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Lisk arrĂȘtera sa blockchain le 31 octobre 2026 et se rĂ©oriente vers la finance d’entreprise

By: Eva LAURENT —
Lisk prĂ©voit d’arrĂȘter la Lisk Chain le 31 octobre 2026. Le projet entend dĂ©sormais proposer une plateforme de gestion financiĂšre pour les entreprises, tandis qu’une proposition concerne le DAO et les jetons LSK.
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Ethereum renforce ses travaux de sécurité zkEVM avant la révision de décembre

By: Eva LAURENT —
La Fondation Ethereum concentre ses travaux zkEVM sur des garanties cryptographiques mesurables. Le concours better.codes met en évidence un écart encore ouvert pour le profil koalaIRS12 avant une révision annoncée pour décembre.
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La plus grande banque d’IsraĂ«l ouvre ses portes Ă  Bitcoin, Ether et Solana

By: Mikaia A. —
Un homme en costume tient une tablette devant Bank Leumi, entouré du drapeau israélien, Bitcoin, Ethereum, Solana et Galaxy.

La banque israĂ©lienne Leumi s’allie Ă  Galaxy Digital pour lancer en 2027 le trading de Bitcoin, Ether et Solana dans son application.

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JPMorgan renforce massivement ses positions sur le Bitcoin et Ethereum et revient sur le XRP

By: Luc Jose A. —
Un réprésentant de JP Morgan expose la réserve de Bitcoins et d'autres crypto de la banque.

Wall Street profite-t-elle de la volatilitĂ© crypto pour avancer ses pions ? Au deuxiĂšme trimestre 2026, JPMorgan a fortement renforcĂ© son exposition au bitcoin et Ă  Ethereum, tout en renouant avec le XRP. Les derniĂšres dĂ©clarations rĂ©glementaires de la banque rĂ©vĂšlent 355,7 millions de dollars investis dans l’ETF Bitcoin IBIT de BlackRock, ainsi qu’une hausse de 338 % de sa position sur l’ETF Ethereum ETHA. Ce mouvement contraste avec les rĂ©centes sorties de capitaux enregistrĂ©es par les ETF Bitcoin spot et rĂ©vĂšle un dĂ©calage saisissant entre les turbulences de court terme et les choix institutionnels.

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SIMD-0553 : Solana revoit sa grille de frais pour pénaliser les transactions gaspilleuses

By: Ariela R. —
Solana impose un péage aux applications crypto gourmandes en ressources

Solana prépare SIMD-0553 : un changement de frais qui pourrait faire chuter les revenus des validateurs crypto. Tous les détails ici !

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Le fonds souverain de NorvĂšge exposĂ© Ă  l’Ethereum via BitMine

By: Mattis Meichler —

Le plus grand fonds souverain au monde s’expose indirectement Ă  Ethereum. Le fonds norvĂ©gien dĂ©tenait au 30 juin prĂšs de 82 millions de dollars d’actions BitMine, premiĂšre trĂ©sorerie ETH cotĂ©e au monde. Une position qui tĂ©moigne de son exposition croissante Ă  l’écosystĂšme crypto.

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KPMG audite les comptes de Tether et confirme un excédent de réserves de 6,8 milliards de dollars

By: Eddy S. —
Tether obtient enfin un audit complet de KPMG : 6,8 milliards $ d'excédent de réserves confirmés pour l'émetteur du stablecoin USDT.

KPMG vient de confirmer ce que Tether promettait depuis des années : un audit complet, pas une simple attestation. Résultat, 6,8 milliards de dollars d'excédent de réserves avec une opinion sans réserve à la clé. Mais un détail que Paolo Ardoino ne met pas en avant refroidit un peu l'euphorie.

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Face au risque quantique, Ethereum prépare sa défense et revoit ses choix cryptographiques

By: Luc Jose A. —
Un super héros Ethereum protÚge les remparts de son architecture.

La menace quantique pousse Ethereum Ă  revoir ses choix cryptographiques. Poseidon, longtemps envisagĂ©e comme une fonction de hachage adaptĂ©e aux preuves Ă  divulgation nulle de connaissance et Ă  l’ùre post-quantique, vient d’ĂȘtre Ă©cartĂ©e par les chercheurs du rĂ©seau. DerriĂšre ce changement se joue bien plus qu’un choix d’algorithme. Alors Ethereum revoit les fondations cryptographiques de sa future architecture. Une nouvelle approche promet dĂ©sormais de meilleures performances, une auditabilitĂ© renforcĂ©e et une intĂ©gration plus sĂ»re. Reste Ă  comprendre pourquoi Poseidon a perdu la course, quels gains offre son remplaçant et Ă  quel rythme cette transition pourrait atteindre le rĂ©seau.

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Tether annonce (enfin) un audit complet et indépendant mené par KPMG

By: Hugh Bernard —

Le leader mondial des stablecoins Tether est connu pour l’écrasante domination qu’il impose sur ce marchĂ© avec son USDT, mais Ă©galement pour l’opacitĂ© avec laquelle il gĂšre ses rĂ©serves. Une situation qui vient apparemment de changer, suite Ă  un audit complet menĂ© par l’un des « Big Four » amĂ©ricains, KPMG. On fait le point


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Agence publicitaire piratée : des milliers de sites exposés aux vols de cryptos

By: Mattis Meichler —

Le piratage d’Adform, l’un des poids lourds europĂ©ens de la publicitĂ© en ligne, a entraĂźnĂ© la diffusion d’un script malveillant sur des milliers de sites. Celui-ci pouvait remplacer les adresses Bitcoin, Ethereum et TRON copiĂ©es par les internautes afin de dĂ©tourner leurs cryptomonnaies vers les portefeuilles de l’attaquant.

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Ethereum : Le réveil de quatre anciennes baleines ravive les craintes de vente

By: Ghiles A. —
Illustration de baleines Ethereum gĂ©antes surgissant des flots, symbolisant le rĂ©veil d’anciens portefeuilles ETH et les craintes de vente.

Ethereum revient au centre des donnĂ©es on-chain aprĂšs le rĂ©veil de quatre anciennes baleines liĂ©es aux premiers jours du rĂ©seau. Mardi 11 aoĂ»t, un portefeuille Genesis a dĂ©placĂ© 2 680 ETH aprĂšs onze ans d’inactivitĂ©. Cette rĂ©serve, acquise pour environ 830 dollars, valait alors 5,03 millions de dollars. Deux autres portefeuilles avaient dĂ©jĂ  transfĂ©rĂ© 2 000 ETH chacun en juillet. Ces mouvements rapprochĂ©s ravivent les craintes de vente, alors que des fonds longtemps considĂ©rĂ©s comme dormants retrouvent le marchĂ©.

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Ethereum : l’EIP-8363 menace de bouleverser le staking

By: StĂ©phane Daniel —

L’EIP-8363 pourrait rĂ©duire fortement le rendement du staking Ethereum, provoquant une vive opposition avant son examen par les dĂ©veloppeurs.

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Arc : Circle mise sur un front institutionnel avant le mainnet

By: StĂ©phane Daniel —

Circle prĂ©pare le mainnet d’Arc avec onze validateurs institutionnels et un Ă©cosystĂšme DeFi, avant l’ouverture publique du 16 septembre 2026.

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La mystique de Michael Saylor

By: Ludovic Lars —

Michael Saylor, le PDG de Microstrategy, est devenu extrĂȘmement populaire au sein de la communautĂ© de Bitcoin au cours des annĂ©es. Comme je l’ai expliquĂ© dans le premier article de ce diptyque, il a su se faire une place parmi les bitcoineurs, passant dans des podcasts Ă  large audience, intervenant lors des grandes confĂ©rences, attirant l’attention des mĂ©dias spĂ©cialisĂ©s — si bien qu’il est devenu, en quelque sorte, une Ă©gĂ©rie de la monnaie orange.

MalgrĂ© tout, cette fascination gĂ©nĂ©rale pour le personnage m’a profondĂ©ment surpris. Je trouvais en effet mystĂ©rieux que des gens qui aimaient sincĂšrement Bitcoin, c’est-Ă -dire au-delĂ  du simple gain financier, puissent prendre cet homme au sĂ©rieux. Je m’opposais Ă©videmment Ă  ses prises de position les plus pĂ©remptoires, exprimĂ©es dans certains courts extraits d’entrevues que j’avais entendus Ă  contrecƓur. Et pourtant, n’ayant jamais fait l’effort d’écouter ses longues interventions, je me persuadais que sa perspective sur la monnaie et sur Bitcoin devait prĂ©senter des qualitĂ©s insoupçonnĂ©es ; qu’elle Ă©tait semblable Ă  la pensĂ©e de Saifedean Ammous qui, malgrĂ© ses dĂ©fauts, avait le mĂ©rite de ne pas nier en bloc la proposition de valeur de l’argent liquide Ă©lectronique.

C’est pour combler ce manque de connaissance sur le discours saylorien que j’ai lu, il y a peu, The Treasury of Michael Saylor1. Il s’agit d’une anthologie publiĂ©e en 2025 qui compile les paroles les plus marquantes de Saylor prononcĂ©es dans des podcasts ou des confĂ©rences. Le contenu a Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ© et rĂ©organisĂ© par l’investisseur et Ă©ducateur Anil Patel, dĂ©jĂ  auteur d’un Manuel du Bitcoin en 2023.

Ma premiĂšre impression, en parcourant ce livre, a Ă©tĂ© un sentiment de vide. Certes, le texte provenait d’interventions orales, et il fallait par consĂ©quent s’attendre Ă  ce que le message de fond soit dissĂ©minĂ© au fil de l’eau. Mais il m’a semblĂ© que la pensĂ©e profonde de Saylor sur Bitcoin (censĂ©e ĂȘtre mise en Ă©vidence dans cette compilation) Ă©tait peu cohĂ©rente, parfois dĂ©nuĂ©e de sens, voire complĂštement improvisĂ©e
 Lorsqu’il reste dans son domaine d’expertise, Ă  savoir la finance et la gestion d’entreprise, le PDG amĂ©ricain fait preuve de pertinence et peut nous enseigner des choses. En revanche, son discours sur la cryptomonnaie s’apparente Ă  du technobabillage : il utilise un pseudo-langage technique pour vendre ses produits, n’ayant en rĂ©alitĂ© qu’une maigre connaissance du fonctionnement du protocole Bitcoin2.

MalgrĂ© ce qu’il dĂ©sire afficher, Saylor n’est pas un ingĂ©nieur ou un idĂ©ologue ; c’est un magicien. Il se sert d’un flou artistique pour crĂ©er une sorte d’aura autour de lui, source de son charisme. Tel un numĂ©rologue de la kabbale, il joue avec les chiffres pour stupĂ©fier son public3. Tel un alchimiste, il transforme la crĂ©dulitĂ© des gens en actifs sur le bilan financier de sa sociĂ©tĂ©.

Le saylorisme n’est donc pas vraiment une doctrine solidement dĂ©finie, mais bien plutĂŽt une mystique, Ă  savoir un « systĂšme d’affirmations se rapportant Ă  un objet [
] auquel on attribue une sorte de vertu magique ». Et force est de constater que cette mystique saylorienne fascine les foules. C’est pourquoi il me semble essentiel de la dĂ©crypter ici, non pas pour prouver que l’homme est stupide et qu’il raconte n’importe quoi, mais pour montrer que l’esprit de ses propos est indubitablement antithĂ©tique Ă  ce que Bitcoin reprĂ©sente.

Une vision prométhéenne de la vie

La mystique saylorienne semble compliquĂ©e par ses circonvolutions, mais elle s’éclaircit une fois qu’on comprend la logique qui la sous-tend. En particulier, elle s’appuie sur un courant philosophique trĂšs ancien qui rencontre de plus en plus de succĂšs de nos jours. Ce courant, c’est le promĂ©thĂ©isme, pour lequel la technologie est une force libĂ©ratrice qui permet aux individus de s’émanciper de leur condition. Il tire son nom du titan de la mythologie grecque PromĂ©thĂ©e, qui aurait dĂ©robĂ© le feu sacrĂ© aux dieux de l’Olympe pour en faire don aux hommes, leur enseignant par ce biais l’intĂ©gralitĂ© des arts et des techniques, et qui aurait Ă©tĂ© condamnĂ© par Zeus Ă  la torture perpĂ©tuelle en consĂ©quence Ă  cet acte4.

PromĂ©thĂ©e apportant le feu Ă  l’humanitĂ©, tableau (recadrĂ©) de Heinrich FĂŒger, 1817.

Michael Saylor adhĂšre tout Ă  fait Ă  cette conception de la vie, voyant d’un bon Ɠil l’accroissement des moyens techniques. Et cette perspective se manifeste dans sa vision de Bitcoin. Par exemple, il considĂšre que le progrĂšs de la civilisation a dĂ©coulĂ© dans l’histoire de sa capacitĂ© Ă  canaliser l’énergie — de la domestication du feu Ă  la maitrise de la fission nuclĂ©aire, en passant par l’exploitation du pĂ©trole — et que la cryptomonnaie comme une amĂ©lioration de cette capacitĂ©.

Saylor va ainsi jusqu’à comparer directement Satoshi Nakamoto, le crĂ©ateur de Bitcoin, au titan PromĂ©thĂ©e. Pour lui, Satoshi a « offert un cadeau » au monde en mettant au point son systĂšme, et doit par consĂ©quent ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un demi-dieu. Il dit ouvertement :

« Satoshi est une figure spirituelle au sein de la communautĂ© Bitcoin ; il est l’équivalent de PromĂ©thĂ©e. PromĂ©thĂ©e nous a donnĂ© le feu ; Satoshi nous a donnĂ© la monnaie. Bitcoin est la premiĂšre monnaie parfaite de l’histoire de l’humanitĂ©. »

Au-delĂ  de cette rĂ©vĂ©rence envers PromĂ©thĂ©e, Saylor s’inspire de pensĂ©es qui sont trĂšs clairement promĂ©thĂ©ennes dans leur nature. La mystique saylorienne s’incrit ainsi dans l’objectivisme, philosophie de la romanciĂšre libĂ©rale Ayn Rand, qui exalte l’hĂ©roĂŻsme, l’égoĂŻsme rationnel et l’entrepreneuriat capitaliste. Le promĂ©thĂ©isme transparait clairement dans les Ɠuvres de l’autrice, oĂč on retrouve des rĂ©fĂ©rences directes au titan5.

Le PDG de MicroStrategy a particuliĂšrement Ă©tĂ© marquĂ© par La GrĂšve, roman publiĂ© en 1957 aux États-Unis sous le titre Atlas Shrugged. Ce livre met en scĂšne des ingĂ©nieurs qui font sĂ©cession de la collectivitĂ© socialiste sclĂ©rosĂ©e dont ils supportent la charge, en se rĂ©unissant dans le « Canyon de Galt », une vallĂ©e situĂ©e au milieu des montagnes Rocheuses et dissimulĂ©e par un dispositif technique de rĂ©fraction lumineuse. Saylor, lors de son discours inaugural au gala annuel de l’Atlas Society6 en 2022, a ainsi rendu hommage Ă  l’Ɠuvre :

« Les histoires d’Ayn Rand traitent de la lutte de l’individu contre le collectif, et elles sont captivantes. Quand j’ai lu La GrĂšve pour la premiĂšre fois, je n’ai pas pu lĂącher le livre. J’y ai consacrĂ© 12 heures par jour, puis 14, et puis 16. La nature humaine ne change pas : cette lutte existait il y a 100 000 ans ; elle existe encore aujourd’hui. Ce qui change, c’est la technologie. »

Michael Saylor lors de son discours inaugural au gala annuel de l’Atlas Society en 2022 (source : The Atlas Society)

Enfin, Michael Saylor a aussi Ă©tĂ© largement influencĂ© par l’auteur de science-fiction Robert Heinlein, qui est connu pour avoir Ă©crit Starship Troopers et dont la vision du monde est proche du promĂ©thĂ©isme7. Le PDG de MicroStrategy en a lu tous les romans, dont RĂ©volte sur la Lune (1966) qu’il a dĂ©clarĂ© ĂȘtre « l’un de ses livres prĂ©fĂ©rĂ©s ». Ce dernier livre raconte la guerre d’indĂ©pendance menĂ©e par la colonie lunaire de Luna contre la Terre, qui est remportĂ©e Ă  l’aide d’un systĂšme balistique gĂ©rĂ© par une intelligence artificielle (nommĂ©e Mike). Heinlein y prĂ©sente des idĂ©es trĂšs libertariennes : on y retrouve notamment l’adage selon lequel « un repas gratuit ça n’existe pas8 », c’est-Ă -dire que la plupart des choses prĂ©sentĂ©es comme « gratuites » sont en rĂ©alitĂ© payĂ©es par quelqu’un d’autre, comme les services publics. Et Ă  nouveau il y a cette idĂ©e que la maitrise technique permet de retrouver sa libertĂ© en faisant sĂ©cession.

Pour Michael Saylor, Bitcoin correspond ainsi trĂšs exactement au projet promĂ©thĂ©en, ce que des bitcoineurs hellĂ©nisants ont remarquĂ© bien avant lui, comme Andreas Antonopoulos (dĂšs 2013) ou Jacques Favier. Mais contrairement Ă  Antonopoulos, Saylor a son interprĂ©tation particuliĂšre de la façon dont Bitcoin doit libĂ©rer le monde du joug de Zeus


L’énergie et la thermodynamique

ConformĂ©ment Ă  sa philosophie promĂ©thĂ©enne et Ă  son court passĂ© d’ingĂ©nieur, Michael Saylor voit le monde sous l’angle de la science et de la thermodynamique. La notion d’énergie, qui est centrale en physique, revient constamment dans son discours, y compris concernant la cryptomonnaie. Entre autres, il considĂšre que le bitcoin constitue de l’« énergie numĂ©rique », Ă  l’instar de l’acier qui est une « forme mĂ©tallique d’énergie » et du pĂ©trole qui reprĂ©sente une « forme liquide d’énergie ».

Cette affirmation est plus une image qu’autre chose, car le bitcoin n’a aucun lien direct avec l’énergie. Certes, le rĂ©seau est sĂ©curisĂ© par un procĂ©dĂ© impliquant une consommation d’électricitĂ© dans le monde rĂ©el ; mais l’unitĂ© de compte n’a jamais Ă©tĂ© adossĂ©e d’une quelconque maniĂšre Ă  l’énergie consommĂ©e pour la crĂ©er. Satoshi Nakamoto avait d’ailleurs dĂ©jĂ  rĂ©futĂ© cette idĂ©e Ă  son Ă©poque, expliquant que le bitcoin n’était pas « stable par rapport Ă  l’énergie ».

Bien entendu, on pourra argĂŒer que cette mĂ©taphore permet d’expliquer les bonnes propriĂ©tĂ©s monĂ©taires que les marchandises possĂšdent habituellement en tant que produits standardisĂ©s (et que le bitcoin prĂ©sente). Sauf qu’elle prend une place prĂ©pondĂ©rante dans ses propos, et qu’elle justifie toutes les aberrations. Par exemple, Saylor considĂšre qu’il ne peut pas y avoir de monnaie sans dĂ©pense Ă©nergĂ©tique et que (faisant Ă©cho au bon mot du banquier J. P. Morgan sur l’or) tout le reste constitue du crĂ©dit. Pour lui :

« Une monnaie sans Ă©nergie, c’est du crĂ©dit. Des marchandises sans Ă©nergie, ce sont des bons d’achat. Dans le cyberespace, un objet sans Ă©nergie est une reprĂ©sentation. Si on a un objet et qu’il n’y a pas d’énergie, c’est comme l’ombre dans la caverne de Platon. Une personne sans Ă©nergie est un fantĂŽme. »

Dans ce cadre, seul le bitcoin peut constituer une rĂ©elle monnaie numĂ©rique, car la monnaie des banques centrales ne nĂ©cessite aucun travail pour ĂȘtre produite9. L’invocation de l’énergie sert Ă  lĂ©gitimer Bitcoin en tant que futur fondement du systĂšme Ă©conomique10.

Michael Saylor se repose aussi beaucoup sur la thermodynamique, et sur les trois lois qui la composent : la conservation de l’énergie, la croissance inĂ©luctable de l’entropie et l’émergence de structures auto-dissipatives. Dans son discours, il assimile Bitcoin Ă  un systĂšme physique stable, insensible aux perturbations extĂ©rieures. Cette allĂ©gorie l’amĂšne Ă  prĂ©senter la hausse du prix du bitcoin comme une nĂ©cessitĂ© quasi scientifique. Il explique que miser sur le bitcoin Ă©quivaut Ă  placer son argent sur le second principe de la thermodynamique, et donc que c’est un pari sĂ»r :

« Quand on place son argent Ă  la banque et qu’on le garde sous forme de monnaie fiduciaire, on le prĂȘte Ă  un État. Quand on investit son argent dans une action, on le prĂȘte Ă  l’équipe de direction d’une entreprise. Quand on met son argent dans un immeuble, on le prĂȘte au maire d’une ville. Quand on utilise son argent pour acquĂ©rir une Ɠuvre d’art, on le prĂȘte et on l’investit dans une culture. Quand on achĂšte effectivement du bitcoin, on prĂȘte son argent aux seigneurs de l’Entropie et aux dieux du Chaos. Sur quoi parie-t-on ? On parie que le chaos surpassera les villes, les entreprises, les pays et les cultures. »

Une certaine conception de l’inflation

Toute la dĂ©marche de Michael Saylor vis-Ă -vis de Bitcoin est, comme on l’a vu dans le premier article de ce diptyque, de parvenir Ă  conserver sa richesse malgrĂ© les Ă©vĂšnements extĂ©rieurs. Et l’un des Ă©lĂ©ments qui l’ont amenĂ© Ă  la cryptomonnaie est la menace de la hausse gĂ©nĂ©ralisĂ©e des prix, ou la baisse de la valeur de la monnaie courante, alias l’inflation. Toutefois, il a une conception particuliĂšre de ce phĂ©nomĂšne.

D’abord, il dĂ©finit l’inflation comme un « vecteur » et pas un « scalaire », une maniĂšre mathĂ©matique de dire qu’il s’agit d’une variation Ă  plusieurs dimensions. Comme il l’explique :

« Lorsqu’on imprime plus d’argent, l’inflation ne se rĂ©partit pas de façon uniforme. On ne peut pas vraiment la rĂ©duire Ă  un simple chiffre ; il s’agit plutĂŽt d’un vecteur. »

Il est en effet incorrect de rĂ©sumer l’inflation Ă  un seul paramĂštre, comme le fait le monde officiel avec l’indice des prix Ă  la consommation (IPC), qui prend en compte le prix moyen d’un panier de marchandises. Le prix des pommes varie diffĂ©remment de celui des composants informatiques ou de celui du logement dans une grande ville. De cette maniĂšre, l’inflation rĂ©elle est largement sous-estimĂ©e, ce qui est une aubaine pour ceux qui sont proches de l’émission de nouvelle monnaie.

LĂ  oĂč Saylor pĂšche dans son analyse, c’est lorsqu’il assimile le gonflement des prix Ă  la crĂ©ation monĂ©taire. À ses yeux en effet, « la monnaie courante perd 7 % de sa valeur par an », chiffre qui correspond au taux annualisĂ© d’émission monĂ©taire dans les pays occidentaux et Ă  l’augmentation moyenne du S&P500, l’un des trois principaux indices boursiers amĂ©ricains. Par consĂ©quent, pour lui, « si on gagne moins de 7 % sur ses investissements, on s’appauvrit ».

Saylor fait ainsi abstraction de la croissance Ă©conomique, qui compense en partie la perte de pouvoir d’achat qui aurait lieu si la richesse totale restait la mĂȘme. Certes, les banquiers centraux profitent largement de leur statut d’émetteur, mais ça ne veut pas dire que l’émission de nouvelle monnaie se rĂ©percute toujours sur les prix. Dans l’hypothĂšse oĂč on crĂ©erait Ă  la fois deux fois plus d’argent et deux fois plus de biens et services dans une Ă©conomie, les prix resteraient Ă  peu prĂšs les mĂȘmes.

Cette erreur tĂ©moigne nĂ©anmoins d’une chose importante chez Michael Saylor : sa mentalitĂ© de compĂ©titeur. On devine qu’il estime, en un sens, que stagner c’est rĂ©gresser. Sa philosophie correspond Ă  une transcription en Ă©conomie de l’hypothĂšse de la Reine rouge, hypothĂšse biologique qui postule que l’évolution permanente d’une espĂšce est nĂ©cessaire pour maintenir son aptitude face aux Ă©volutions des espĂšces avec lesquelles elle coĂ©volue11. Saylor se trouve dans un monde effrĂ©nĂ© oĂč il faut sans cesse progresser pour ne pas se faire distancer par les autres. Il veut non seulement prĂ©server sa richesse, mais aussi son rang dans la sociĂ©tĂ©.

Le bitcoin comme capital numérique

Le capital est un bien qu’on emploie Ă  la production d’un autre bien. Lorsqu’il s’agit d’une somme d’argent, il faut que l’investissement de cette somme gĂ©nĂšre un intĂ©rĂȘt. Le capital est de cette maniĂšre une façon de crĂ©er de la valeur. Et il constitue ainsi un atout majeur pour conserver sa position Ă©conomique.

Michael Saylor a une conception multiple de Bitcoin. À ses yeux, ce n’est pas une monnaie courante (currency) qui serve de moyen de paiement dans la vie de tous les jours ; il rĂ©serve cette fonction au dollar et Ă  ses dĂ©rivĂ©s. C’est, en revanche, Ă  la fois un genre de marchandise, un type de propriĂ©tĂ©, une forme d’énergie et, surtout, une sorte de capital. Il pense que le bitcoin constitue du capital numĂ©rique vouĂ© Ă  gĂ©nĂ©rer un revenu qui ressemble Ă  un intĂ©rĂȘt, issu de son apprĂ©ciation en prix qu’il estime ĂȘtre de 29 % par an, et ceci pour toujours.

RĂ©plique emblĂ©matique de Michael Saylor Ă  Laura Shin : « Ça va monter pour toujours, Laura  » (source : Youtube)

Selon lui, l’achat de bitcoins est un jeu Ă  somme positive contrairement aux jeux d’argent : « Bitcoin est le seul jeu du casino oĂč l’on peut tous gagner. » De cette maniĂšre, une baisse est un contretemps, voire mĂȘme une opportunitĂ©. Dans son esprit, la volatilitĂ© est en effet un signe de vitalité ; plus encore, c’est « un cadeau fait aux fidĂšles ».

Cette conviction presque mĂ©canique dans la rente perpĂ©tuelle issue du bitcoin l’amĂšne logiquement Ă  prĂ©coniser non seulement d’en acheter, mais aussi d’emprunter de l’argent pour en acheter. Il le dit clairement :

« Ce qu’on veut, c’est emprunter de l’argent pour une durĂ©e de 10 ans ou plus, et on aimerait obtenir un taux d’intĂ©rĂȘt infĂ©rieur Ă  10 %. [
] Si on a eu l’intelligence de contracter un crĂ©dit immobilier sur 30 ou 20 ans Ă  3 ou 4 % pour acheter du bitcoin, on est un gĂ©nie de la finance. Ce n’est pas compliqué : on Ă©change un coĂ»t du capital de 3 ou 4 % contre un rendement de 29 % sur ce capital. »

Saylor considĂšre que l’invention de Bitcoin a ouvert une brĂšche dans le systĂšme financier traditionnel. Par l’intermĂ©diaire de l’effet de levier, n’importe qui peut ainsi profiter des avantages de l’ancien monde reposant sur la monnaie fiat et le crĂ©dit, tout en ayant un pied dans le nouveau monde reposant sur le « capital numĂ©rique ». Il s’agit de la thĂšse d’investissement derriĂšre l’activitĂ© de MicroStrategy (renommĂ©e Strategy₿ depuis lors), qui s’est endettĂ©e considĂ©rablement pour se construire un trĂ©sor en bitcoins reprĂ©sentant 55 milliards de dollars aujourd’hui.

Toutefois, cette conception du bitcoin comme capital est un sophisme Ă©conomique. Peu importe combien de fois Saylor le rĂ©pĂšte, le bitcoin n’a rien d’un capital : c’est une monnaie de base. Sa premiĂšre monĂ©tisation a certes provoquĂ© une rĂ©guliĂšre croissance du prix (au rythme des diffĂ©rents halvings), mais le pouvoir d’achat du bitcoin n’a aucune raison d’augmenter comme il l’a fait par le passĂ©. À terme, il se stabilisera, et seule la « dĂ©flation naturelle » persistera. Comme l’expliquait Satoshi Nakamoto Ă  son Ă©poque :

« Les bitcoins ne rapportent aucun dividende et n’offrent aucune perspective de dividende futur ; ils ne s’apparentent donc pas Ă  des actions. Ils ressemblent plus Ă  des objets de collection ou Ă  des marchandises. »

Michael Saylor est un homme insensĂ© qui a bĂąti sa maison sur du sable, dont les fondations s’effondreront lorsque la tempĂȘte arrivera. Comme pendant la bulle Internet, il mise tout sur l’engouement suscitĂ© par son charisme ; une fois l’envoutement dissipĂ©, la chute sera vertigineuse.

La conservation personnelle et confidentielle

Un autre Ă©lĂ©ment de la mystique saylorienne est la position ambigĂŒe entretenue Ă  l’égard de la conservation personnelle (self-custody) et de la confidentialitĂ© (privacy). Saylor prĂ©tend respecter ces valeurs, mais dans les faits ne prend jamais leur parti : ni en paroles, ni en actes.

D’une part, il est naturellement partisan de l’intermĂ©diation par les institutions financiĂšres. Son discours est le symptĂŽme du retournement qui s’est lentement fait depuis la publication du livre blanc en 2008. Dans la premiĂšre phrase du document fondateur, Satoshi Nakamoto rĂ©sumait la raison d’ĂȘtre de Bitcoin Ă  la possibilitĂ© pour les paiements en ligne « d’ĂȘtre envoyĂ©s directement d’une partie Ă  l’autre sans passer par une institution financiĂšre ». Aujourd’hui, les grands financiers comme Michael Saylor et Larry Fink prĂŽnent une conservation par l’intermĂ©diaire d’une institution, relĂ©guant la conservation personnelle au second plan.

On peut supposer que Saylor est de bonne foi, croyant que Bitcoin ne peut plus ĂȘtre attaquĂ© frontalement. Ainsi, lorsque la podcasteuse nĂ©ozĂ©landaise Madison Malone lui parle de la possibilitĂ© d’une confiscation des bitcoins par les autoritĂ©s (comme l’Ordre exĂ©cutif 6102 l’avait fait pour l’or aux États-Unis en 1933), il qualifie cet argument de « mythe » et de « cliché » propagĂ© par les « crypto-anarchistes paranoĂŻaques ». De plus, il rejette la faute sur ces derniers jugeant qu’ils accroissent le risque de saisie par leur existence mĂȘme, car ils « nient l’autoritĂ© de l’État », « refusent de payer des impĂŽts » et « ne respectent pas les obligations dĂ©claratives ». Il prĂ©cise :

« En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, le risque est plus Ă©levĂ© lorsqu’on considĂšre que ceux qui dĂ©tiennent l’actif sont des entitĂ©s privĂ©es non rĂšglementĂ©es. En revanche, quand ce sont des entitĂ©s rĂšglementĂ©es cotĂ©es en bourse comme BlackRock, Fidelity, JP Morgan et State Street Bank qui dĂ©tiennent l’actif, [
] il est impossible que l’intĂ©gralitĂ© des sĂ©nateurs et des dĂ©putĂ©s saisissent les actifs de Fidelity, BlackRock ou Vanguard, car c’est lĂ  que sont placĂ©s tous leurs fonds de retraite. »

D’autre part, Michael Saylor s’oppose complĂštement Ă  la confidentialitĂ© sur la chaine de Bitcoin, qui est pourtant un Ă©lĂ©ment essentiel de la cryptomonnaie12, le rĂ©servant aux rĂ©seaux construits en surcouche. Il explique ainsi :

« Si Bitcoin consacrait toute son Ă©nergie Ă  dĂ©velopper sa confidentialitĂ© et qu’il se faisait connaitre comme un rĂ©seau offrant l’anonymat le plus total, ça risquerait de lui ĂȘtre prĂ©judiciable. En effet, il ne faudrait pas que l’État fĂ©dĂ©ral amĂ©ricain considĂšre que Bitcoin offre une confidentialitĂ© totale : Ă  ce moment-lĂ , il deviendrait l’outil parfait pour le blanchiment d’argent, serait considĂ©rĂ© comme un ennemi, et devrait ĂȘtre arrĂȘtĂ©. [
] Il n’y a aucune chance que cent mille milliards de dollars affluent dans le bitcoin si son utilisation va directement Ă  l’encontre des intĂ©rĂȘts d’un État qui y participe. On ne souhaite pas ĂȘtre aussi efficace. »

Saylor a confirmĂ© cette position en 2024 en restant silencieux vis-Ă -vis de l’arrestation des fondateurs de Samourai Wallet par l’État fĂ©dĂ©ral amĂ©ricain. Ces derniers proposaient une solution de mĂ©lange de piĂšces, appelĂ©e Whirlpool, qui permettait aux utilisateurs d’accroitre la confidentialitĂ© de leurs bitcoins. Elle servait Ă  des particuliers soucieux de leur vie privĂ©e, mais aussi (Ă©videmment) Ă  des criminels purs et simples. Les fondateurs de Samourai Wallet — par leur dĂ©sobĂ©issance informelle, puis par leur arrestation et leur condamnation — ont, en quelque sorte, Ă©tĂ© des martyrs de la libertĂ© financiĂšre : ils ont tĂ©moignĂ© qu’il Ă©tait possible d’avoir une utilisation souveraine de Bitcoin.

Mais Saylor ne mange pas de ce pain-lĂ . Il veut gagner au change, au sens le plus matĂ©rialiste du terme, ce qui implique de ne surtout pas se sacrifier. Lors de son discours inaugural au gala annuel de l’Atlas Society, il exprime nettement ne pas vouloir ĂȘtre un martyr, mais un gagnant. Ainsi, il ne fera probablement jamais d’effort pour favoriser cet aspect de Bitcoin pourtant essentiel.

L’essaim de frelons

Comme nous l’avons vu, Michael Saylor n’est pas avare de mĂ©taphores, et la mystique saylorienne regorge de ce fait d’images en tous genres. L’une des plus frappantes de ces images est celle de l’essaim de frelons cybernĂ©tiques, qu’il a longtemps mise en avant sur Twitter et qu’il a Ă©voquĂ©e Ă  plusieurs occasions. Elle lui est venue le 18 septembre 2020, Ă  la suite d’une « rĂ©vĂ©lation » Ă  propos de Bitcoin. Il s’est alors prĂ©cipitĂ© sur le rĂ©seau social pour Ă©crire la phrase suivante :

« Bitcoin est un essaim de frelons cybernĂ©tiques au service de la dĂ©esse de la sagesse, se nourrissant du feu de la vĂ©ritĂ©, devenant exponentiellement plus intelligent, plus rapide et plus fort Ă  l’abri d’une muraille d’énergie cryptĂ©e13. »

On peut croire qu’il rendait par lĂ  une sorte d’hommage poĂ©tique Ă  Bitcoin et Ă  sa communautĂ© mais, comme il l’a ensuite expliquĂ©, il Ă©tait trĂšs sĂ©rieux. En effet, il ne voit pas cette image comme une « mĂ©taphore amusante » ; pour lui, « c’est littĂ©ralement un essaim de frelons cybernĂ©tiques qui ne cessent de gagner en puissance, qu’on ne peut pas Ă©liminer, [
] qui vont devenir de plus en plus intelligents, puissants et rapides », et qui « finiront par dĂ©vorer ceux qui tenteront de les arrĂȘter ». C’est le systĂšme immunitaire du rĂ©seau, qui garantit son antifragilité :

« L’antifragilitĂ© de Bitcoin rĂ©sulte donc du fait que tous les acteurs de l’écosystĂšme ressentent pareillement la mĂȘme douleur. Si le cours du bitcoin baisse, chaque dĂ©tenteur de bitcoin le ressent. Si Bitcoin est piratĂ© et tombe Ă  zĂ©ro, chaque utilisateur de Bitcoin perd toute son Ă©nergie vitale. Nous formons une sorte de ruche, oĂč nous sommes tous intimement liĂ©s les uns aux autres. Et lorsqu’une douleur est infligĂ©e, elle se propage trĂšs rapidement Ă  travers tout l’écosystĂšme. L’information circule Ă  toute vitesse. »

Illustration gĂ©nĂ©rĂ©e par IA reprise par Michael Saylor pour illustrer son tweet sur les frelons cybernĂ©tiques (source : Atlas Hodl’d sur Twitter)

Cependant, cette mĂ©taphore interpelle quelque peu. L’image de l’essaim, qui symbolise le caractĂšre inĂ©luctable d’une force dĂ©centralisĂ©e, n’est pas vraiment rassurante, et sonne mĂȘme comme une menace aux oreilles non averties. Saylor le sait : il connait la terreur qu’inspire cette image, qui est par ailleurs trĂšs ancienne14. Dans un podcast ultĂ©rieur, il affirme ainsi (dans une discussion sur la technologie militaire) que « ce qu’il y a de plus terrifiant » n’est pas « une crĂ©ature qui nous attaque » ou encore « une armĂ©e », mais « un essaim de frelons bioniques ».

De plus, et c’est lĂ  un Ă©lĂ©ment Ă©nigmatique, la mĂ©taphore de l’essaim de frelons avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© utilisĂ©e en relation Ă  Bitcoin par le passĂ©, et ceci par nul autre que Satoshi Nakamoto lui-mĂȘme ! En dĂ©cembre 2010, ce dernier se dĂ©solait de l’attention que WikiLeaks avait attirĂ© sur Bitcoin, estimant que Bitcoin n’était qu’une « petite communautĂ© expĂ©rimentale encore naissante ». Dans son avant-dernier message public sur le forum, il Ă©crivait :

« Il aurait Ă©tĂ© bon d’attirer cette attention dans un tout autre contexte. WikiLeaks a donnĂ© un coup de pied dans le nid de frelons, et l’essaim se dirige maintenant vers nous. »

Par l’essaim de frelons, il dĂ©signait l’ensemble de l’appareil institutionnel, constituĂ© des responsables politiques, des reprĂ©sentants parlementaires, des magistrats, des chefs de police, des journalistes des grands mĂ©dias, etc. Ainsi, il en avait une apprĂ©ciation nĂ©gative. Si Saylor vĂ©nĂšre les frelons, Satoshi les craignait profondĂ©ment. Et le fait que le premier ait inconsciemment rĂ©pondu au second une dĂ©cennie plus tard en dit long sur l’évolution de Bitcoin au cours de cette pĂ©riode.

« Bitcoin est destiné à tous »

L’implication dans Bitcoin des financiers de la Silicon Valley et de Wall Street Ă  partir de 2013 a fait grincer des dents dans la communauté : pour un certain nombre de membres historiques, cette intrusion n’était pas de bonne augure, et allait faire perdre Ă  la cryptomonnaie son caractĂšre rebelle. D’oĂč les rĂ©actions Ă©pidermiques qui s’en sont suivies. En juin 2018, par exemple, CĂžbra (le gestionnaire du site Bitcoin.org) appelait sur Twitter Ă  « repousser loin de Bitcoin ces porcs de capital-risqueurs Ă©tatistes venus de la Silicon Valley, de peur qu’ils en fassent un nouvel outil au service de l’élite mondialiste ». Toutefois, une part grandissante des bitcoineurs voyait dans cette ouverture une Ă©volution naturelle et inĂ©luctable du secteur, nĂ©cessaire pour que l’adoption de Bitcoin se diffuse au grand public. L’influenceur Vortex rĂ©pondait ainsi Ă  CĂžbra :

« Bitcoin est un mouvement pacifique qui rendra la monnaie fiat obsolĂšte ; il n’y a pas lieu de dĂ©tester tous les capital-risqueurs, car beaucoup d’entre eux sont honnĂȘtes. Bitcoin est destinĂ© Ă  tous ceux qui souhaitent l’utiliser, et pas seulement aux anarchistes. »

Cette idĂ©e s’est rapidement transformĂ©e en formule — « Bitcoin is for everyone », que nous traduisons ici par « Bitcoin est destinĂ© Ă  tous » — qui a servi Ă  lĂ©gitimer l’inclusion des financiers. De nombreux faiseurs d’opinion l’ont invoquĂ©e, dont entre autres StopAndDecrypt (alias Beautyon), Parker Lewis, Cory Klippsten et MrHodl15. Une expression apparentĂ©e est Ă©galement apparue en 2018 sous la plume de Pierre Rochard pour signifier que le systĂšme est ouvert Ă  tout le monde, y compris aux adversaires idĂ©ologiques et gĂ©opolitiques : « Bitcoin est destinĂ© aux ennemis ».

L’idĂ©e a ensuite Ă©tĂ© reprise par Michael Saylor lui-mĂȘme, qui a fait sienne la maxime « Bitcoin is for everyone » en l’utilisant comme titre de sa prĂ©sentation Ă  Bitcoin Atlantis en mars 2024. Il concluait son intervention par les paroles suivantes (qui lui ont valu une standing ovation du public) :

« La transformation numĂ©rique du capital, de l’énergie et de la propriĂ©tĂ© permet Ă  chaque individu, chaque famille, chaque entreprise, chaque État et chaque mouvement de tirer le meilleur parti de sa situation et de rĂ©aliser ses plus grandes aspirations. [
] Bitcoin est destinĂ© Ă  tous. »

Logo de l’association « Bitcoin is for Everyone » installĂ©e Ă  Portland (source : bitcoinisforeveryone.com)

L’argument de l’ouverture se dĂ©fend : il est vrai qu’on voit parfois d’un mauvais Ɠil le fait que les personnes qu’on n’aime pas s’impliquent dans le mĂȘme rĂ©seau que nous, et cet aspect a tendance Ă  crĂ©er des tensions (comme en tĂ©moigne l’actuel conflit autour de l’inscription de donnĂ©es, ou bien le clivage gauche-droite dans la communautĂ© francophone). En rappelant que Bitcoin s’adresse Ă  tout le monde, on indique que le systĂšme ne fait pas de discrimination, malgrĂ© les animositĂ©s qui existent. On prend de la distance par rapport Ă  nos propres affects.

Et pourtant, cet argument est un piĂšge. Bitcoin est ce que les gens en font : les rĂšgles de consensus Ă©manent de la communautĂ© de personnes qui s’en servent. En accueillant de plus en plus d’institutionnels qui font passer le message que le bitcoin est titre financier numĂ©rique et qui poussent les nouveaux arrivants Ă  passer par leur intermĂ©diaire plutĂŽt que de conserver leurs propres clĂ©s privĂ©es, on affaiblit Bitcoin. La formule « Bitcoin is for everyone » est instrumentalisĂ©e pour faire passer la pilule.

Ce n’est pas parce que tout un chacun peut participer qu’il faille pour autant accueillir tout le monde Ă  bras ouverts. Quand un loup entre dans la bergerie, les moutons ne devraient-ils pas ĂȘtre mĂ©fiants16 ?

Or, dans ce contexte, Michael Saylor est bel et bien un loup. Il promeut une vision faussĂ©e de Bitcoin, le considĂ©rant comme du capital et non comme un intermĂ©diaire d’échange. Il relĂšgue la conservation personnelle au second plan, ne daignant mĂȘme pas la mettre en place pour sa propre sociĂ©tĂ©. Il s’oppose frontalement Ă  la confidentialitĂ© sur la chaine de blocs pourtant essentielle Ă  la sĂ©curitĂ© des utilisateurs. Il bloque consciemment tous les changements de protocole, pourtant nĂ©cessaires au dĂ©veloppement de la programmabilitĂ©. Il appelle de ses vƓux une rĂšglementation financiĂšre stricte, Ă  base de connaissance du client et de vĂ©rifications en tous genres. Tout ce qu’il dit et fait mĂšne donc Ă  la complĂšte neutralisation de Bitcoin.

Saylor envoute les bitcoineurs en les faisant rĂȘver. Il leur explique que Bitcoin va rĂ©ussir Ă  contaminer le systĂšme de l’intĂ©rieur tel un cheval de Troie, sans que l’adoption institutionnelle ne l’affecte en retour. Il prĂ©voit que le prix va continuer encore et encore, et qu’il atteindra mĂȘme 21 millions de dollars en 2046. Pour lui, Bitcoin a dĂ©jĂ  gagné ; il ne reste plus qu’à faire confiance aux banques pour assurer sa croissance.

Par cette maniĂšre de fasciner son auditoire, Michael Saylor ressemble Ă  s’y mĂ©prendre Ă  Craig Wright, l’individu charismatique qui s’était fait passer pour Satoshi Nakamoto Ă  partir de 2015 et qui avait rĂ©ussi Ă  crĂ©er un culte autour de sa propre version de Bitcoin (BSV). La mystique saylorienne rentre dans cette catĂ©gorie, Ă  l’exception qu’elle est autrement plus subtile, et donc beaucoup plus efficace.

Une bonne leçon sur le compromis et la compromission

Voyant les ravages que fait le discours de Michael Saylor sur la façon dont les nouveaux arrivants perçoivent Bitcoin, on peut ĂȘtre tentĂ© de rejeter la faute sur l’homme, qui n’hĂ©site pas Ă  utiliser son charme pour parvenir Ă  ses fins. On pourrait aussi en imputer la responsabilitĂ© Ă  ceux qui lui ont donnĂ© du crĂ©dit, Ă  commencer par les podcasteurs amĂ©ricains et les organisateurs de confĂ©rences. Il serait Ă©galement possible, selon un raisonnement moins manichĂ©en, d’expliquer que le succĂšs de la mystique saylorienne parmi les bitcoineurs est le symptĂŽme d’une maladie qui s’est insinuĂ©e depuis longtemps au sein de la communauté : l’amour de l’argent. Mais cette dĂ©nonciation n’aurait probablement que peu d’influence sur le cours des choses. Les gens entendent ce qu’ils ont envie d’entendre, et seul un retour brutal Ă  la rĂ©alitĂ© leur fait comprendre la vĂ©ritĂ©, comme toujours.

La diffusion du saylorisme dans Bitcoin est nĂ©anmoins une bonne illustration de la diffĂ©rence entre le compromis et la compromission. Les deux sont des formes de renonciation, mais se distinguent par leur esprit. Le compromis est, avant tout, un acte extĂ©rieur : il consiste Ă  adapter nos exigences Ă  celles des autres, faire des concessions dans le but d’arriver Ă  un accord commun. La compromission est, quant Ă  elle, une dĂ©mission intĂ©rieure : elle implique de modifier nos convictions profondes, de revenir sur nos principes moraux, afin de soulager la dissonance cognitive qui rĂ©sulte d’une inadĂ©quation entre nos actions et nos valeurs.

L’histoire de Bitcoin est marquĂ©e par le compromis. Satoshi Nakamoto lui-mĂȘme, pour qui Bitcoin Ă©tait une façon de « conquĂ©rir un nouveau territoire de liberté » sur le plan politique, n’avait pas une attitude profondĂ©ment hostile Ă  l’autoritĂ©. MĂȘme s’il connaissait l’importance de la confidentialitĂ©, il a renoncĂ© Ă  prĂ©senter Bitcoin comme « monnaie numĂ©rique anonyme » pour ne pas rebuter le grand public ou fĂącher le pouvoir en place. C’est dans le mĂȘme esprit qu’il a confiĂ© les rĂȘnes du projet Ă  Gavin Andresen, homme du compromis par excellence, qui aurait notamment une attitude trĂšs mesurĂ©e vis-Ă -vis de la place de marchĂ© du dark web Silk Road17.

Mais ce compromis a progressivement mutĂ© en compromission, dont Saylor est devenu l’incarnation la plus Ă©clatante. Le dĂ©bat sur la pertinence de la conservation personnelle n’aurait jamais pu avoir lieu Ă  l’époque de Satoshi, la conservation par un tiers Ă©tant vue comme un pis-aller, « pour la petite monnaie ». Aujourd’hui, ce qui Ă©tait vu comme un compromis est en train de devenir la normalitĂ©, avec les ETF indexĂ©s au bitcoin et les produits financiers de MicroStrategy.

Comment donc combattre la compromission ? Puisque le compromis est inĂ©vitable, il y a toujours une tentation de trahir nos principes pour accroitre notre confort mental. La seule maniĂšre de s’opposer Ă  cette dĂ©mission intĂ©rieure est ainsi de se souvenir, de nous rappeler pourquoi nous sommes lĂ  en premier lieu. Certes, notre position peut Ă©voluer, mais elle n’a pas Ă  ĂȘtre antithĂ©tique Ă  tout ce que Bitcoin promettait.

« Ce dont nous avons besoin, c’est d’un systĂšme de paiement Ă©lectronique basĂ© sur des preuves cryptographiques plutĂŽt que sur la confiance, qui permettrait Ă  deux parties volontaires de rĂ©aliser directement des transactions entre elles sans avoir recours Ă  un tiers de confiance. » — Satoshi Nakamoto


Notes

Cet article a Ă©tĂ© rĂ©digĂ© intĂ©gralement sans LLM, hormis les traductions qui ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es grĂące Ă  DeepL et dont certaines sont inspirĂ©es de celle de Jacques-Edouard Tiberghien pour Le TrĂ©sor de Michael Saylor(Ă  paraitre). L’illustration a Ă©tĂ© produite avec GPT Image 1.5, sur la base d’une photographie de Michael Saylor prise par Jason Koerner en 2023.

  1. Anil Patel, The Treasury of Michael Saylor: How Bitcoin Powers Cultures, Corporations, and Countries in the 21st Century, Yaletown Press, septembre 2025. Cette compilation remaniĂ©e devrait prochainement faire l’objet d’une traduction chez Konsensus par Jacques-Édouard de la chaine BTC Touchpoint. ↩
  2. Il a en particulier une vision floue sur la menace quantique. En 2025, au micro de Jordan Peterson, il comparait Bitcoin aux autres protocoles que sont la langue anglaise et le systĂšme dĂ©cimal, et affirmait que « si on dispose d’un programme informatique et qu’il devient vulnĂ©rable, il faut le mettre Ă  niveau », sous-entendant que c’est le logiciel qu’il faudrait modifier en cas d’attaque quantique et pas le protocole lui-mĂȘme. ↩
  3. À Prague en 2025, il prĂ©disait par exemple que le prix unitaire du bitcoin serait de « 21 millions de dollars dans 21 ans ». ↩
  4. Dans la piĂšce d’Eschyle, PromĂ©thĂ©e enchaĂźnĂ©, la titan Ă©numĂšre les bienfaits qu’il a apportĂ© aux mortels : la charpente, l’astrologie, la mathĂ©matique, l’écriture, la domestication, le char Ă  deux roues, la navigation maritime, la mĂ©decine, la divination, la mĂ©tallurgie. Il conclut cette liste en disant : « En un mot, tous les arts, chez les humains, sont dus Ă  PromĂ©thĂ©e. » (vv. 505–506) Son chĂątiment est dĂ©crit par le dieu HĂ©phaĂŻstos qui, mandatĂ© par Zeus, se charge d’exĂ©cuter la peine : « Fils trop entreprenant de la sage ThĂ©mis, malgrĂ© moi, malgrĂ© toi, je vais t’attacher, avec des chaĂźnes d’airain que rien ne pourra briser, sur ce mont inhabitĂ©, oĂč tu n’entendras la voix, ni ne verras le visage d’aucun mortel ; oĂč, brĂ»lĂ© lentement par les rayons ardents du soleil, ton corps brunira. LĂ , toujours trop tard Ă  ton grĂ©, la nuit parsemĂ©e d’étoiles obscurcira le jour, et trop tard le soleil sĂ©chera la rosĂ©e du matin ; car la douleur du mal prĂ©sent t’accablera sans cesse, et ton libĂ©rateur n’est pas nĂ©. » (vv. 18–27) Traduction de François-Jean-Gabriel de La Porte du Theil. ↩
  5. Dans la nouvelle Anthem : Hymne (1938), qui se dĂ©roule dans un monde futuriste oĂč l’individualitĂ© a disparu pour laisser la place au groupe et oĂč les gens n’ont plus de nom distinctif, le hĂ©ros (immatriculĂ© « ÉgalitĂ© 7-2521 ») finit par prendre le nom « PromĂ©thĂ©e ». ↩
  6. L’Atlas Society est une organisation Ă  but non lucratif, qui promeut la philosophie d’Ayn Rand aux États-Unis. ↩
  7. Les Enfants de Mathusalem (1941), qui dĂ©peint des personnages ayant acquis une longĂ©vitĂ© par l’eugĂ©nisme et qui sont persĂ©cutĂ©s pour cette raison, constitue en quelque sorte une apologie du transhumanisme par exemple. ↩
  8. En anglais : There Ain’t No Such Thing As A Free Lunch (TANSTAAFL). ↩
  9. Dans l’entrevue citĂ©e, Saylor dit clairement qu’« il n’existe pas de monnaie numĂ©rique » hormis le bitcoin et que le dollar et l’euro « forment du crĂ©dit et [
] ne sont pas adossĂ©s Ă  de l’énergie ». Pourtant, la monnaie numĂ©rique Ă©mise par les banques centrales et dĂ©tenue en rĂ©serve par les banques commerciales constitue bel et bien de la monnaie de base strictement numĂ©rique, n’étant pas basĂ©e sur une relation de crĂ©dit. Le systĂšme des taux directeurs tente de reproduire le mĂ©canisme en imposant des « taux d’intĂ©rĂȘt » sur la monnaie nouvellement produite, mais il s’agit d’un dispositif de rĂ©gulation de la crĂ©ation monĂ©taire, pas d’une crĂ©ance quelconque. ↩
  10. Cette vision rappelle un peu l’argumentaire dĂ©veloppĂ© par Pierre Noizat dans son ouvrage L’Énergie, face cachĂ©e de la monnaie, publiĂ© chez Konsensus en 2024. ↩
  11. L’hypothĂšse de la Reine rouge tire son nom d’un Ă©pisode du deuxiĂšme volet d’Alice au pays des merveilles, dans lequel Alice et le personnage de la Reine rouge se mettent Ă  faire la course, et oĂč Alice remarque que les objets qui les entourent ne bougent pas. La Reine rouge lui explique alors que la physique du Pays du miroir n’est pas la mĂȘme : « Ici, vois-tu, on est obligĂ© de courir tant qu’on peut pour rester au mĂȘme endroit. Si on veut aller ailleurs, il faut courir au moins deux fois plus vite que ça ! » (Lewis Carroll, De l’autre cĂŽtĂ© du miroir (1871), traduction libre) Cette derniĂšre citation a trĂšs judicieusement Ă©tĂ© incorporĂ©e par Anil Patel dans son anthologie des dires de Saylor. ↩
  12. La confidentialitĂ©, dĂ©crite dans la section 10 du livre blanc, est indissociable d’une conservation personnelle sereine. La liaison d’une adresse Ă  l’identitĂ© de son propriĂ©taire facilite non seulement l’application des rĂšglementations et la perception des taxes par l’État, mais aussi le vol par les criminels communs, comme la vague de sĂ©questrations de 2025–2026 en France l’a amplement dĂ©montrĂ©. ↩
  13. Ce tweet est longtemps restĂ© Ă©pinglĂ© sur son profil, jusqu’à ĂȘtre remplacĂ© en avril 2026. ↩
  14. « Je sĂšmerai devant toi ma terreur, je jetterai la confusion chez tous les peuples oĂč tu pĂ©nĂ©treras, et je ferai dĂ©taler tous tes ennemis. J’enverrai devant toi des frelons qui chasseront les Hivvites, les CananĂ©ens et les Hittites devant toi. » — Ex 23:27–28. On peut aussi penser Ă  l’infestation des moustiques, Ă  l’envahissement par les taons ou aux nuĂ©es de sauterelles qui font partie des 10 plaies d’Égypte. ↩
  15. La formule a aussi Ă©tĂ© utilisĂ©e comme titre d’un livre Ă©crit par la podcasteuse Natalie Brunell en 2025. ↩
  16. « MĂ©fiez-vous des faux prophĂštes, qui viennent Ă  vous dĂ©guisĂ©s en brebis, mais au-dedans sont des loups rapaces. C’est Ă  leurs fruits que vous les reconnaĂźtrez. Cueille-t-on des raisins sur des Ă©pines ? Ou des figues sur des chardons ? » — Mt 7:15–16. ↩
  17. Sans ĂȘtre favorable Ă  Silk Road, Gavin Andresen a dĂ©fendu l’utilisation anonyme de Bitcoin. En juin 2011, Ă  la suite de l’intervention du sĂ©nateur Chuck Schumer accusant la cryptomonnaie de faciliter le blanchiment d’argent et le trafic de drogue, il Ă©crivait sur son blog : « Personne ne peut contrĂŽler ce qui est achetĂ© avec les bitcoins, tout comme ma banque locale ne peut contrĂŽler ce que je fais des espĂšces que je retire du distributeur de billets. » Cette attitude diffĂšre d’une part de la dĂ©marche anarchiste d’un Amir Taaki, qui dĂ©fendait bec et ongles l’usage de Bitcoin par WikiLeaks et par Silk Road, et d’autre part de la posture collaborationniste d’un Jeff Garzik, qui expliquait qu’il Ă©tait « tout Ă  fait stupide de tenter d’effectuer des transactions illicites importantes avec des bitcoins ». ↩
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Brûler les récompenses pour plafonner le staking : EIP-8363 divise Ethereum

By: StĂ©phane Daniel —

EIP-8363 propose un mécanisme de burn progressif des récompenses de consensus pour limiter le staking ETH à 50 % de l'offre totale.

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EIP-8363 veut brûler les récompenses des validateurs Ethereum si le staking dépasse 50 %

By: StĂ©phane Daniel —

Un groupe de chercheurs propose EIP-8363 pour brûler jusqu'à 100 % des récompenses des validateurs Ethereum si le staking franchit 50 % de l'offre.

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L’exchange crypto Binance confrontĂ© Ă  de nouvelles rĂ©vĂ©lations sur des transferts liĂ©s Ă  l’Iran

By: Eddy S. —
Un rapport révÚle que 676 millions $ liés à l'Iran et à Shelbit ont transité vers Binance. Un scandale crypto qui relance le débat.

676 millions de dollars, un exchange dubaĂŻote fantĂŽme, et Binance de nouveau dans la tourmente. Une enquĂȘte rĂ©vĂšle des flux crypto suspects entre l'Iran, sa banque centrale, et des entitĂ©s liĂ©es aux Gardiens de la rĂ©volution. VARA et l'OFAC s'en mĂȘlent. DĂ©couvrez pourquoi ce scandale relance un dĂ©bat brĂ»lant sur la conformitĂ© crypto.

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Tether engrange 1,5 milliard de dollars de profits au 2e trimestre

By: Mattis Meichler —

Tether vient de publier son attestation trimestrielle pour le deuxiĂšme trimestre. L’émetteur de l’USDT affiche 1,5 milliard de dollars de profit net d’exploitation, un excĂ©dent de rĂ©serves de 4,11 milliards et une capitalisation qui frĂŽle dĂ©sormais les 184,6 milliards de dollars. Retour sur les chiffres clĂ©s.

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L’USDT franchit un nouveau cap historique d’adoption

By: Eddy S. —
Tether affiche 1,5 milliard $ de profit et 650 millions d'utilisateurs USDT au T2 2026. DerriÚre ces records, un modÚle économique fragile.

L'USDT vient de pulvériser un record : plus de 650 millions d'utilisateurs dans le monde. Un chiffre vertigineux qui traduit surtout la fuite de millions de personnes face à l'effondrement de leur propre monnaie. DerriÚre l'euphorie affichée par Tether, une question dérange : cette adoption massive est-elle vraiment une victoire ?

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