Un an aprĂšs son entrĂ©e fracassante au Nasdaq, Gemini, la plateforme fondĂ©e par les frĂšres Winklevoss a perdu 80 % de sa valeur boursiĂšre. Le titre GEMI, qui sâĂ©changeait Ă 28 dollars lors de son introduction en bourse le 12 septembre 2025 pour une valorisation non diluĂ©e dâenviron 3,3 milliards de dollars â avec un pic de valorisation frĂŽlant les 4 milliards de dollars par la suite â, ne pĂšse plus aujourdâhui que 753 millions de dollars. De quoi raviver, sans grand surprise, les spĂ©culations sur un rachat pur et simple de lâexchange.
- Gemini, fondée par les frÚres Winklevoss, a perdu 80 % de sa valeur boursiÚre un an aprÚs son introduction au Nasdaq.
- MalgrĂ© une chute des revenus de trading, le chiffre dâaffaires total de Gemini a progressĂ© de 37 %, grĂące Ă ses services diversifiĂ©s.

Gemini : le trading recule, mais le chiffre dâaffaires progresse au deuxiĂšme trimestre
Les chiffres du deuxiĂšme trimestre expliquent lâessentiel de la dĂ©gringolade. Les revenus de la plateforme dâĂ©change ont reculĂ© de 38 %, Ă 12,5 millions de dollars. Le volume de trading spot, lui, sâest effondrĂ© de 66 % sur la pĂ©riode, Ă 3,8 milliards de dollars. Les actifs dĂ©posĂ©s sur la plateforme sont tombĂ©s Ă 8,4 milliards de dollars selon CoinDesk. Le chiffre dâaffaires total du trimestre a toutefois progressĂ© de 37 %, Ă 45,5 millions de dollars, portĂ© par la montĂ©e en puissance des revenus de services â un rappel que lâactivitĂ© de trading pur ne reflĂšte plus, Ă elle seule, la santĂ© financiĂšre du groupe. Il y a un an Ă peine, Le Journal du Coin racontait une trajectoire inverse, des revenus qui bondissaient de 42 % et un cours qui sâenvolait. La roue tourne vite, dans ce secteur.
LâactivitĂ© dâĂ©change nâest visiblement plus le moteur quâelle prĂ©tendait ĂȘtre. Ce qui intĂ©resse dĂ©sormais les observateurs, ce sont les licences rĂ©glementaires accumulĂ©es par Gemini au fil des ans, sa base de clients existante et son infrastructure de custody. Trois actifs qui valent parfois plus, sur le papier, quâune plateforme de trading qui tourne au ralenti.

Hyperliquid en embuscade, les Winklevoss aux commandes
Lorenzo Valente, responsable de la recherche sur les actifs numĂ©riques chez ARK Invest, a Ă©voquĂ© dans un post sur X Hyperliquid comme acquĂ©reur potentiel : la plateforme de perpĂ©tuels y gagnerait un point dâentrĂ©e rĂ©glementĂ© sur le marchĂ© amĂ©ricain, une porte que Gemini a dĂ©jĂ ouverte Ă coups de licences. Rien nâindique pour lâinstant quâHyperliquid ait engagĂ© la moindre dĂ©marche concrĂšte en ce sens, et personne dâautre nâa formulĂ© dâoffre. Le sujet reste, pour lâheure, un scĂ©nario dâanalyste plutĂŽt quâun dossier sur une table de nĂ©gociation.
Reste un obstacle de taille pour qui voudrait vraiment tenter le coup : Cameron et Tyler Winklevoss dĂ©tiennent Ă eux deux 94,5 % des droits de vote de lâentreprise. Toute discussion de rachat passerait obligatoirement par les deux frĂšres, et eux seuls. Un rachat hostile est, dans ces conditions, tout simplement impossible. Une acquisition nĂ©gociĂ©e Ă lâamiable reste envisageable, mais elle ne se ferait quâaux conditions fixĂ©es par les deux fondateurs.
Un symptÎme plus large sur le marché des exchanges cotés
Gemini nâest pas seul dans cette situation. Le marchĂ© boursier a montrĂ©, depuis plusieurs mois, sa capacitĂ© Ă sanctionner sĂ©vĂšrement les plateformes dâĂ©change dont les volumes stagnent, quel que soit lâengouement du jour de lâintroduction en bourse. Circle avait connu la trajectoire opposĂ©e Ă son IPO, portĂ©e par un tout autre modĂšle Ă©conomique fondĂ© sur les intĂ©rĂȘts gĂ©nĂ©rĂ©s par ses rĂ©serves. Gemini, elle, dĂ©pend encore largement des commissions de trading, un modĂšle qui sâeffrite dĂšs que les volumes se tassent. La prochaine Ă©chĂ©ance Ă surveiller reste la publication des rĂ©sultats du troisiĂšme trimestre, qui dira si la chute sâest stabilisĂ©e ou si elle continue.

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