Comprendre la structure des frais appliqués par le courtier Trade Republic est essentiel si vous souhaitez l'utiliser pour vos investissements. Y a-t-il des frais cachés ? Quels sont les frais de la carte bancaire de Trade Republic ?
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Bitcoin traverse une période critique : les frais de transaction chutent et les blocs ne sont pas tous pleins. Alors que la sécurité du réseau dépend de ces incitations économiques, la question devient urgente : un modÚle basé uniquement sur les frais est-il viable à long terme ?
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Le trading de contrats perpétuels (ou perpetuals) est aujourd'hui incontournable dans l'écosystÚme crypto. L'une de ses spécificités réside dans le funding rate, un mécanisme souvent méconnu mais essentiel pour comprendre les dynamiques de prix entre le marché des dérivés et le marché spot. Découvrez le fonctionnement du funding rate et ses implications à travers l'exemple de Kraken Pro.
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Les frais sur le réseau Ethereum viennent de tomber à leur niveau le plus bas depuis 2020. En cause : une chute de l'activité, en lien avec la conjoncture économique mondiale. Ce calme pourrait-il annoncer un retournement inattendu ? Un changement pourrait bientÎt relancer la machine : la mise à jour Pectra, attendue pour le 7 mai.
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Bitcoin traverse une phase inhabituelle : mempool vide, frais minimums et faible activitĂ© on-chain. Si cette tendance se prolonge, la viabilitĂ© du rĂ©seau et la rĂ©munĂ©ration des mineurs pourraient ĂȘtre mises Ă lâĂ©preuve. Faut-il y voir un danger ou un simple ajustement passager ?
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LâannĂ©e 2023 dans Bitcoin a Ă©tĂ© marquĂ©e par lâĂ©mergence et le succĂšs des mĂ©taprotocoles Ordinals et BRC-20. Ce ne sont en effet pas les demandes dâETF qui ont animĂ© le plus les discussions au cours de cette annĂ©e, mais la crĂ©ation et lâĂ©change de jetons fongibles et non fongibles (NFT) par lâintermĂ©diaire de ces standards. Cela sâexplique par la vague spĂ©culative ayant eu lieu Ă propos de ces jetons, et par lâencombrement de lâespace de bloc quâelle a entraĂźnĂ©, menant Ă une hausse des frais de transaction considĂ©rable. Une certaine tension sâest installĂ©e et fait ressurgir des questions comme celle de lâutilisation lĂ©gitime du protocole ou celle de la censure. Câest ce dont nous parlerons ici, en guise de rĂ©trospective.
Le protocole Ordinals a Ă©tĂ© conçu par Casey Rodarmor, dĂ©veloppeur reconnu dans la communautĂ© de Bitcoin. Ce protocole permet lâĂ©mission et le transfert de jetons non fongibles, aussi appelĂ©s NFT pour non-fungible tokens. La particularitĂ© de ces « artĂ©facts numĂ©riques » est que toutes leurs donnĂ©es sont inscrites sur la chaĂźne de blocs et quâils sont suivis et transfĂ©rĂ©s via une numĂ©rotation des satoshis par nombres ordinaux, dâoĂč le nom du protocole. CrĂ©er des NFT sur la chaĂźne de BTC Ă©tait dĂ©jĂ possible depuis 2014 par le biais du mĂ©taprotocole Counterparty, mais le contenu liĂ© nâĂ©tait pas conservĂ© sur la chaĂźne.
Cette possibilitĂ© dâinscription, mĂȘme si elle existait antĂ©rieurement sous une forme plus indirecte, a Ă©tĂ© largement facilitĂ©e par la mise Ă niveau Schnorr-Taproot qui sâest produite le 14 novembre 2021. En effet, les inscriptions Ordinals sont rĂ©alisĂ©es au sein dâun script de dĂ©verouillage placĂ© dans le tĂ©moin de la transaction et Ă©crit Ă lâaide de Tapscript. Les inscriptions sont identifiĂ©es Ă lâaide de la structure particuliĂšre du script et en particulier par lâindicateur ord.
Elles bĂ©nĂ©ficient du calcul des frais liĂ© Ă SegWit qui pondĂšre les donnĂ©es du tĂ©moin de façon quatre fois moins importante que les autres donnĂ©es de la transaction. Cette caractĂ©ristique donne a cette mĂ©thode un avantage par rapport au schĂ©ma dâinscription de donnĂ©es NULLDATA, qui utilise lâopĂ©rateur OP_RETURN pour stocker des donnĂ©es dans des sorties « classiques » indĂ©pensables. De plus, le fait de passer par Tapscript permettent Ă ces inscriptions de ne pas ĂȘtre limitĂ©es en taille par les restrictions des scripts classiques : celle des 3,6 ko standards, dont le respect est nĂ©cessaire Ă la bonne diffusion de la transaction sur le rĂ©seau (rĂšgle de mempool), et celle des 10 ko obligatoires, qui doit ĂȘtre respectĂ©e pour lâinclusion dans un bloc (rĂšgle de consensus). La taille dâune inscription Ordinals est donc plafonnĂ©e uniquement par la taille limite des blocs.
Le protocole Ordinals a Ă©tĂ© lancĂ© officiellement le 20 janvier 2023 (UTC). Il a provoquĂ© immĂ©diatement le dĂ©bat, comme en tĂ©moigne lâarticle de Pourtreaux publiĂ© le 25. Le 2 fĂ©vrier, une image de prĂšs de 4 Mo a Ă©tĂ© incluse dans le bloc 774 628, suscitant lâĂ©moi dans la communautĂ©. Il sâagissait dâune image des « Taproot Wizards », dĂ©tournement du mĂšme de la Magic Internet Money contenant notamment les lunettes de soleil usuellement arborĂ©es par Udi Wertheimer, lâun des instigateurs de cette tendance. Le bloc Ă©tait le plus gros bloc jamais minĂ© sur BTC et lâest toujours aujourdâhui.
Ordinals a connu un succÚs fulgurant. Présenté comme une nouveauté, ce modÚle a tout de suite plu aux artistes et aux spéculateurs en tous genres. Son succÚs a été tel que le sujet a été abordé par la presse généraliste, particuliÚrement friande de ce genre de phénomÚne. Mais il a vite été remplacé par un protocole autrement plus viral : la norme BRC-20.
Le succĂšs dâOrdinals a donnĂ© des idĂ©es aux gens. Ăâa Ă©tĂ© le cas du dĂ©veloppeur et analyste domo qui a dĂ©voilĂ© le standard BRC-20 le 9 mars 2023 (UTC). Les jetons BRC-20, appelĂ©s comme tels en rĂ©fĂ©rence Ă la norme ERC-20 prĂ©sente sur Ethereum, sont des jetons fongibles, câest-Ă -dire que chaque unitĂ© du jeton est interchangeable avec une autre.
Le principe du standard BRC-20 est dâinscrire des fichiers JSON sur la chaĂźne afin dâeffectuer des opĂ©rations sur les unitĂ©s de compte. Trois fonctions existent : deploy, qui permet de crĂ©er un nouveau jeton sur le rĂ©seau, mint, qui permet de forger de nouvelles unitĂ©s, et transfer, qui permet de transfĂ©rer les unitĂ©s en notre possession. Chaque jeton a son sigle boursier, son plafond dâunitĂ©s en circulation et sa limite dâĂ©mission par transaction. Ă titre dâillustration, voici le fichier de dĂ©ploiement du jeton ordi (le premier jeton créé par domo lui-mĂȘme et leader actuel du marchĂ© des BRC-20) inscrit le 8 mars dans le bloc 779 832 :
{
"p": "brc-20",
"op": "deploy",
"tick": "ordi",
"max": "21000000",
"lim": "1000"
}
LĂ encore, les jetons fongibles sur Bitcoin ne forment pas quelque chose dâentiĂšrement nouveau. En 2013-2014, on pouvait dĂ©jĂ Ă©mettre et utiliser des piĂšces colorĂ©es, qui ont dâailleurs eu leur petit succĂšs Ă lâĂ©poque, Ă lâinstar des Open Assets de Coinprism, des CoinSpark assets de Coin Sciences, et des Colored Coins de Colu. Les BRC-20 nous rappellent aussi les user currencies quâil Ă©tait possible de crĂ©er sur le protocole Mastercoin (aujourdâhui appelĂ© Omni), dont faisait partie notamment le stablecoin Tether USD (Ă©mis initialement sous le nom de Realcoin en 2014).
Lâavantage de la norme BRC-20 est quâelle est trĂšs simple et quâelle se fonde sur un protocole existant trĂšs Ă la mode. Cependant, elle constitue aussi une piĂštre implĂ©mentation de jetons, non optimisĂ©e. Par exemple, les transferts nĂ©cessitent deux transactions : lâune pour autoriser le transfert par le biais dâun nouveau fichier JSON et lâautre pour effectuer le dĂ©placement des satoshis Ă lâadresse souhaitĂ©e. Il est donc nĂ©cessaire de réécrire Ă chaque fois toutes les donnĂ©es liĂ©es au jeton (lâindicateur ord, le format du fichier, et le fichier lui-mĂȘme) sur la chaĂźne. De plus, des clients dâindexation doivent ĂȘtre dĂ©ployĂ©s pour suivre la distribution des jetons, ce qui est une charge non nĂ©gligeable.
DĂšs le dĂ©but, domo lui-mĂȘme expliquait dans un avertissement prĂ©cĂ©dant la description technique de son protocole :
« Il sâagit uniquement dâune norme expĂ©rimentale amusante dĂ©montrant quâil est possible de crĂ©er des Ă©tats de solde en dehors de la chaĂźne Ă lâaide dâinscriptions. Elle ne doit en aucun cas ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme LA norme pour la fongibilitĂ© sur Bitcoin avec Ordinals, car je pense quâil est trĂšs certainement possible de faire des meilleurs choix de conception et des optimisations. Par consĂ©quent, il sâagit dâune expĂ©rience extrĂȘmement Ă©volutive, et je dĂ©conseille fortement de prendre des dĂ©cisions financiĂšres Ă partir de ce modĂšle. »
domo, brc-20 experiment, 10 mars 2023
La rĂ©elle particularitĂ© des BRC-20 est leur procĂ©dĂ© dâĂ©mission. En effet, les jetons sont forgĂ©s par des transactions Bitcoin, contenant lâinscription liĂ©e Ă lâinstruction mint. Une limite dâĂ©mission par transaction est dĂ©terminĂ©e dĂšs le dĂ©but (pour lâordi il sâagit de 1000 unitĂ©s) ainsi quâun plafond total (21 millions pour lâordi). Nâimporte qui peut donc participer Ă la crĂ©ation initiale des jetons. Une fois quâils ont tous Ă©tĂ© forgĂ©s, il nâest plus possible dâen crĂ©er de nouveaux, Ă moins de modifier la norme BRC-20 elle-mĂȘme.
Cette particularitĂ© donne une certaine raretĂ© aux unitĂ©s et câest ce qui semble plaire. Ă ma connaissance, aucun BRC-20 nâa de cas dâutilisation revendiquĂ©. Il sâagit essentiellement de memecoins servant de support Ă la spĂ©culation.
Comme on le sait, la taille des blocs de BTC est limitĂ©e par un paramĂštre appelĂ© la limite de poids. Le poids dâune transaction est dĂ©fini comme Ă©tant la moyenne pondĂ©rĂ©e de la taille des donnĂ©es de base et de la taille du tĂ©moin contenant les signatures, cette derniĂšre impactant quatre fois moins la mĂ©trique. Le poids dâun bloc est la somme du poids des transactions quâil contient. Le total est limitĂ© Ă 4 millions dâunitĂ©s, ce qui correspond Ă environ 1,8 Mo pour un bloc contenant des transactions « normales » et qui peut aller jusquâĂ 4 Mo pour un bloc incluant des transactions « atypiques ». MĂȘme si cette limite est complexe Ă apprĂ©hender, elle rend lâespace de bloc rare, ce qui peut soumettre les utilisateurs Ă une rude concurrence pour la confirmation de leurs transactions et conduire Ă une hausse significative des frais.
Le succĂšs des Ordinals, et a fortiori des BRC-20, a eu pour effet de remplir lâespace de bloc disponible. DĂšs fĂ©vrier, les inscriptions ont abreuvĂ© les mempools des nĆuds et ont commencĂ© Ă prendre la place des transactions financiĂšres dans les blocs de la chaĂźne. Puis les jetons BRC-20 ont progressivement supplantĂ© les artĂ©facts numĂ©riques au sein des blocs, faisant monter les frais en flĂšche au dĂ©but du mois de mai.
Cette tendance sâexplique par le fonctionnement particulier de ces jetons, dĂ©crit ci-dessus. Ces derniers sont forgĂ©s par les utilisateurs qui publient des transactions : quand leur prix monte sur le marchĂ©, il est rentable de publier de nouvelles transactions pour sâen procurer, ce qui mĂšne in fine Ă un encombrement de lâespace de bloc.
Ainsi, câest la spĂ©culation autour de ces jetons qui est responsable de la montĂ©e record des frais qui a suivi. Cette spĂ©culation a Ă©tĂ© nourrie par le dĂ©ploiement de places de marchĂ©. DĂšs avril, des services dâĂ©change ont commencĂ© Ă Ă©merger, comme Ordswap OTC ou UniSat Marketplace. RelayX, un service de swap fonctionnant sur Bitcoin SV, sâest vite adaptĂ© pour prendre en charge les principaux BRC-20. Puis des plateformes de change reconnues sont rentrĂ©es dans la dance : Gate.io a commencer Ă intĂ©grer les BRC-20 Ă son offre avec lâordi le 8 mai, BitMart lâa fait le 9 mai, OKX le 20 mai et KuCoin le 1er juin. Ă lâautomne, aprĂšs quelques mois dâaccalmie, la tendance est revenue. Câest alors que Binance a listĂ© lâordi le 7 novembre 2023, ce qui a lancĂ© une nouvelle vague spĂ©culative. Le cours du jeton ordi est passĂ© de 0,10 $ en avril Ă prĂšs de 20 $ en mai, puis est redescendu et est remontĂ© pour atteindre 75 $ le 26 dĂ©cembre.
Les frais de transaction sont montĂ©s en consĂ©quence. Ils ont connu un premier pic en mai, mois durant lequel les frais mĂ©dians ont pu atteindre 20 $ par transaction au maximum. Puis une nouvelle hausse Ă eu lieu durant lâautomne, bien plus importante et durable que la prĂ©cĂ©dente, et les frais mĂ©dians ont ainsi effleurĂ© les 25 $ le 16 dĂ©cembre !

Ces Ă©pisodes de hausse de frais ont posĂ© des problĂšmes fondamentaux, non pas en raison de leur niveau mais de leur volatilitĂ©. AprĂšs tout, les frais mĂ©dians gravitaient autour des 50 centimes pendant toute lâannĂ©e, et personne ne sâattendait Ă ce quâils descendent. Câest leur variation brutale qui vient perturber le bon fonctionnement du systĂšme : du jour au lendemain, certains cas dâusage sont anĂ©antis et certaines piĂšces (UTXO) deviennent « indĂ©pensables ».
Ces pĂ©riodes de congestion du rĂ©seau ont Ă©galement montrĂ© les limites des solutions de seconde couche ayant pour but de rĂ©soudre le problĂšme du passage Ă lâĂ©chelle. En effet, les hausses des frais ont perturbĂ© lâusage du rĂ©seau Lightning, en dĂ©cuplant parfois le coĂ»t dâouverture et de fermeture des canaux. Les soldes trop petits et les canaux Ă la capacitĂ© trop faible perdaient leur caractĂ©ristique de minimisation de la confiance, ceux-ci Ă©tant Ă la merci dâune fermeture non coopĂ©rative par un tiers.
Le succĂšs des NFT Ordinals et des jetons BRC-20 a dĂ©clenchĂ© un fort rejet, qui a Ă©tĂ© exprimĂ© sous sa forme la plus extrĂȘme par le dĂ©veloppeur luke-jr, contributeur de longue date Ă Bitcoin Core et mainteneur de lâimplĂ©mentation alternative Bitcoin Knots. En effet, en limitant lâespace de blocs et en faisant augmenter les frais, ces Ă©pisodes ont rĂ©duit lâutilitĂ© de Bitcoin en tant que monnaie, ce qui nâa pas manquĂ© dâattiser les tensions. En raison de leur caractĂšre principalement spĂ©culatif, ces jetons ont Ă©tĂ© qualifiĂ©s de « spam », de « dĂ©ni de service » ou dâ« attaque ». La possibilitĂ© dâinscription a Ă©tĂ© elle appelĂ©e un « bug » et une « vulnĂ©rabilitĂ© ».
Ce rejet a fait naĂźtre la tentation de procĂ©der Ă des actions concrĂštes pour limiter voire supprimer cette activitĂ© jugĂ©e indĂ©sirable. Ces actions prĂ©conisĂ©es ont Ă©tĂ© communĂ©ment appelĂ©es de la censure, mĂȘme si chacune dâentre elles sâappliquait Ă un niveau diffĂ©rent.
La premiĂšre action proposĂ©e Ă©tait le non-relai des transactions contenant des inscriptions Ordinals dans les mempools des nĆuds. Cette proposition sâest matĂ©rialisĂ©e par un « correctif » appelĂ© Ordirespector, publiĂ© par luke-jr le 1er fĂ©vrier pour Bitcoin Core et adaptĂ© pour Umbrel et Citadel deux semaines plus tard. NĂ©anmoins, la mesure sâarrĂȘtait au relai de ces transactions : il sâagissait dâune rĂšgle de gestion pratique, un filtrage au niveau de la mempool du nĆud, et les blocs contenant des inscriptions Ordinals continuaient Ă ĂȘtre acceptĂ©s. Une utilisation gĂ©nĂ©ralisĂ©e de ce « correctif » aurait permis de gĂȘner la diffusion des inscriptions jusquâaux mineurs, sans pour autant lâempĂȘcher totalement : on peut parfaitement imaginer que les mineurs, ayant intĂ©rĂȘt Ă miner ces transactions en raison de leurs frais, auraient pu mettre en place un nĆud public spĂ©cial pour les recevoir.
La deuxiĂšme action prĂ©conisĂ©e et appliquĂ©e a Ă©tĂ© le dĂ©ploiement de ce rejet au sein dâune coopĂ©rative miniĂšre, menant Ă la production de blocs ne contenant pas dâinscription Ordinals. Le dĂ©ploiement a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© au sein de la coopĂ©rative Ocean, lancĂ©e le 28 novembre 2023 par luke-jr et Jack Dorsey (ancien PDG de Twitter), qui se voulait ĂȘtre lâhĂ©ritiĂšre de lâancienne coopĂ©rative Eligius, gĂ©rĂ©e par le mĂȘme luke-jr entre 2011 et 2017. Ocean se basait initialement sur Bitcoin Knots, qui rejetait les inscriptions Ordinals : cela fait que les quelques blocs quâelle a produit en 2023 ne contenaient pas ces inscriptions mais uniquement des « transactions financiĂšres rĂ©elles » (ce qui impliquait tout de mĂȘme les transferts de NFT). De plus, lâimplĂ©mentation limitait aussi les sorties NULLDATA Ă 40 octets de donnĂ©es utiles, de sorte quâelle ignorait aussi dâautres transactions comme les transactions de rĂ©partition (« tx0 ») du service de mĂ©lange Whirlpool de Samourai Wallet. Il sâagit ici dâune censure passive, qui consiste Ă confirmer des transactions selon une logique non strictement Ă©conomique. Depuis le 21 dĂ©cembre cependant, Ocean est revenu sur cette mesure et les hacheurs de la coopĂ©rative peuvent dĂ©sormais choisir la politique quâils appliquent Ă leurs blocs entre trois possibilitĂ©s (Knots, Core + Ordisrespector, Core par dĂ©faut).
Enfin, la troisiĂšme proposition dâaction a Ă©tĂ© celle de procĂ©der Ă un soft fork pour remĂ©dier au problĂšme dâOrdinals, partiellement ou totalement. Ce soft fork aurait Ă©tĂ© appliquĂ© par les mineurs (vraisemblablement) suite Ă la demande dâune partie de lâĂ©conomie. Il sâagissait ni plus ni moins de rĂ©aliser une censure active des transactions contenant des inscriptions, en invalidant les blocs incluant de telles transactions. Ce soft fork aurait pu conduire Ă une scission dans le cas oĂč il nâaurait pas Ă©tĂ© appliquĂ© par la puissance de calcul majoritaire.
Heureusement, un tel soft fork nâa pas eu lieu et il est peu probable quâon en arrive lĂ . Cependant, si cette solution peut paraĂźtre drastique et contraire aux principes de Bitcoin, elle nâest pas impossible et il est toujours enrichissant de voir comment elle peut Ă©merger, y compris au sein de la communautĂ© de Bitcoin elle-mĂȘme. Les gens trouvent toujours des raisons pour vouloir censurer lâautre. Ă titre dâillustration, en janvier 2012, luke-jr avait rĂ©alisĂ© une attaque de censure complĂšte avec sa coopĂ©rative Eligius contre le systĂšme Coiledcoin, qui Ă©tait minĂ© en combinaison avec Bitcoin ; il nâest pas exclus quâil recommence un jour si le besoin sâen fait ressentir.
Les protocoles Ordinals et BRC-20 ont donc marquĂ© lâannĂ©e 2023. Ils ont fait augmenter les frais de maniĂšre drastique et fait surgir des discussions qui ne manqueront pas de rĂ©apparaĂźtre dans les annĂ©es Ă venir. La censure a probablement Ă©tĂ© le sujet central, celle-ci trouvant des partisans plus ou moins zĂ©lĂ©s au sein de la communautĂ©.
Rappelons que lâessence de Bitcoin est la rĂ©sistance Ă la censure. Se proposer de juger quelles transactions sont lĂ©gitimes ou pas en commençant Ă appliquer des mesures, câest sâengager sur une pente savonneuse. MĂȘme si lâentrave de la diffusion sur le rĂ©seau et le filtrage des transactions au sein des blocs ne forment un problĂšme grave, ces actions prĂ©parent le terrain pour une forme de censure autrement plus menaçante : la censure active imposĂ©e par le rĂ©gulateur financier aux diffĂ©rentes coopĂ©ratives conformistes.
Cela Ă©tant dit, ne pas prĂŽner la censure des inscriptions ne veut pas dire quâelles ne doivent pas ĂȘtre critiquĂ©es. Les jetons BRC-20 par exemple sont des objets spĂ©culatifs illustrant la dĂ©gĂ©nĂ©rescence du monde de la cryptomonnaie, dĂ©gĂ©nĂ©rescence qui a pour effet de perturber lâadoption durable et pĂ©renne des commerçants. Ne pas les empĂȘcher ne signifie pas les approuver : tout ce quâun bitcoineur peut faire (si tant est quâil doive faire quelque chose), câest dĂ©courager cette tendance, en lâignorant en premier lieu, puis en expliquant calmement Ă quel point elle est superficielle et sans fondement, et quâelle a vocation Ă tomber dans lâoubli comme tous les autres engouements futiles avant elle. Bitcoin, de son cĂŽtĂ©, survivra.
Polygon (MATIC) fait lâobjet dâune controverse ces derniers jours. Le cofondateur du rĂ©seau, Sandeep Nailwal, a annoncĂ© lâaugmentation des frais de transaction, ce qui nâest pas du goĂ»t de tous les utilisateurs. Le point sur le sujet, et les accusations de centralisation.
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Le syndrome du « fat finger » a encore frappé. Un utilisateur d'Uniswap a payé 36 000 dollars de frais pour autoriser le smart contract de la plateforme à interagir avec son portefeuille. Une approbation qui coûte habituellement entre 10 et 20 dollars.
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