stablecoin A7A5 pour les rĂ©sidents de l’Union europĂ©enne. Avec ce 19Ăšme paquet de sanctions, l’UE espĂšre freiner l’utilisation croissante des cryptomonnaies par la Russie, notamment pour contourner ses restrictions Ă©conomiques. Pourtant, il y a quelques jours Ă  peine, le ministĂšre des Finances et la Banque centrale russes viennent d’annoncer la lĂ©galisation prochaine des cryptos pour le commerce extĂ©rieur. À croire que beaucoup d’autres pays, en dehors de l’UE, souhaitent faire des Ă©changes basĂ©s sur les actifs numĂ©riques avec la Russie.

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Bitcoin et trafic d’ĂȘtres humains : Les USA et le Royaume-Uni saisissent plus de 120 000 BTC

October 14th 2025 at 17:21
By: Magali

Prince dĂ©chu. La cryptomonnaie est un secteur en plein essor. Mais Ă©galement un terrain de jeu privilĂ©giĂ© pour les arnaqueurs de tout poil. C’est la raison pour laquelle les instances de rĂ©gulation sont en alerte permanente. Et, parfois, des opĂ©rations conjointes permettent de frapper fort. Comme dans le cas de cette organisation criminelle transnationale basĂ©e au Cambodge et visĂ©e par les États-Unis et le Royaume-Uni. Au menu, fraude en ligne, extorsion, traite d’ĂȘtres humains et blanchiment d’argent en bitcoins. Tout un programme


Les points clés de cet article :
  • Une opĂ©ration conjointe entre les États-Unis et le Royaume-Uni a visĂ© une organisation criminelle transnationale au Cambodge, impliquĂ©e dans des fraudes en ligne massives.
  • Le Prince Group, dirigĂ© par Chen Zhi, a Ă©tĂ© au centre d’une fraude crypto estimĂ©e Ă  16 milliards de dollars, englobant des activitĂ©s comme l’extorsion et la traite d’ĂȘtres humains.

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Une organisation criminelle transnationale basée au Cambodge

Les fraudes en ligne sont une vĂ©ritable plaie. D’autant plus avec l’essor des cryptomonnaies, qui permet d’ajouter une dimension numĂ©rique et dĂ©centralisĂ©e Ă  ces activitĂ©s illicites.

Un problĂšme qui touche bien Ă©videmment les États-Unis, en tant que leader du secteur. Car, selon les estimations du gouvernement, les pertes associĂ©es Ă  ces arnaques numĂ©riques ont explosĂ© de 66 % en 2024. Avec un total estimĂ© Ă  10 milliards de dollars rien qu’en Asie du Sud-Est.

C’est la raison pour laquelle le bureau de contrĂŽle des avoirs Ă©trangers (OFAC) et le Financial Crimes Enforcement Network (FinCEN) viennent de lancer une opĂ©ration conjointe. Cela en collaboration avec le Bureau des affaires Ă©trangĂšres, du Commonwealth et du dĂ©veloppement (FCDO) du Royaume-Uni.

Le but de cette procĂ©dure ? S’attaquer Ă  un groupe prĂ©sentĂ© comme un acteur « dominant de l’économie de la fraude au Cambodge. » Cela au moyen d’une opĂ©ration criminelle transnationale basĂ©e sur des arnaques Ă  l’investissement en ligne. Et les activitĂ©s de ce groupe sont Ă©galement associĂ©es Ă  la traite d’ĂȘtres humains et Ă  l’esclavage moderne.

L’enquĂȘte a rĂ©vĂ©lĂ© que le groupe possĂ©dait une entreprise de minage de bitcoins au Laos, la Warp Data Lao Sole Co., qui servait Ă  transfĂ©rer d’énormes quantitĂ©s de BTC vers les portefeuilles de Chen Zhi.

« Les 127 271 BTC (14 milliards de dollars) qu’ils cherchent Ă  confisquer proviennent en rĂ©alitĂ© de l’exploitation miniĂšre LuBian, gĂ©rĂ©e par le dĂ©fendeur, et ont Ă©tĂ© volĂ©s en 2020. Ils sont restĂ©s inutilisĂ©s depuis. Il est peu probable qu’ils les obtiennent, Ă  moins d’un faux piratage.»

The 127,271 BTC ($14B) they are seeking to forfeit are actually from the LuBian mining operation that was ran by the defendant and were actually stolen back in 2020.

Have been sat idle ever since. Probably quite unlikely they get them, unless some sort of fake hack. https://t.co/dV5LmV8Xpg pic.twitter.com/XZ3ZMwq7zi

— db (@tier10k) October 14, 2025

Une fraude crypto estimée à 16 milliards de dollars

Cette opĂ©ration visait principalement le rĂ©seau cambodgien Prince Group Transnational Criminal Organization (TCO). Une structure dirigĂ©e par le ressortissant Chen Zhi. Et impliquĂ©e dans des activitĂ©s criminelles comme « la fraude en ligne, l’extorsion, la traite d’ĂȘtres humains, le pig butchering (arnaque Ă  la romance, ndlr) et le blanchiment d’argent. »

Une procĂ©dure apparemment nĂ©cessaire, car les pertes liĂ©es aux arnaques Ă  l’investissement en ligne ont augmentĂ© de 66 % au cours de l’annĂ©e passĂ©e. Avec un montant total estimĂ© Ă  16,6 milliards de dollars au cours actuel du BTC.

Dans le mĂȘme temps, le FinCEN a Ă©mis une rĂšgle finale qui coupe le conglomĂ©rat de services financiers basĂ© au Cambodge, Huione Group, du systĂšme financier amĂ©ricain. Car cette structure est impliquĂ©e dans le blanchiment des produits de fraudes crypto et autres vols numĂ©riques.

« La montĂ©e en puissance rapide de la fraude transnationale a coĂ»tĂ© des milliards de dollars aux citoyens amĂ©ricains, dont les Ă©conomies de toute une vie ont Ă©tĂ© anĂ©anties en quelques minutes. Le TrĂ©sor prend des mesures pour protĂ©ger les AmĂ©ricains en rĂ©primant les escrocs Ă©trangers. En Ă©troite coordination avec les forces de l’ordre fĂ©dĂ©rales et des partenaires internationaux comme le Royaume-Uni, le TrĂ©sor continuera de mener des efforts pour protĂ©ger les AmĂ©ricains contre les criminels prĂ©dateurs. »

Scott Bessent, SecrĂ©taire au TrĂ©sor – Source

Les fraudes numĂ©riques sont un vĂ©ritable flĂ©au. Et les cryptomonnaies ne sont pas responsables de leur existence. Elles ne font qu’offrir de nouvelles opportunitĂ©s Ă  des structures comme Prince Group. C’est la raison pour laquelle il faut rester vigilant. Car les arnaques crypto sont omniprĂ©sentes, y compris sur des rĂ©seaux sociaux comme TikTok.

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Hack de Nobitex : La banque centrale iranienne impose un couvre-feu aux exchanges cryptos

June 19th 2025 at 12:00

Le 18 juin, la plateforme crypto iranienne Nobitex a Ă©tĂ© la cible d’un hack massif ayant entrainĂ© la perte de 100 millions de dollars. Suite Ă  cette attaque, la Banque centrale iranienne a dĂ©cidĂ© de prendre des mesures drastiques en imposant un couvre-feu aux plateformes d’échange de cryptomonnaies.

Les points clés de cet article :

  • La plateforme crypto iranienne Nobitex a Ă©tĂ© victime d’un hack massif, entraĂźnant la perte de 100 millions de dollars.

  • La Banque centrale iranienne a imposĂ© un couvre-feu aux plateformes d’échange de cryptomonnaies, restreignant leurs horaires d’opĂ©ration de 10h Ă  20h.


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La Banque Centrale Iranienne impose un couvre-feu

Selon une rĂ©cente publication de Chainalysis, la Banque centrale iranienne a imposĂ© des horaires stricts aux plateformes d’échange de cryptomonnaies locales. DĂ©sormais, ces plateformes ne pourront opĂ©rer que de 10h Ă  20h.

Cette dĂ©cision fait suite au hack de Nobitex, qui a vu plus de 100 millions de dollars en cryptomonnaies ĂȘtre volĂ©s par le groupe de hackers pro-israĂ©lien Gonjeshke Darande.

Andrew Fierman, responsable du renseignement sur la sĂ©curitĂ© nationale chez Chainalysis, a dĂ©clarĂ© que ce couvre-feu est probablement une tentative pour prĂ©venir d’autres attaques. En effet, selon lui, « les incidents sont plus faciles Ă  gĂ©rer s’ils ne se produisent pas au milieu de la nuit ».

Une mesure contre l’exode de capitaux ?

Outre la prĂ©vention des hacks, cette mesure pourrait Ă©galement viser Ă  limiter l’exode de capitaux hors d’Iran. Avec les tensions gĂ©opolitiques actuelles, notamment entre l’Iran et IsraĂ«l, la Banque centrale pourrait chercher Ă  contrĂŽler davantage les transactions de ses citoyens.

« Alors que le peuple iranien utilise les plateformes d’échange de cryptomonnaies pour faciliter les transactions transfrontaliĂšres, le rĂ©gime iranien pourrait vouloir exercer plus de contrĂŽle sur les transactions de ses citoyens », a ajoutĂ© Fierman.

Ce n’est pas la premiĂšre fois que la Banque centrale iranienne impose des restrictions aux plateformes crypto. En dĂ©cembre dernier, elle avait ordonnĂ© la fermeture temporaire de toutes les plateformes pour empĂȘcher l’échange de rials, sa monnaie nationale, et Ă©viter sa dĂ©prĂ©ciation.

De son cĂŽtĂ©, Nobitex a annoncĂ© qu’elle couvrirait toutes les pertes grĂące Ă  son fonds de rĂ©serve. La plateforme a Ă©galement pris des mesures pour sĂ©curiser ses portefeuilles en ligne en transfĂ©rant les fonds vers des dispositifs de stockage hors ligne.

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« Trump bouleverse le monde des cryptos » : Bitcoin et Ethereum s’envolent avant la rĂ©union cruciale du FOMC

March 21st 2025 at 07:06
EN BREF 📈 Bitcoin, Ethereum et XRP montrent des signes de volatilitĂ© avant la dĂ©cision clĂ© du FOMC. đŸ’Œ Les traders adoptent une attitude prudente avec une baisse notable de l’activitĂ© sur le marchĂ© des dĂ©rivĂ©s. 🔍 L’analyse on-chain rĂ©vĂšle des dynamiques mixtes, avec une perspective lĂ©gĂšrement haussiĂšre pour le Bitcoin et le XRP. đŸ—łïž [...]

« Un tremblement sur le marchĂ© » : La paire USDT/Lire turque chez Binance atteint des sommets historiques aprĂšs l’arrestation d’un rival d’Erdogan

March 21st 2025 at 06:07
EN BREF 🚹 L’arrestation du maire d’Istanbul, Ekrem İmamoğlu, a provoquĂ© un sĂ©isme politique et Ă©conomique en Turquie, affectant la stabilitĂ© du pays. 📉 La livre turque a connu une chute historique, poussant les investisseurs vers les cryptomonnaies comme refuge. đŸ’± Les autoritĂ©s turques ont dĂ» intervenir en vendant des milliards de dollars de rĂ©serves [...]

Donald Trump veut faire des États-Unis le principal hub des cryptomonnaies

September 6th 2024 at 12:00

En campagne, Donald Trump a rĂ©affirmĂ© son soutien Ă  l'industrie crypto, souhaitant faire des États-Unis une place forte du secteur. Le candidat rĂ©publicain aux Ă©lections prĂ©sidentielles amĂ©ricaines a d’ailleurs annoncĂ© que s'il Ă©tait Ă©lu, Elon Musk l'aiderait dans cette tĂąche.

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75 - La confiance par décret ?

February 8th 2018 at 17:58

On parle maintenant de Bitcoin, au sommet mĂȘme de l'État, comme d'un facteur de risque systĂ©mique (face Ă  des trillions de monnaies lĂ©gales et des ploutillons d'actifs rĂ©gulĂ©s ou non, mais gĂ©rĂ©s par des gens du systĂšme). Façon de dire que cette expĂ©rience menacerait le systĂšme financier mondial. Mais l'essentiel de la littĂ©rature sur ce fĂącheux bitcoin Ă©mane encore, du moins pour celle qui est prise en compte par les rĂ©gulateurs, les politiques et les journalistes, de ce systĂšme financier lui-mĂȘme. Et ceci ne choque personne. C'est comme cela : quand une banque s'estime victime d'un de ses employĂ©s, le juge choisit cette mĂȘme banque comme experte, et il faut des annĂ©es pour que cela pose des cas de conscience Ă  certains.

La fonction de rĂ©gulation appartient en thĂ©orie Ă  la puissance publique. Ce qui la fonde en droit, c'est Ă  la fois la sĂ©curitĂ© de l'État, celle de la population, et la nĂ©cessaire confiance de celle-ci dans celui-lĂ . On rĂ©gule donc largement (et sous des vocables divers : rĂ©gulation, supervision, contrĂŽle, normalisation, homologation...) les produits financiers comme les mĂ©dicaments, les communications Ă©lectroniques, les jeux en ligne ou les voitures Ă  moteurs. Mais toujours avec les mĂȘmes mots: confiance et sĂ©curitĂ©.

Or si la sécurité est un fait que l'on peut cerner par des mesures objectives (quand elles ne sont pas manipulées) la confiance est un sentiment humain. A priori on ne peut pas la décréter, pas davantage que l'amour ou le respect, par exemple.

le vaccin monétaireDans une double page publiée en janvier par le Monde diplomatique, la journaliste Leïla Shahshahani a abordé à travers les vaccinations obligatoires, le débat confisqué sur un sujet qui me parait nous concerner de façon patente.

Je m'empresse de dire que je n'ai pas trop d'idées sur la question, parce qu'en soi les histoires médicales m'ennuient. Mes enfants ont été vaccinés.

Ce qui m'intéresse ici, ce sont la confiscation d'un débat, l'instauration d'une prétendue « confiance » par la coercition, les erreurs et les dérives qu'un tel systÚme rend fatales.

En quoi cette vaccination obligatoire peut-elle intéresser ceux qui suivent l'actualité de Bitcoin ?

  • En ce qu'il s'agit d'un systĂšme (la santĂ© publique) auquel il est pour notre sĂ©curitĂ© pratiquement impossible d'Ă©chapper comme il est pratiquement obligatoire d'avoir un compte en banque.
  • Mais aussi en ce qu'il s'agit d'un secteur qui, comme le systĂšme monĂ©taire, n'est rĂ©gulĂ© finalement que par lui-mĂȘme, c'est Ă  dire par personne en fait.

Ce qui m'a frappé, dÚs la fin du premier alinéa de l'article, c'est le sentence presque comique par laquelle la ministre des Solidarités et de la Santé, la docteur AgnÚs Buzyn assume pleinement une posture proprement ubuesque : « La contrainte vise à rendre la confiance ».

Quand on a fini d'en sourire, on peut se demander s'il ne faut pas en trembler. Évidemment le propos est tenu par une scientifique, ministre d'un Etat de droit. Serait-il profĂ©rĂ© par l'un de ces dictateurs grotesques que la tĂ©lĂ©vision exhibe toujours Ă  bon escient pour nous faire sentir la chance que nous avons de sommeiller en paix dans un semblant de social-dĂ©mocratie, on en ferait presque un motif d'intervention humanitaire.

confianceSur le fond, on notera que le Conseil d'Etat ayant fait injonction au MinistÚre de faire en sorte que les parents qui le souhaitaient puissent vacciner leur progéniture avec un vaccin simple (DTP) sans adjonction de 3 souches non obligatoires, on a préféré changer la loi et décider qu'on mettrait 11 souches. On aurait aussi bien pu changer la Constitution, puisque, selon une autre parole forte d'une grande démocrate (Madame Touraine) « La vaccination, ça ne se discute pas ». On sait depuis Monsieur Valls que la liste des sujets exclus des champs de la réflexion, de la discussion, voire de la simple curiosité, a tendance à s'élargir.

Comme, hĂ©las, il reste des esprits retors prĂȘts Ă  discuter de tout au vain prĂ©texte que nous serions nĂ©s libres et Ă©gaux et vivrions dans une dĂ©mocratie oĂč la souverainetĂ© Ă©mane du peuple dĂ©libĂ©rant, les mensonges d'Etat tiendront lieu d'argument. « Des enfants meurent de la rougeole aujourd'hui en France » dĂ©clare ainsi tout en finesse le premier ministre, oubliant de prĂ©ciser que ce seraient justement ceux que leur dĂ©ficit immunitaire rendrait non vaccinables.

En fait de sĂ©curitĂ©, c'est la peur que l'on instille, jusque dans les couloirs du mĂ©tro, avec des images oĂč l'on ne sait s'il s'agit d'un labo ou du siĂšge de la Stasi...

la stasi médicale

En l'absence de tout dĂ©bat rĂ©el (en demander un c'est dĂ©jĂ  se faire mal voir), seuls des mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes auront estimĂ© totalement disproportionnĂ©e la privation de collectivitĂ© pour les enfants non vaccinĂ©s au regard de risques « inexistants ou infinitĂ©simaux ». Mais un ministre ne va tout de mĂȘme pas Ă©changer avec des toubibs de quartier...

une petite piquereLe problĂšme d'une confiance imposĂ©e par la coercition, mĂȘme emballĂ©e en grande cause et ficelĂ©e de mensonges, c'est qu'elle est peu efficace, et que son inefficacitĂ© la mine rĂ©guliĂšrement : la frĂ©nĂ©sie de vaccin contre l'hĂ©patite B dans les annĂ©es 1990 a dĂ©bouchĂ© sur le feuilleton de sa responsabilitĂ© dans des cas de sclĂ©rose en plaque ; la mĂ©diocre efficacitĂ© de la mobilisation de 2009-2010 contre la grippe H1N1 (6 millions de doses utilisĂ©es sur les 94 millions de doses payĂ©es aux labos) a mis en lumiĂšre des contrats que le SĂ©nat lui mĂȘme considĂ©ra comme d'une lĂ©galitĂ© douteuse ; l'utilisation du Pandemrix fut ensuite officiellement mise en cause comme coupable de cas de narcolepsie...

Une part notable de la population continue donc à ne ressentir qu'une médiocre confiance, malgré des non-lieux jugés suspects et les débats trop clairement faussés. Mais les laboratoires prospÚrent et il n'est pas interdit de penser que ce soit là l'essentiel.

Sur la forme, de mauvais esprits noteront justement l'imbroglio de conflits d'intĂ©rĂȘts, chez des membres mĂ©decins voire chez le prĂ©sident du ComitĂ© d'Orientation, et mĂȘme chez certains ministres. La journaliste du Monde diplomatique ne s'Ă©tend pas sur ce qu'on dĂ©signe communĂ©ment comme un mĂ©canisme de capture du rĂ©gulateur. Je n'en dirai donc pas davantage, ce qui m'Ă©vitera de paraĂźtre indĂ©licat, ou d'ĂȘtre poursuivi en diffamation.

Ce que l'on appelle en anglais la regulatory capture est une théorie économique qui a un gros mérite : elle se vérifie empiriquement pratiquement chaque année à une occasion ou une autre. (j'ajoute quelques semaines aprÚs la rédaction de cet article une amusante démonstration empirique, à lire ici)

unregulatedC'est un Prix "Nobel" d'économie appartenant à l'école de Chicago, Georges Stigler (1911-1991) qui l'a théorisée. Mais ceux que la langue anglaise ou la théorie économique rebutent n'ont qu'à suivre les grands procÚs qui suivent les grands dérapages...

Les mots de rĂ©guler, rĂ©gulation, rĂ©gulateurs reviennent comme un mantra dans tous les discours publics. Cependant, de scandale du Mediator en scandale Volkswagen, on voit toujours les mĂȘmes ficelles. Il est prudent d'aller prendre chez Stigler la vraie mesure de ce qu'est la rĂ©gulation.

Concluons en revenant explicitement Ă  Bitcoin.

Il est fort douteux que la rĂ©gulation, confiĂ©e Ă  des autoritĂ©s trĂšs proches Ă  tous Ă©gards du secteur bancaire et financier classique, ne produise autre chose qu'une dĂ©fense tatillonne du secteur bĂ©nĂ©ficiant dĂ©jĂ  de la plus forte protection imaginable (au mĂȘme niveau que l'industrie nuclĂ©aire) contre les nouveaux entrants.

Il est donc frustrant que les autorités politiques n'imaginent guÚre d'autres voies d'action politique sur une innovation majeure que la régulation, qu'elles n'organisent pas de rencontre ou de concertation sans que les représentants des autorités de régulation ne représentent la majorité du tour de table.

Enfin il est inquiĂ©tant de voir que les mĂ©dias participent de la mĂȘme confusion, en prĂ©sentant sans distance critique les rĂ©gulateurs comme des experts, quand bien mĂȘme il s'agit d'une innovation qu'ils sont bien moins soucieux de comprendre que de combattre.

68 - La Banque de France et le Moulin du Louvre

November 8th 2017 at 19:00

La publication il y a quelques semaines, sous la plume de M. Christian Pfister, haut responsable de la Banque de France et professeur associé à l'IEP, d'un document de travail consacré aux monnaies numériques est en soi un événement important. Si son titre, Much ado about nothing, est adroitement inspiré de William Shakespeare, le lecteur français pourra regretter qu'une institution fondée par Napoléon communique ses pensées en langue anglaise. Qu'on me pardonne ce patriotisme.

Cependant, aprÚs un coup de chapeau initial au fonctionnement de la chose - qu'on l'appelle DL (citée 6 fois) ou Blockchain (8 occurrences du mot) - c'est bien Bitcoin (16 apparitions) qui est le sujet de la note, et surtout, malgré de prudentes protestations, l'hypothÚse de l'émission d'un jeton numérique fiduciaire par une institution publique. Je ne m'en étonnerai certainement pas, ayant déjà noté il y a bien des mois que « la Banque a les jetons ».

La Galerie dorée revisitée

Le document de travail de Christian Pfister mérite donc une lecture attentive de sa version complÚte en anglais , lecture que j'ai faite en ayant à l'esprit un précédent historique non sans quelque rapport.

Notons d'abord que la compréhension de la nature du bitcoin (jeton numérique, unité de compte endogÚne et incentive indispensable dans son systÚme) marque un heureux progrÚs sur le genre de littérature qui était encore courant il y a peu. Tou cela, pourrait-on dit, est de bon aloi.

Partant de la supposition honnĂȘte que l'usage d'une monnaie numĂ©rique peut se justifier de bien des points de vue (pas tous malhonnĂȘtes ou imbĂ©ciles!) l'auteur examine plusieurs scĂ©narios, tant du point de vue des individus que de celui de diverses sortes d'institutions, pour une adoption croissante de ces monnaies, selon divers degrĂ©s d'adoption.

Bien sûr les petits bonbons au cyanure ne sont pas absents du texte : l'existence d'un incentive par jetons y est ainsi décrite comme «un élément inhérent de bulle» tandis que l'absence de rémunération dans les DL semble ne pas poser de problÚme de sécurité, et que le coût de la distribution, aussi restreinte soit-elle, n'est guÚre évoqué. Il est toujours amusant de voir des gens de finance ne pas s'inquiéter des coûts.

Mais la privacy est correctement abordĂ©e, tant par sa finalitĂ© lĂ©gitime que par la possibilitĂ© dĂ©jĂ  offerte de la prĂ©server avec les petits bouts de papiers de la Banque Centrale. Ce dĂ©tail, dira-t-on, pouvait difficilement ĂȘtre Ă©ludĂ©.

Ces remarques faites, on en vient aux hypothÚses d'adoption et à leurs conséquences sur la politique monétaire.


  • Le scenario "A", restreint, repose sur un usage par les seules institutions financiĂšres de diverses DL les amenant Ă  Ă©prouver un moindre besoin de monnaie Banque Centrale.
  • Le scenario "B" voit s'instaurer une cohabitation-convergence entre la monnaie fiat et des jetons numĂ©riques rĂ©gis par des institutions centralisatrices (et si on appelait cela des banques commerciales ?) qui, selon le degrĂ© de sophistication de leur jeton, pourraient les faire servir Ă  la gestion des comptes courant ou des dĂ©pĂŽts Ă  terme. Encore qu'on puisse supposer comme le remarque l'auteur finement (ou plaidant pour sa paroisse) que les particuliers prĂ©fĂšreront la privacy offerte par le bon vieux cash.
  • Le scenario "C" est celui de l'Ă©mission de ce qu'un jargon nouveau dĂ©signe comme de la CBDC et que je prĂ©fĂšre appeler un jeton cryptographique fiducaire, libellĂ© naturellement dans l'unitĂ© de compte lĂ©gale.

En lisant les sous-variantes du scénario "C" on en vient à se dire qu'il y a une vraie tentation à la Banque de France, qui pourrait penser à cette monnaie crypto-fiduciaire pour rémunérer les dépÎts, ou imposer des taux négatifs. Comme le savent toux ceux qui réfléchissent à la chose, une banque centrale est en position... centrale, justement, sur ce sujet d'une (vraie) monnaie numérique. Il reste à gérer avec diplomatie les conséquences d'une telle décision pour les banques commerciales, en soulignant par exemple que cette monnaie crypto-fiduciaire serait une meilleur monnaie de rÚglement de leurs blockchains consortiales que tous les USC privés dont on nous bat les oreilles (on en conviendra!) tout en niant l'évidente préférence que devrait manifester le public pour ce jeton fiduciaire au détriment des jetons scripturaires privés. A défaut de le démontrer, l'auteur affirme qu'il «ne voit pas de claire raison pour laquelle le public préfÚrerait utiliser une CBDC émise par une agence gouvernementale plutÎt que celle des banques privées (...) avec lesquelles ils ont des relations de long terme». Government agency pour désigner une banque centrale, je n'aurais pas osé.

Mais la suite de la note (abordant les consĂ©quences quant aux relations entre la Banque Centrale et les banques de la place) tend Ă  laisser penser que le scĂ©nario d'une prĂ©fĂ©rence du public pourrait ĂȘtre d'ores et dĂ©jĂ  dans les cartons.

En ce qui concerne les conséquences de la montée en puissance de Bitcoin pour la politique monétaire, l'auteur en revient au risque de déflation que son offre limitée ferait peser, tout en notant qu'en réalité son usage restera modeste, sans rappeler (comme je dois le faire vicieusement) que le cours haussier du bitcoin reflÚte diverses choses qui augmentent, dont justement le nombre de transactions (1) et la taille de son réseau (2).

Au niveau de la cohabitation des monnaies, plusieurs choses me chagrinent :

  • Le document de travail ne semble envisager la cohabitation entre Bitcoin et la monnaie lĂ©gale (papier, numĂ©rique ou en compte) que sous forme de lutte et de volontĂ© de substitution (pour dire que Bitcoin gĂšne - quitte Ă  exagĂ©rer ce qui s'est rĂ©ellement passĂ© Ă  Chypre - mais qu'il ne pourra pas l'emporter). C'est nier la possibilitĂ© que Bitcoin se fasse sa « niche » dans le systĂšme mondial.
  • Plus profondĂ©ment encore, l'auteur semble penser que Bitcoin et les monnaies lĂ©gales jouent sur le mĂȘme terrain physique (avec des gens, des acteurs, des Ă©tablissements tous plus ou moins hĂ©ritĂ©s du passĂ©) alors que Bitcoin a son propre terrain de jeu - immense au demeurant : le cyber-espace. J'ai souvent souri de la rage qui prend en France de rĂ©guler le bitcoin : y rĂ©gule-t-on le dollar, la livre, le franc suisse, le rouble ? Ils circulent pourtant (via Visa ou dans des valises) et leur circulation ne concerne Ă©ventuellement que la police, au titre de mĂ©faits commis, non de l'instrument avec lequel ces mĂ©faits sont commis. Et si l'on considĂ©rait une bonne fois pour toute le bitcoin comme la monnaie de la Lune ?
  • Il n'est nulle part fait mention du rĂŽle qu'une monnaie lĂ©gale numĂ©rique pourrait jouer, sur le territoire oĂč elle circulerait, comme interface avec Bitcoin, son univers et ses richesses. Sans doute ceci est-il une autre histoire, et cette histoire concerne-t-elle les responsables politiques et non la Banque, mais il me paraĂźt vraiment important de la mentionner.

Je vais donc conclure en historien (avant qu'on se charge de me rappeler que je ne suis pas Ă©conomiste!) et ma conclusion sera rĂ©solument optimiste. Quand je lis que «mĂȘme dans le cas extrĂȘme et trĂšs improbable oĂč la Banque Centrale Ă©mettrait des jetons numĂ©riques fiduciaires ayant les attributs de dĂ©pĂŽt bancaire, et oĂč le public les adopterait massivement...» ces clauses de style me font penser au Moulin du Louvre !

La monnaie a une histoire qui est financiĂšre, politique mais aussi technique. Pendant des siĂšcles, la frappe au marteau rĂ©gna, bien qu'elle prĂ©sentĂąt le grave inconvĂ©nient de produire des piĂšces qui n’étaient pas parfaitement rondes, et dont les dessins et inscriptions n’étaient pas toujours identiques.

Au milieu du 16Ăšme siĂšcle, Ă  Augsbourg, on inventa la frappe au balancier, avec une presse Ă  vis inspirĂ©e par la presse d’imprimerie. En France, le roi Henri II fit installer une de ces machines dans la maison dite du Moulin du Louvre, Ă  l'emplacement de l’actuelle place Dauphine. MalgrĂ© l’opposition des maĂźtres monnayeurs, attachĂ©s Ă  leur routine, il crĂ©a la Monnaie du Moulin du Louvre, distincte de la Monnaie de Paris, avec les mĂȘmes attributions que les autres ateliers monĂ©taires royaux.

Monnaies au balancier de Pau frappĂ©es par Henri II de Navarre puis sa fille Jeanne d'AlbretCette expĂ©rience parisienne fut interrompue par sa mort en 1559. En 1563, un arrĂȘt de la Cour des Monnaies interdisait le monnayage au balancier : le Moulin du Louvre ne pourrait plus fabriquer que des mĂ©dailles. Un grand classique du genre dans la guerre des Anciens et des Modernes. Mais une simple pause dans la marche de l'histoire.

Dans le petit royaume de Navarre encore indĂ©pendant, un autre Henri II, frappait aussi au balancier, et sa fille, la reine Jeanne (mĂšre de notre Henri IV) continua. Comme quoi le progrĂšs peut venir de l'Ă©tranger, des marges et ... des femmes ! Que la reine de Navarre soit ici proclamĂ©e ancĂȘtre des bitcoineuses !

En 1640, la France (dont les Ă©changes commerciaux Ă©taient alors en excĂ©dent...) Ă©tait inondĂ©e d'or espagnol. Louis XIII ordonna la fonte de toutes les espĂšces d’or et leur conversion en Ă©cus du titre et poids de l’écu français de 3,37 grammes Ă  23 carats. Une simple opĂ©ration de refonte, pour faire disparaĂźtre les piĂšces usĂ©es ou rognĂ©es.

frappée au marteau

Mais, insistant sur le besoin d’une monnaie de qualitĂ©, le roi rĂ©-ouvrit en douce le Moulin du Louvre, en laissant subsister la frappe au marteau dans les autres ateliers du royaume. En rĂ©alitĂ©, il s’agissait de rendre opĂ©rationnel l’instrument technique de la rĂ©forme que l’on prĂ©parait discrĂštement, en veillant Ă  ne pas alerter les monnayeurs traditionnels.

Enfin, trois mois plus tard, et comme s’il s’agissait d’un simple amĂ©nagement technique, le roi se dĂ©clara rĂ©solu Ă  convertir les grosses pistoles espagnoles qui avaient cours dans son royaume, en d’autres piĂšces d’or du poids mais aussi du titre (22 carats) des pistoles d’Espagne « pour ne pas charger (incommoder) ses sujets », mais sous son nom Ă  lui, et en confiant la tĂąche Ă  la Monnaie au Moulin...

Certes le roi fit passer cette mesure comme une dĂ©rogation exceptionnelle au systĂšme monĂ©taire de la France qui Ă©tait formellement maintenu avec son vieil Ă©cu. Le « louis » fut prĂ©sentĂ© comme un instrument monĂ©taire accessoire, strictement destinĂ© Ă  franciser des piĂšces espagnoles, pesant le poids de deux Ă©cus de France, mais contenant un peu moins d’or pur. En fait Louis XIII venait de crĂ©er une zone monĂ©taire franco-espagnole. Le « louis », cette piĂšce de circonstance, connut un succĂšs et une longĂ©vitĂ© qui en firent, pour longtemps, le symbole mĂȘme de la monnaie de France. La fabrication des vieux Ă©cus, formellement maintenue en 1640 comme monnayage principal, fut abandonnĂ©e dĂšs 1656, et c’est le louis d’or qui resta, jusqu’à la RĂ©volution, la piĂšce d’or Ă©talon.

frappée au balancier

Il y a dans cette vieille anecdote, me semble-t-il, bien des enseignements. La monnaie doit ĂȘtrede qualitĂ©, n'en dĂ©plaise aux monnayeurs Ă  l'ancienne. Elle doit ĂȘtre techniquement adaptĂ©e Ă  l'Ă©poque. Elle doit ĂȘtre Ă  mĂȘme de crĂ©er des zones d'Ă©change aisĂ©s avec ceux qui apportent ... l'or des AmĂ©riques jadis, le bitcoin aujourd'hui.

Un clin d'Ɠil Ă  l'histoire ? Pourquoi ne pas baptiser l'Euro-Crypto-Unit... Ă©cu ?

Jean Varin et Louis XIV Jean Varin, chef du Moulin du Louvre, enseigne la numismatique au jeune Louis XIV




Notes: (1) De la fin 2015 jusqu'en mai 2017 le cours du bitcoin en dollar évolue de façon assez étroitement corrélé avec le carré du nombre de transaction (il tourne autour d'un cent-millioniÚme de ce carré).
(2) Coinbase annonce 50.000 ouvertures de compte par jour. A terme, la loi de Metcalfe s'applique aussi Ă  l'extension d'usage que ces nouveaux comptes annoncent. Bitcoin a ensuite connu l'effet de nouveaux moteurs d'accĂ©lĂ©ration, notamment l'arrivĂ©e d'acteurs institutionnels et l'intĂ©rĂȘt des marchĂ©s Ă  terme.

28 - La boite

August 21st 2015 at 09:26

Les techniciens n'aiment pas les politiciens. La grande figure mythologique de la techno ( τέχΜη ) c'est PromĂ©thĂ©e, dont le nom signifie le PrĂ©voyant, celui qui rĂ©flĂ©chit avant, celui qui regarde devant. Son geste - voler le feu aux dieux pour le donner aux hommes - a inspirĂ© une vraie geste, une abondante littĂ©rature romanesque (jusqu'Ă  Frankenstein !) et des rĂ©flexions profondes Ă  bien des philosophes dont Hobbes et Marx.

Prométhée

Selon le poĂšte Eschyle, il apprit aussi aux humains la notion de temps, les mathĂ©matiques, l'Ă©criture, l'agriculture, le dressage des chevaux, la navigation maritime, la mĂ©decine, l'art divinatoire et l'art mĂ©tallurgique.... rien que cela! Dans bien des cultures, au demeurant, c'est un personnage divin qui apprend aux hommes ces choses utiles. En Égypte, le dieu Thot offre ainsi les hiĂ©roglyphes. Sans pour cela se retrouver enchaĂźnĂ© Ă  un rocher comme le malheureux Titan puni par les dieux.

L'originalitĂ© du cycle promĂ©thĂ©en tient aussi Ă  l'histoire des autres membres de la famille, qui est instructive. Fils comme lui du Titan Japet et de l'OdĂ©anide ClymĂ©nĂ©, son frĂšre ÉpimĂ©thĂ©e porte un nom qui signifie au contraire... Celui qui regarde derriĂšre... ou qui rĂ©flĂ©chit aprĂšs coup.

Platon rapporte comment ÉpimĂ©thĂ©e dĂ©cida un beau matin de se charger de rĂ©partir les qualitĂ©s (force, vitesse etc) entre les animaux. Quand le tour des hommes fut venu il ne restait presque plus rien. C'est pour rĂ©parer cette lourde bourde que son frĂšre aurait dĂ©cidĂ© de rĂ©tablir un peu d'Ă©quitĂ© en faveur des malheureux bipĂšdes sans plumes. Il vola le feu au dieu forgeron, et la technique Ă  la sage dĂ©esse AthĂ©na. Mais il ne put dĂ©rober l'art politique, qui Ă©tait dans la chambre de Zeus lui-mĂȘme...

Dans d'autres rĂ©cits, qui ont ma prĂ©fĂ©rence, c'est ÉpimĂ©thĂ©e qui aurait Ă©tĂ© en charge de procurer la compĂ©tence politique aux hommes dĂ©jĂ  dotĂ©s par son frĂšre de la compĂ©tence technique.

De toute façon, quelque soit le rĂ©cit que l'on suit, l'art de se gouverner resta sur l'Olympe. Et c'est pour cela que l'ĂȘtre humain peut aller sur la lune ou inventer le bitcoin, mais n'est pas capable de rĂ©gler ses petites affaires sur terre et de mettre au point une gouvernance un peu sensĂ©e. A cet Ă©gard, compter sur la technique pour rĂ©inventer la politique, comme le font tant de mes amis, est sans doute une illusion.

On voit aujourd'hui des hommes comme Gavin Andresen, partir d'une proposition technique, complexe et ne suscitant pas de consensus, mais dont l'enjeu n'avait rien d'immĂ©diat et la transformer en rupture politique dont les consĂ©quences peuvent ĂȘtre beaucoup plus rapidement tangibles, tout en glissant au passage quelques autres modifications (dĂ©sanonymisation, mise au ban de certains adresses IP...) dont on parle moins mais qui sont aussi controversĂ©es...

Cela illustre assez bien la chose. C'est en lisant tant de commentaires de bitcoiners qui dĂ©plorent la situation créée par l'initiative "XT" que le mythe de PromĂ©thĂ©e et ÉpimĂ©thĂ©e m'est revenu Ă  l'esprit. Qu'ils soient frĂšres n'est Ă©videmment pas anecdotique.

Juppiter custosL'art magique de la monnaie, c'est Satoshi qui l'a volĂ© aux banques Quand on voit sur des monnaies romaines "Jupiter Custos" c'est Ă  dire gardien, protecteur, garant, on saisit intuitivement la dimension promĂ©thĂ©enne du crime de Satoshi. Nul ne sait s'il n'est pas aujourd'hui en train d'expier son crime sur quelque rocher. En tout cas il n'en profite guĂšre, puisque lui-mĂȘme n'a pu ou n'a voulu monĂ©tiser sa propre richesse.

Celui qui a vu loin devant, un monde sans monopole des banques, c'est Satoshi, comme PromĂ©thĂ©e avait vu un monde oĂč les hommes se passeraient des dieux pour cuire la soupe ou forger leurs armes.

Celui qui regarde en arriÚre, Epiméthée, c'est Gavin. La taille du bloc c'est un débat technique. Le nombre de transactions que cette taille détermine indirectement, c'est un enjeu qui n'est pas technique. C'est le bon vieux monde d'avant qui veut reprendre le contrÎle. Ce sont les venture capitalistes qui veulent que les start-up bitcoin se développent, tournent, brassent, beaucoup, encore plus. Ils veulent une Visa 2.0.

Revenons donc Ă  cette intĂ©ressante famille : la femme d'EpimĂ©thĂ©e est restĂ©e plus fameuse que lui. Elle avait nom Pandore, ce qui signifie DouĂ©e de tous les dons et c'Ă©tait (comme tant d'autres!) la plus belle femme du monde. Zeus avait envoyĂ©e Ă  ÉpimĂ©thĂ©e comme un cadeau empoisonnĂ© cette attrayante et pernicieuse merveille selon les mots du poĂšte HĂ©siode, avec en prime une petite boĂźte Ă  ne surtout pas ouvrir.

Pandore par Jean Alaux

Dans la boite, comme on sait, les dieux avaient mis toutes les catastrophes possibles. Bien sĂ»r les catastrophes naturelles, mais aussi la maladie, la vieillesse, la folie et la mort. La liste est plus ou moins longue selon les rĂ©cits. Certains y joignent donc le vice et la passion... ce qui nous ramĂšne Ă  l'impossibilitĂ© de nous gouverner dans laquelle le peu rĂ©flĂ©chi ÉpimĂ©thĂ©e nous a laissĂ©s, malheureux humains que nous sommes.

PandoreLe problĂšme de la boite c'est qu'une fois ouverte, elle est ouverte. Les promoteurs de Bitcoin XT proposent de passer en force pour la taille du bloc.

Mais au delĂ  de la taille du bloc, il y a le fait de passer en force. Pour une raison aujourd'hui, pour d'autres raisons demain. Certains n'ont pas hĂ©sitĂ© Ă  parler de "coup d'État" (ce qui est une mĂ©taphore un peu dĂ©placĂ©e dans notre monde sans Etat) ; d'autres plus justement parlent de comportement puĂ©ril.

Les mythes grecs sont subtils. Dans la boite, les dieux avaient aussi glissé l'espérance...

Il est donc un peu tÎt pour annoncer comme le fait le journal Les Echos que l'utopie d'une monnaie décentralisée va disparaßtre dans cette crise existentielle. Il est un peu tÎt pour désespérer d'une gouvernance communautaire, par l'usage en somme : jusqu'au début de janvier en effet, rien ne se passe. A partir de 2016, c'est une sorte de systÚme de vote automatique qui va s'enclencher. Ceux qui auront installé la version nouvelle proposée par Andresen continueront a faire des block de 1 million. Et si plus de 75% de l'ensemble des nouveaux blocks viennent de systemes XT alors le reseau commencera a faire des blocks a 8 millions. Ce sont des choses déjà vues dans le monde de l'Open Source, et auxquelles le monde de la finance centralisée n'était pas habitué. Il y a des voies de solutions, comme celle que suggÚre Bitpay : une augmentation de la taille des blocs, mais intégrée à Bitcoin "Core"... et en préservant le plus possible la nature décentralisée de Bitcoin.

Prométhée a un fils, qui épouse la fille de son frÚre et de Pandore. Quand le déluge survient ( chez les Grecs aussi...) c'est ce couple qui survit, et repeuple la terre. Les hommes, avec ou sans les dieux, finiront bien par construire leur Commune, lui donner des rÚgles convenables et la défendre.

Une fois que les hommes ont reçu le feu, l'Histoire ne finit pas. Elle commence.

AthĂšnes

Pour aller plus loin :

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