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Bitcoin : l’approche d’un accord USA-Iran provoque des sorties sur les ETF BTC et or (JPMorgan)

By: RĂ©my R. —

Coup de froid sur les valeurs refuges. Les ETF Bitcoin au comptant cotĂ©s aux États-Unis enchaĂźnent les mauvaises nouvelles ces derniers jours. Les sorties de capitaux s’enchaĂźnent, tout comme d’ailleurs sur les ETF de l’or, mĂȘme si dans une moindre ampleur pour le mĂ©tal prĂ©cieux. Pour les analystes de la banque JPMorgan, ce mouvement traduirait un refroidissement du debasement trade, Ă  mesure que les espoirs d’un accord entre TĂ©hĂ©ran et Washington gagnent du terrain.

Les points clés de cet article :
  • Les ETF Bitcoin cotĂ©s aux États-Unis ont rĂ©cemment subi d’importantes sorties de capitaux, dĂ©passant les 733 millions de dollars ce 27 mai 2026.

  • Le dĂ©gel diplomatique entre l’Iran et les États-Unis pourrait expliquer le dĂ©sintĂ©rĂȘt pour le debasement trade, impactant Bitcoin et l’or.

Sorties nettes de capitaux sur les ETF de Bitcoin et de l’or

Depuis deux semaines, les ETF Bitcoin subissent une saignĂ©e, qui s’est encore matĂ©rialisĂ©e hier, 27 mai 2026, par un total de 733,4 millions de dollars de sorties nettes pour l’ensemble des 12 fonds nĂ©gociĂ©s en bourse du roi des cryptos, selon les donnĂ©es de Farside Investors.

Dans un rĂ©cent rapport des analystes de JPMorgan citĂ© notamment par CoinDesk, il semblerait que ce soit le dĂ©gel diplomatique anticipĂ© entre l’Iran et les États-Unis qui soit notamment Ă  l’origine de ce rĂ©cent dĂ©sintĂ©rĂȘt pour les ETF de Bitcoin, mais aussi ceux de l’or.

En effet, la stratĂ©gie du debasement trade serait en dĂ©clin. Rappelons que le « debasement trade » consiste Ă  acheter des actifs comme Bitcoin et l’or, perçu comme des valeurs refuges pour se prĂ©munir contre la dĂ©prĂ©ciation des monnaies fiduciaires par l’inflation et contre l’instabilitĂ© gĂ©opolitique. Or les rĂ©centes sorties montrent que cette dynamique est remise en cause.

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Les implications de la mise en pause du debasement trade pour les marchés

Bitcoin avait plutĂŽt bien tenu depuis le dĂ©but des hostilitĂ©s au Moyen-Orient, surpassant mĂȘme l’or sur la pĂ©riode. Au point de faire dire aux analystes de JPMorgan que « Bitcoin avait constituĂ© la principale manifestation du debasement trade depuis le dĂ©clenchement du conflit iranien », le 28 fĂ©vrier 2026.

Mais ces toutes derniĂšres semaines montrent plutĂŽt dĂ©sormais une chute des cours du chef de file des crypto-actifs, indiquant un dĂ©sengagement des investisseurs. Et l’once d’or, qui avait elle souffert dĂšs la fin du mois de mars, vient mĂȘme de repasser lĂ©gĂšrement sous les 4 500 dollars l’once (environ 31,1 grammes de mĂ©tal pur).

Si la perspective d’une dĂ©sescalade entre TĂ©hĂ©ran et Washington se confirme, une partie des capitaux pourrait quitter les actifs jugĂ©s dĂ©fensifs au profit d’instruments plus traditionnels, mettant en pause un debasement trade qui avait pourtant contribuer Ă  porter le cours du BTC pendant les deux premiers mois du conflit.

Les tensions gĂ©opolitiques Ă©voluent, et avec elles le statut du Bitcoin et de l’or comme boucliers contre l’incertitude Ă©conomique. La capacitĂ© du BTC Ă  conserver son rĂŽle de couverture macro dĂ©pendra largement de l’issue des prochaines nĂ©gociations diplomatiques entre USA et Iran, alors qu’un memorandum prolongeant le cessez-le-feu de 60 jours et prĂ©voyant une rĂ©ouverture du dĂ©troit d’Ormuz pourrait ĂȘtre trĂšs bientĂŽt validĂ© par le prĂ©sident Donald Trump.

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DCA vs investissement ponctuel en crypto : ce que les longues séries historiques suggÚrent

By: Neutralis —

Le dĂ©bat DCA (dollar-cost averaging) contre investissement ponctuel (lump sum) traverse toutes les classes d’actifs volatiles. La recherche Vanguard tranche dans un sens prĂ©cis : sur les fenĂȘtres glissantes de 12 mois aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Australie entre 1976 et 2011, le lump sum a battu le DCA dans environ 66 % des cas, avec un excĂ©dent de rendement moyen de +2,3 % sur un portefeuille 60/40.

Ce constat n’est pas une rĂšgle universelle. Il dĂ©pend de la date de dĂ©part, du coĂ»t d’opportunitĂ© du cash et de la capacitĂ© Ă  tenir la position aprĂšs un drawdown profond. Sur Bitcoin, la logique est la mĂȘme, mais amplifiĂ©e par une volatilitĂ© historique trois Ă  quatre fois supĂ©rieure Ă  celle des actions.

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Points clés :

  • 66 % du temps, le lump sum gagne. Vanguard documente un excĂ©dent moyen de +2,3 % Ă  12 mois sur un portefeuille 60/40, 1976-2011. Plus on Ă©tale le DCA, plus l’écart se creuse (+5,4 % sur 36 mois).
  • Sur BTC, la volatilitĂ© change la donne ressentie. Le lump sum domine aussi en espĂ©rance sur les longues fenĂȘtres, mais un drawdown de 50 Ă  80 % reste plausible entre l’entrĂ©e et l’horizon.
  • Les frais et la fiscalitĂ© pĂ©nalisent les entrĂ©es trop fragmentĂ©es. Chaque ticket peut dĂ©clencher un Ă©vĂ©nement fiscal selon la juridiction, ce qui peut effacer tout l’avantage psychologique du lissage.

Que mesure-t-on vraiment quand on compare DCA et lump sum ?

Deux chemins, un capital initial identique. Tout déployer à jour 0, ou répartir les achats sur N périodes. La métrique standard est la valeur finale du portefeuille à horizon T, parfois ajustée du risque (drawdown maximal subi, écart-type des rendements). Sur les simulations historiques actions, la conclusion Vanguard tient sur trois marchés et plusieurs décennies.

L’arithmĂ©tique est simple. Quand l’actif a un drift haussier historique, garder du cash uninvested coĂ»te un rendement attendu. Le DCA introduit mĂ©caniquement un cash drag sur la pĂ©riode de lissage. Sur BTC, dont le CAGR 10 ans s’est longtemps tenu au-dessus de 50 % annualisĂ©, ce coĂ»t d’opportunitĂ© devient substantiel. L’avantage du DCA reste rĂ©el, mais il se situe ex ante, cĂŽtĂ© psychologique, quand l’investisseur ne supporte pas l’idĂ©e d’entrer sur un pic, ou quand le cash arrive par vagues de salaire.

Pourquoi le DCA perd-il davantage sur des fenĂȘtres longues ?

La mĂȘme Ă©tude Vanguard mesure l’écart Ă  diffĂ©rentes durĂ©es de lissage : +1,5 % Ă  6 mois, +2,3 % Ă  12 mois, +4,3 % Ă  24 mois, +5,4 % Ă  36 mois d’excĂ©dent moyen du lump sum sur le DCA.

Plus la pĂ©riode DCA s’allonge, plus le cash dort pendant qu’un actif haussier prend de la valeur. L’écart se creuse de façon presque mĂ©canique.

Sur Bitcoin, ce mĂȘme raisonnement joue avec un drift supĂ©rieur mais une variance extrĂȘme. Entre novembre 2021 et novembre 2022, un lump sum a subi un drawdown de prĂšs de -77 % tandis qu’un DCA 12 mois sur la mĂȘme fenĂȘtre a lissĂ© le creux ressenti autour de -40 Ă  -50 %. Sur dix ans, le lump sum reste devant en espĂ©rance. Sur 12 Ă  18 mois malchanceux, l’écart peut se retourner brutalement. C’est un thĂšme qu’on approfondit dans l’analyse des cycles bear et bull crypto.

Comment la fiscalité et les frais changent-ils la comparaison ?

Dans les juridictions oĂč chaque achat ou swap dĂ©clenche potentiellement une imposition plus tard, multiplier les opĂ©rations alourdit la charge de suivi et peut gĂ©nĂ©rer une complexitĂ© fiscale significative. Les rĂ©gimes varient fortement entre pays : en France, c’est la cession qui dĂ©clenche l’impĂŽt, pas l’achat ; en Allemagne, une dĂ©tention de plus de 12 mois devient exonĂ©rĂ©e. On a dĂ©taillĂ© ces rĂ©gimes dans crypto et fiscalitĂ© par pays.

Ce n’est pas un argument « pour » ou « contre » le DCA en soi. C’est un coĂ»t rĂ©el Ă  intĂ©grer dans le backtest mental. Un DCA mensuel sur 24 mois, c’est 24 lots fiscaux Ă  suivre, chacun avec un prix de revient, un horizon de dĂ©tention et une rĂšgle d’ordre (FIFO, PMP, etc.) selon la juridiction. La rĂšgle pratique : si vos frais de broker additionnĂ©s dĂ©passent 0,5 Ă  1 % du ticket total, le lissage coĂ»te plus qu’il ne rapporte en confort psychologique.

CritĂšreLump sumDCA
Exposition moyenne au betaImmédiate, maximaleProgressive
Drawdown ressentiPeut ĂȘtre brutalLissĂ©
Espérance de rendement sur actifs haussiersPlus élevée en moyennePlus basse (cash drag)
Frais et adminFaibles en nombre d’ordresPlus d’opĂ©rations, plus de lots fiscaux

Une conférence Neutralis présente les stratégies quantitatives qui exploitent la volatilité crypto tout en limitant la dépendance à une direction unique.

Quelle approche retenir pour un profil prudent ?

PlutĂŽt qu’une religion du DCA ou du lump sum, chez Neutralis on privilĂ©gie une rĂšgle de borne de risque : taille de position compatible avec un scĂ©nario de baisse de 50 Ă  70 %, calendrier d’entrĂ©e alignĂ© sur la capacitĂ© psychologique et fiscale du client. Le choix entre les deux formats devient alors secondaire, parce que le sizing a dĂ©jĂ  absorbĂ© le gros du risque de parcours.

Les marchĂ©s latĂ©raux, dĂ©crits dans l’article sur les marchĂ©s latĂ©raux crypto, favorisent parfois un DCA mĂ©canique parce qu’ils dĂ©couragent les entrĂ©es tactiques et lissent l’effet des range trades. À l’inverse, une entrĂ©e lump sum au bas d’un cycle baissier, alignĂ©e sur des mĂ©triques on-chain documentĂ©es dans donnĂ©es on-chain pour investisseurs, domine statistiquement en espĂ©rance. Pour approfondir la dĂ©marche, une confĂ©rence dĂ©diĂ©e propose des exemples chiffrĂ©s.

Questions fréquentes

Le DCA est-il toujours sous-optimal ?

Non. L’étude Vanguard 2012 documente que le lump sum gagne dans 66 % des cas, ce qui signifie que le DCA domine encore dans environ un tiers des fenĂȘtres 12 mois historiques. Le DCA reste pertinent sur les dimensions regret et discipline, et il peut battre le lump sum ex post quand la fenĂȘtre commence par un krach. Le vrai enjeu, c’est d’accepter qu’on Ă©change de l’espĂ©rance de rendement contre de la tranquillitĂ© psychologique.

Faut-il DCA sur les altcoins ?

La volatilitĂ© et le risque de projet augmentent fortement le coĂ»t d’une exposition immĂ©diate sur les altcoins. Le DCA lisse l’entrĂ©e mais ne supprime pas le risque terminal du jeton : si le projet Ă©choue, Ă©taler l’achat n’empĂȘche pas la perte totale. Sur les alts, la vraie question n’est pas DCA vs lump sum, c’est d’abord la taille de la ligne et la qualitĂ© du due diligence.

Combien de points d’entrĂ©e pour un DCA raisonnable ?

Souvent 3 Ă  6 mois pour un ticket modĂ©rĂ©. Au-delĂ , le cash non investi reprĂ©sente un coĂ»t d’opportunitĂ© croissant : Vanguard mesure +4,3 % d’excĂ©dent moyen du lump sum dĂšs qu’on Ă©tale Ă  24 mois. En pratique, la bonne heuristique est : dĂ©coupez sur la durĂ©e qui vous permet de tenir psychologiquement un premier drawdown sĂ©vĂšre sans capituler, et pas plus.

Le DCA protÚge-t-il vraiment contre le market timing raté ?

Partiellement. Le DCA Ă©limine le risque d’entrer sur un plus haut exact, mais il transfĂšre ce risque sur la sortie et sur la fenĂȘtre de lissage. Si votre DCA dĂ©marre juste avant un bear market long, vous investirez des tranches successives dans la baisse, ce qui amĂ©liore le prix moyen mais ne protĂšge pas du drawdown Ă  horizon. Le vrai anti-timing, c’est le sizing compatible avec -70 %.

Les frais et la fiscalité favorisent-ils le lump sum ?

Souvent oui en nombre d’opĂ©rations, mais la loi locale et le type de compte peuvent inverser le calcul. Un DCA mensuel sur un PEA ou un compte Ă  imposition diffĂ©rĂ©e est moins pĂ©nalisant qu’un DCA sur un compte crypto imposable Ă  chaque cession. ModĂ©lisez au cas par cas : frais de broker totaux et rĂ©gime fiscal pĂšsent plus que le choix d’entrĂ©e lui-mĂȘme sur les petits tickets.

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MĂ©morandum USA-Iran : cessez-le-feu prolongĂ© de 60 jours, le dĂ©troit d’Ormuz rouvert – Trump prend le temps de la rĂ©flexion

By: Le Journal Du Coin —

C’est, peut-ĂȘtre, le signal que les marchĂ©s attendaient depuis des semaines. Les États-Unis et l’Iran sont parvenus Ă  un mĂ©morandum d’entente pour prolonger leur cessez-le-feu de 60 jours, sous rĂ©serve de l’approbation finale de Donald Trump, qui a demandĂ© « quelques jours pour y rĂ©flĂ©chir ». Les marchĂ©s amĂ©ricains n’ont pas attendu : ils ont aussitĂŽt inscrit de nouveaux records historiques.

Les points clés de cet article :
  • Les États-Unis et l’Iran ont conclu un mĂ©morandum d’entente pour prolonger le cessez-le-feu de 60 jours, en attente de l’approbation finale de Donald Trump.
  • La libertĂ© de navigation dans le dĂ©troit d’Ormuz a Ă©tĂ© garantie, un point crucial pour le marchĂ© pĂ©trolier mondial, provoquant une rĂ©action positive des marchĂ©s financiers.

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Ce que contient le mĂ©morandum entre l’Iran et les USA

Les grandes lignes du mĂ©morandum d’entente sont dĂ©sormais connues. Les nĂ©gociateurs amĂ©ricains ont prĂ©sentĂ© les dĂ©tails Ă  Trump, qui a Ă©tĂ© briefĂ© sur l’ensemble des termes. Quatre points structurent ce cadre :

  • La prolongation de 60 jours du cessez-le-feu en vigueur servira de cadre d’ouverture aux nĂ©gociations sur le programme nuclĂ©aire iranien. C’est l’enjeu central depuis des mois.
  • La libertĂ© de navigation dans le dĂ©troit d’Ormuz sera explicitement garantie dans le texte du mĂ©morandum. Ce point Ă©tait le plus attendu : le dĂ©troit, par lequel transitent environ 21 % de l’approvisionnement mondial en pĂ©trole, avait Ă©tĂ© au cƓur des tensions depuis l’escalade du printemps. Sa fermeture partielle avait provoquĂ© une envolĂ©e des prix du brut et une onde de choc sur l’ensemble des marchĂ©s mondiaux, Bitcoin compris, comme nous l’analysions dans notre article sur la corrĂ©lation entre les tensions iraniennes et le cours du BTC.

Les deux parties ont indiquĂ© que les termes sont « en grande partie » finalisĂ©s, mais que chaque camp doit encore obtenir le feu vert de sa hiĂ©rarchie respective. CĂŽtĂ© amĂ©ricain, tout dĂ©pend donc de Trump, qui a choisi, pour l’instant, de prendre quelques jours de rĂ©flexion avant de valider.

🚹đŸ‡șđŸ‡žđŸ‡źđŸ‡· Les nĂ©gociateurs amĂ©ricains et iraniens auraient finalisĂ© un mĂ©morandum de 60 jours pour prolonger le cessez-le-feu, selon Axios.

➡ Le dĂ©troit d'Ormuz serait dĂ©minĂ© et rouvert, et des nĂ©gociations sur le nuclĂ©aire lancĂ©es. Donald Trump aurait demandĂ© quelques jours avant
 pic.twitter.com/2B48rh41MX

— Journal du Coin (@LeJournalDuCoin) May 28, 2026
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Les marchés ont déjà voté

La rĂ©action des marchĂ©s ne s’est pas fait attendre. Les indices amĂ©ricains ont inscrit de nouveaux records historiques dans la foulĂ©e de l’annonce, portĂ©s par l’espoir d’une dĂ©sescalade durable et d’un retour Ă  la normale des flux pĂ©troliers. Le pĂ©trole, lui, a poursuivi sa correction baissiĂšre, bonne nouvelle pour l’inflation, et donc pour les anticipations de politique monĂ©taire de la Fed.

Pour le Bitcoin, le contexte est potentiellement favorable. Une rĂ©solution du dossier iranien retirerait l’un des principaux vents contraires gĂ©opolitiques qui pĂšsent sur le marchĂ© depuis plusieurs semaines.

Tout dépend désormais de Trump. Le président américain est connu pour ses revirements de derniÚre minute, et pour utiliser les annonces diplomatiques comme levier de négociation. « Quelques jours pour réfléchir » peut signifier une signature imminente comme un retour à la case départ. Affaire à suivre.

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Les évÚnements crypto et blockchain à ne pas louper en juin 2026

By: Vincent Maire —

Quels sont les meilleurs Ă©vĂšnements crypto Ă  ne pas louper en juin 2026 ? Pour ce nouveau mois, retrouvez notre sĂ©lection de 5 rendez-vous, dont la 3e Ă©dition de Proof of Talk au Louvre.

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Silent Protocol fĂȘte ses 1 an sur le mainnet Ethereum : AccĂšs aggrandit et augmentation des limites de pool transactionnel

By: La RĂ©daction C. —
Silent Protocol Marks One Year on Ethereum Mainnet: Expands Access and Increases Transactional Pool Limits

AprĂšs prĂšs de quatre ans de recherche et dĂ©veloppement, Silent Protocol cĂ©lĂšbre son premier anniversaire sur le rĂ©seau principal Ethereum en ouvrant le protocole Ă  de nouveaux utilisateurs et en augmentant les limites transactionnelles—tenant sa promesse de confidentialitĂ© composite et universelle.

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L’UE s'impose comme la juridiction la plus restrictive pour les stablecoins Ă©trangers

By: Hugh Bernard —

L’Union europĂ©enne serait-elle la juridiction du monde la plus hostile aux stablecoins, d’autant plus s’ils viennent de l’étranger ? C’est l’avis de ce responsable de la branche europĂ©enne de Circle, qui s’appuie sur l’analyse d’une membre du Conseil d’administration de la banque d’Espagne.

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SoFi déploie son stablecoin bancaire auprÚs de 14,7 millions de membres

By: StĂ©phane Daniel —

SoFi déploie son stablecoin bancaire pour 14,7 millions de membres

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SoFiUSD : ce que cache le stablecoin bancaire aux 15 millions d’utilisateurs

By: Club 25% —

Le 27 mai 2026, la banque amĂ©ricaine SoFi a ouvert l’accĂšs Ă  son propre stablecoin pour ses 14,7 millions de membres. L’actif, baptisĂ© SoFiUSD, est directement intĂ©grĂ© Ă  l’application bancaire retail pour y ĂȘtre achetĂ©, vendu ou converti Ă  paritĂ© 1:1 avec le dollar. Une premiĂšre aux États-Unis. Mais derriĂšre la simplicitĂ© de l’interface, la structure technique choisie par l’institution modifie profondĂ©ment la donne pour l’épargne des particuliers.

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Le rendement s’arrĂȘte lĂ  oĂč commence la souverainetĂ© technologique du portefeuille

L’architecture technique du SoFiUSD sĂ©pare les avoirs en 2 catĂ©gories distinctes selon leur mode de stockage.

SoFi Bank convertit le stablecoin en dĂ©pĂŽt tokenisĂ© dĂšs qu’un utilisateur le conserve au sein de l’application bancaire propriĂ©taire. Ce statut permet au capital de gĂ©nĂ©rer des intĂ©rĂȘts adossĂ©s aux rendements des bons du TrĂ©sor amĂ©ricain, tout en bĂ©nĂ©ficiant potentiellement de la couverture d’assurance de la FDIC (le fonds fĂ©dĂ©ral amĂ©ricain qui garantit les dĂ©pĂŽts bancaires). 

Son programme SoFi Plus distribue dĂ©jĂ  4,5 % par an sur les dĂ©pĂŽts traditionnels des membres. Les dĂ©pĂŽts tokenisĂ©s SoFiUSD suivront la mĂȘme logique, Ă  une condition : rester sur la plateforme. 

DĂšs que l’investisseur extrait ses SoFiUSD vers un portefeuille externe, comme une clĂ© Ledger, la sanction est immĂ©diate. Le jeton perd ses intĂ©rĂȘts et sa protection FDIC. Le taux tombe Ă  0 %. La banque utilise le rendement comme verrou pour retenir les capitaux dans son infrastructure. 

Solana et Ethereum absorbent les flux d’une banque nationale

SoFi Ă©met son stablecoin nativement sur Solana et Ethereum. La direction financiĂšre a choisi Solana pour ses coĂ»ts et sa vitesse de traitement. Les transactions s’exĂ©cutent 24 heures sur 24 pour des fractions de centime.

Cette mĂ©canique transforme les blockchains publiques en une infrastructure de rĂšglement Ă  l’échelle industrielle, capable d’absorber une fraction d’un marchĂ© des stablecoins dont la liquiditĂ© globale atteint le record de 320 milliards de dollars en mai 2026.

Tether (USDT) domine largement ce secteur avec 189,6 milliards de dollars en circulation, soit 58,76 % de parts de marchĂ©, tandis que Circle (USDC) occupe la deuxiĂšme place avec 77,6 milliards de dollars. L’ambition de SoFi est de capter une part de cette masse monĂ©taire on-chain en s’appuyant sur sa propre puissance commerciale. 

La fintech a gĂ©nĂ©rĂ© un chiffre d’affaires net d’1,1 milliard de dollars au premier trimestre 2026, affichant une croissance de 35 % de sa base de clients sur un an.

Solana fait plus de trafic qu'une banque

Le GENIUS Act ferme le marché des stablecoins aux acteurs sans licence bancaire 

Ce cadre technique rĂ©pond aux exigences du GENIUS Act, promulguĂ© le 18 juillet 2025 pour rĂ©guler les dollars numĂ©riques aux États-Unis. L’OCC, l’autoritĂ© fĂ©dĂ©rale qui supervise les banques nationales amĂ©ricaines, a publiĂ© ses conditions d’application en fĂ©vrier 2026. Seules les banques sous supervision fĂ©dĂ©rale peuvent Ă©mettre des stablecoins de paiement. Une fintech sans licence bancaire, une plateforme crypto ou une entreprise technologique ne peut pas Ă©mettre son propre dollar numĂ©rique. 

C’est pour devancer ces futures normes que SoFi conserve l’intĂ©gralitĂ© de ses rĂ©serves en cash sur son compte bancaire fĂ©dĂ©ral.

Mastercard, Cumberland, Wintermute et BitGo utilisent dĂ©jĂ  cette plomberie rĂ©glementĂ©e pour fluidifier leurs flux de rĂšglement 24 heures sur 24. L’investisseur retail qui refuse de confier ses stablecoins Ă  la banque ne touche rien. 

S’affranchir du verrouillage bancaire grñce à la DeFi stablecoins

Cette déconnexion forcée entre la possession réelle des jetons et leur rentabilité pousse les investisseurs à chercher des alternatives hors du systÚme bancaire. 

En DeFi, le rendement ne dĂ©pend pas de qui garde vos fonds. Vous restez propriĂ©taire de vos clĂ©s et vous ĂȘtes quand mĂȘme rĂ©munĂ©rĂ©. 

Le Club 25%, c’est un club de 150 investisseurs qui gĂšrent leur Ă©pargne en stablecoins via la DeFi, avec un objectif de 15 Ă  25 % par an, sans trading, sans volatilitĂ©, en y consacrant quelques heures par trimestre.

Comment ça marche concrÚtement :

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  • Des opportunitĂ©s DeFi analysĂ©es et auditĂ©es : vous suivez des guides vidĂ©o Ă©tape par Ă©tape pour investir sur des protocoles sĂ©lectionnĂ©s pour leur robustesse.
  • Une souverainetĂ© totale sur vos fonds : vous restez maĂźtre de votre capital, aucune entitĂ© tierce n’a accĂšs Ă  votre wallet.

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SoFi a tokenisĂ© le dollar. Elle n’a pas tokenisĂ© la libertĂ© de l’investisseur. 

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La tokenisation pourrait résoudre un problÚme majeur des banques selon la BRI

By: Fenelon L. —
banque traditionnelle fissurée pont énergétique tokenisation blockchain ville futuriste traders numériques transformation financiÚre innovation orange cyberpunk modernisation spectaculaire mondiale

Le projet Agorå de la BRI vient de franchir une étape décisive. AprÚs des mois de simulations, ses membres passent aux transactions en valeur réelle pour tester la tokenisation des réserves des banques centrales et des dépÎts bancaires commerciaux. Sept banques centrales et plus de 40 institutions financiÚres privées participent à l'initiative.

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Rotation des capitaux crypto : les investisseurs délaissent les ETF Bitcoin pour les altcoins

By: Cryptonaute —

Les ETF Bitcoin et Ethereum enregistrent d'importantes sorties. Les investisseurs se tournent vers des altcoins prometteurs comme Hyperliquid ou Liquidchain.

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Avis Bitcoin Bank – Arnaque ou plateforme fiable ?

By: Cryptoast —

Bitcoin Bank se présente comme une plateforme de trading automatisé capable de transformer la vie de ses utilisateurs en « quelques minutes par jour » : précision annoncée de 99,4 %, « avantage » de 0,01 seconde sur le marché, application prétendument primée. Autant de marqueurs qui appellent à la plus grande prudence. Arnaque ou pas ? Voici notre avis complet sur Bitcoin Bank.

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Eric LarchevĂȘque abandonne la Bitcoin Treasury... mais il a d'autres projets pour TBSO

By: Justine Ferrari —

Eric LarchevĂȘque a rĂ©uni ce mercredi 27 mai plusieurs journalistes pour expliquer lui-mĂȘme la raison de son revirement. TBSO (The Bitcoin Society) ne sera plus une Bitcoin treasury. Il lance deux autres projets Ă  la place, qui ont pour nom SKL et NVST, et explique en dĂ©tail pourquoi.

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Les cours du pĂ©trole chutent aprĂšs un signal d’apaisement entre les États-Unis et l’Iran

By: Ben Canton —

This is the end ? Les marchĂ©s du pĂ©trole affichent un repli marquĂ© ce lundi 25 mai sous l’effet des perspectives d’apaisement gĂ©opolitique au Moyen-Orient. Le baril de Brent de la mer du Nord enregistre une baisse d’environ 5 % pour s’établir autour de 98,30 dollars, tandis que la rĂ©fĂ©rence amĂ©ricaine, le West Texas Intermediate (WTI), recule vers le seuil des 92 dollars. Cette dĂ©tente des cours dĂ©coule directement de l’avancement des discussions diplomatiques entre les États-Unis et l’Iran, qui laisse entrevoir une possible augmentation de l’offre mondiale. Les investisseurs intĂšgrent dĂ©sormais la possibilitĂ© d’une rĂ©solution ordonnĂ©e, ce qui limite les stratĂ©gies spĂ©culatives Ă  la hausse.

Les points clés de cet article :
  • Les marchĂ©s pĂ©troliers ont subi un repli marquĂ© en raison de perspectives d’apaisement gĂ©opolitique au Moyen-Orient, avec une baisse notable du baril de Brent et du West Texas Intermediate.

  • Les discussions diplomatiques entre les États-Unis et l’Iran laissent entrevoir une augmentation potentielle de l’offre mondiale, influençant ainsi les stratĂ©gies spĂ©culatives des investisseurs.

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Les paramĂštres des nĂ©gociations diplomatiques et l’enjeu d’Ormuz

La dynamique baissiĂšre s’alimente de dĂ©clarations officielles qualifiant les Ă©changes en cours de constructifs. L’administration amĂ©ricaine Ă©voque un progrĂšs significatif dans l’élaboration d’un accord-cadre, mĂȘme si les autoritĂ©s prĂ©cisent qu’aucun texte n’est encore finalisĂ©. Le prĂ©sident amĂ©ricain a notamment indiquĂ© qu’il n’entendait pas prĂ©cipiter la conclusion des discussions, estimant que la position de son pays restait favorable.

Les sanctions et le blocus maritime en vigueur s’appliqueront de fait jusqu’à la certification et la signature d’un compromis dĂ©finitif. L’enjeu technique majeur de ces discussions repose sur la rĂ©ouverture du dĂ©troit d’Ormuz, une voie maritime stratĂ©gique par laquelle circule habituellement prĂšs de 20 % de la production pĂ©troliĂšre mondiale.

Un mĂ©morandum d’entente pourrait d’ailleurs formaliser la libertĂ© de navigation dans cette zone, en contrepartie d’un dĂ©gel partiel des avoirs iraniens et d’une levĂ©e progressive des restrictions Ă©conomiques. NĂ©anmoins, des points de divergence notables subsistent, en particulier sur le volet du programme nuclĂ©aire et sur la nature des inspections requises par Washington. La validation interne par le pouvoir exĂ©cutif Ă  TĂ©hĂ©ran pourrait par ailleurs nĂ©cessiter un dĂ©lai de plusieurs jours.

Les marchĂ©s du pĂ©trole affichent un repli marquĂ© ce lundi 25 mai sous l'effet des perspectives d'apaisement gĂ©opolitique au Moyen-Orient. Le baril de Brent de la mer du Nord enregistre une baisse d'environ 5 % pour s'Ă©tablir autour de 98,30 dollars, tandis que la rĂ©fĂ©rence amĂ©ricaine, le West Texas Intermediate (WTI), recule vers le seuil des 92 dollars. Cette dĂ©tente des cours dĂ©coule directement de l'avancement des discussions diplomatiques entre les États-Unis et l'Iran, qui laisse entrevoir une possible augmentation de l'offre mondiale. Les investisseurs intĂšgrent dĂ©sormais la possibilitĂ© d'une rĂ©solution ordonnĂ©e, ce qui limite les stratĂ©gies spĂ©culatives Ă  la hausse.
La Maison-Blanche semble optimiste sur une sortie de crise dans le conflit en Iran – Source : Compte X

PĂ©trole : Les implications structurelles et l’attente des marchĂ©s

Cette réévaluation des cours modifie les perspectives d’approvisionnement des pays importateurs de pĂ©trole Ă  moyen terme. Les marchĂ©s anticipent qu’une stabilisation de la zone gĂ©ographique permettrait un retour rĂ©gulier des volumes exportĂ©s, ce qui attĂ©nuerait les tensions sur les capacitĂ©s de raffinage occidentales. Pour les Ă©conomies europĂ©ennes, et notamment pour le marchĂ© français, ce repli du brut offre une possibilitĂ© de stabilisation des prix des carburants Ă  la pompe, bien que l’effet ne soit pas immĂ©diat en raison des dĂ©lais de stockage.

La dĂ©pendance des cours vis-Ă -vis des facteurs gĂ©opolitiques confirme cependant le caractĂšre incertain des prĂ©visions Ă©nergĂ©tiques pour le reste de l’annĂ©e. Les analystes soulignent que l’absence d’un calendrier prĂ©cis pour la signature finale maintient une volatilitĂ© latente.

Le comportement des autres pays producteurs de pĂ©trole, notamment au sein de l’OPEP+, constituera un autre facteur dĂ©terminant pour l’équilibre global si l’offre iranienne venait Ă  se rĂ©intĂ©grer pleinement dans les circuits officiels.

Les fluctuations observĂ©es en ce dĂ©but de semaine illustrent la sensibilitĂ© des marchĂ©s Ă©nergĂ©tiques aux signaux de dĂ©tente internationale. La baisse du Brent sous la barre des 100 dollars montre que les craintes d’une rupture prolongĂ©e de l’approvisionnement s’estompent au profit d’une approche plus pragmatique des flux commerciaux. Si un accord-cadre se dessine pour garantir la sĂ©curitĂ© des voies maritimes, la rĂ©solution des questions de fond sur le dossier nuclĂ©aire exigera probablement de longues phases de vĂ©rification. La pĂ©rennitĂ© de ce reflux des prix dĂ©pendra donc de la transformation de ces dĂ©clarations d’intention en engagements contractuels vĂ©rifiables.

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La BCE dit non aux stablecoins en euros : une victoire pour la dollarisation numérique

By: Rabbitcoin —

Christine Lagarde a fermĂ© la porte aux stablecoins en euros, rejetant les propositions du think tank Bruegel devant les ministres des Finances de l'UE. Pendant que les États-Unis accĂ©lĂšrent Ă  pleine vitesse avec leur GENIUS Act, l'UE freine l'innovation avec MiCA. L'Europe est-elle en train d'offrir le marchĂ© des paiements numĂ©riques au dollar ?

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Bitcoin et guerre en Iran : La zone entre 75 000 et 77 000 dollars est un champ de bataille

By: Magali —

Quand les marchĂ©s prĂ©dictifs deviennent le vrai baromĂštre de la gĂ©opolitique mondiale. Le cours du bitcoin dĂ©marre ce dimanche 24 mai Ă  76 668 dollars, en hausse de 1,56 % sur 24 heures, mais le sourire est de façade. Le Fear & Greed Index pointe Ă  25, en territoire de peur extrĂȘme. Pour comprendre pourquoi, il faut remonter Ă  vendredi soir.

Ce soir-lĂ , Donald Trump a annoncĂ© sur Truth Social qu’il n’assisterait pas au mariage de son fils Don Jr. aux Bahamas, trop absorbĂ©, dit-il, par le dossier iranien. Suffisant pour que le marchĂ© interprĂšte le signal comme une escalade imminente et lĂąche la rĂ©sistance des 77 000 dollars dans la foulĂ©e. Bitcoin a plongĂ© briĂšvement sous ce seuil clĂ©, liquidant les positions longues trop confiantes. Depuis, le cours cherche Ă  se stabiliser, suspendu entre espoir diplomatique et incertitude gĂ©opolitique.

Les points clés de cet article :
  • Le bitcoin a dĂ©marrĂ© Ă  76 668 dollars, mais le marchĂ© est restĂ© nerveux aprĂšs une annonce de Donald Trump liĂ©e au dossier iranien.
  • Les marchĂ©s prĂ©dictifs, tels que Polymarket, ont engagĂ© des millions de dollars sur la probabilitĂ© d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran, influençant potentiellement le cours du bitcoin.

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Quand Trump dicte le cours : la résistance des 77 000 dollars sous pression

Le week-end a donc commencĂ© sur les nerfs. AprĂšs le dĂ©crochage de vendredi, samedi n’a pas apportĂ© la clartĂ© espĂ©rĂ©e. Trump a dĂ©crit sa dĂ©cision sur l’Iran comme un « solide 50/50 » entre accepter un accord diplomatique et reprendre des frappes militaires. C’est une formulation qui n’a rassurĂ©e personne.

Le BTC a tentĂ© de repasser au-dessus des 77 000 dollars dans la foulĂ©e, sans conviction. Il a mĂȘme briĂšvement glissĂ© sous les 75 000 dollars samedi, pour la premiĂšre fois en mai, marquant son niveau le plus bas depuis environ un mois.

Ce matin, le marchĂ© semble mĂȘme se stabilise. Bitcoin affiche 76 668 dollars (+1,56 %), Ethereum 2 118 dollars (+2,59 %), Solana 85,88 dollars (+1,70 %). La dominance Bitcoin reste Ă©levĂ©e Ă  59,87 %, signe que l’appĂ©tit pour le risque altcoin demeure limitĂ©. Le marchĂ© consolide, prudemment, dans l’attente du prochain signal venu de Washington.

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Polymarket à 154 millions de dollars : les marchés prédictifs comme boussole géopolitique

C’est dans ce contexte qu’un chiffre retient l’attention. Les traders de Polymarket ont engagĂ© plus de 154 millions de dollars sur la question d’un accord de paix permanent entre les États-Unis et l’Iran en 2026, la probabilitĂ© d’un accord d’ici le 31 dĂ©cembre Ă©tant estimĂ©e Ă  91 %.

91 %. C’est un signal fort, et c’est prĂ©cisĂ©ment ce plancher d’optimisme qui maintient Bitcoin au-dessus des 75 000 dollars malgrĂ© l’environnement macro dĂ©favorable. Si Polymarket a raison, la rĂ©solution du dossier iranien pourrait ĂȘtre le prochain catalyseur haussier significatif pour le BTC.

Fear & Greed Ă  25 : peur extrĂȘme ou opportunitĂ© d’accumulation ?

Le sentiment de marchĂ©, lui, ne ment pas. Un Fear & Greed Ă  25 correspond historiquement Ă  des zones oĂč les mains faibles capitulent et oĂč les acheteurs de long terme entrent discrĂštement. Ceux qui ont achetĂ© lors des prĂ©cĂ©dents passages en peur extrĂȘme, mars 2020, juin 2022, aoĂ»t 2024, ne l’ont gĂ©nĂ©ralement pas regrettĂ©.

Mais cette fois, un Ă©lĂ©ment supplĂ©mentaire pĂšse sur la balance. Les ETF Bitcoin ont enregistrĂ© leur plus forte semaine de sorties nettes depuis janvier, tĂ©moignant d’une rĂ©duction de l’exposition institutionnelle Ă  court terme.

Et selon la plateforme Kalshi, les chances que Bitcoin tombe sous les 50 000 dollars avant la fin de l’annĂ©e atteignent dĂ©sormais 40 %.

Deux scĂ©narios s’affrontent clairement. Une avancĂ©e diplomatique sur le dossier iranien, mĂȘme partielle, pourrait propulser Bitcoin vers les 80 000 dollars rapidement, ravivant l’appĂ©tit pour le risque sur l’ensemble du marchĂ©.

À l’inverse, une escalade ou un enlisement des nĂ©gociations remettrait le support des 75 000 dollars sous pression, avec un risque d’extension vers 70 000 dollars que plusieurs analystes Ă©voquent dĂ©sormais ouvertement.

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1 Bitcoin sur 3 en circulation est exposé aux risques quantiques selon Glassnode

By: Rabbitcoin —

On parle beaucoup du risque quantique pour Bitcoin, mais rarement de maniÚre concrÚte. Glassnode a fait le travail : 6,04 millions de BTC ont déjà leur clé publique exposée, soit prÚs d'un BTC sur trois. La vraie question est donc de savoir entre quelles mains se concentre ce risque et comment y remédier ?

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Bitcoin : la Réserve stratégique américaine n'a plus l'objectif d'en acheter 1 million

By: Robin BernĂ© —

La rĂ©serve stratĂ©gique amĂ©ricaine de Bitcoin (BTC) change de visage. La copie du texte ARMA Act ne mentionnerait pas l’objectif d’acheter un million de BTC mais impose un blocage de 20 ans sur les cryptos dĂ©tenues dans la rĂ©serve.

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Emmanuel Macron annonce 1,5 milliard d’euros d’investissement dans le quantique et les semi-conducteurs

By: Marine Debelloir —

Le prĂ©sident de la RĂ©publique Emmanuel Macron va annoncer une nouvelle enveloppe consĂ©quente dĂ©diĂ©e Ă  l’informatique quantique et aux semi-conducteurs. Le but est de ne pas se laisser dĂ©passer en termes d’informatique de haut niveau et d’intelligence artificielle.

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L’individu souverain, la technique et le nouveau Moyen Âge

By: Ludovic Lars —

J’ai rĂ©cemment participĂ© Ă  la traduction en français du livre The Sovereign Individual, qui sort ce vendredi 15 mai chez Konsensus Network sous le titre L’Individu souverain : Survivre et prospĂ©rer face Ă  l’effondrement de l’État-providence. Cet ouvrage, coĂ©crit en 1997 par William Rees-Mogg et James Dale Davidson, est un texte de prospective, emblĂ©matique par les prĂ©dictions qu’il faisait sur les consĂ©quences politiques de la rĂ©volution numĂ©rique, alors balbutiante Ă  l’époque. Riche en contexte historique et long de quatre-cents pages, il apporte des Ă©lĂ©ments de rĂ©flexion qui n’ont pas vieilli aujourd’hui.

William Rees-Mogg Ă©tait un lord anglais et avait Ă©tĂ© Ă©diteur du Times de 1967 Ă  1981. James Dale Davidson Ă©tait un investisseur amĂ©ricain. Au moment de la publication initiale du livre, les deux hommes gĂ©raient une lettre d’information financiĂšre depuis 1984. Ils avaient alors dĂ©jĂ  publiĂ© deux livres Ă  succĂšs (Blood in the Streets en 1987 et The Great Reckoning en 1993), oĂč ils formulaient dĂ©jĂ  des prĂ©dictions, notamment sur le monde financier et la gĂ©opolitique. L’Individu Souverain constituait pour eux un parachĂšvement de leur vision de l’avenir.

Dans cet ouvrage, ils soutenaient qu’une nouvelle phase de l’histoire de l’humanitĂ© s’ouvrait — l’ùre de l’information — et qu’elle allait permettre aux individus de s’émanciper du joug des États-nations. Revenant sur l’histoire de l’humanitĂ©, du nĂ©olithique Ă  l’époque moderne en passant par le Moyen Âge, ils examinaient les dynamiques rĂ©gissant l’évolution politico-Ă©conomique du monde. Ils mettaient en avant le caractĂšre libĂ©rateur du progrĂšs technique, et prĂ©disaient en particulier l’émergence d’une monnaie numĂ©rique Ă©chappant au contrĂŽle Ă©tatique, chose qui se matĂ©rialiserait avec Bitcoin au dĂ©but des annĂ©es 2010.

Aux États-Unis, le livre s’est rapidement popularisĂ© dans les cercles libertariens, grĂące au portrait peu flatteur qu’il faisait des États centralisĂ©s et des idĂ©ologies qui les soutenaient. Il s’est aussi diffusĂ© dans la Silicon Valley, en raison du point de vue techno-optimiste des auteurs. Il a plus tard connu un succĂšs croissant au sein de la communautĂ© de Bitcoin (et du milieu des cryptomonnaies en gĂ©nĂ©ral), inspirant notamment Francis Pouliot, Jameson Lopp ou Naval Ravikant. En France, il est aujourd’hui mis en avant par le mĂ©dia indĂ©pendant Le Bunker, par la plateforme Zone Franche, et par l’infopreneur Olivier Roland, qui a Ă©crit son propre livre sur le sujet.

À l’heure oĂč la stabilitĂ© de l’ordre mondial est remise en question et oĂč les États deviennent de plus en plus autoritaires, la thĂšse de l’individu souverain est plus que jamais d’actualitĂ©. Cet article constitue une analyse et une critique de cette thĂšse. Le progrĂšs technique va-t-il nous libĂ©rer et sommes-nous Ă  la veille du Moyen Âge ? C’est ce Ă  quoi nous allons tenter de rĂ©pondre ici.

La thùse de l’individu souverain

La thĂšse de l’ouvrage de Rees-Mogg et Davidson est que la rĂ©volution numĂ©rique (dite « de l’information ») va provoquer l’effondrement de l’État-providence moderne et conduire Ă  l’avĂšnement d’une souverainetĂ© individuelle rĂ©elle. Cette souverainetĂ© s’exercera par le renversement du rapport entretenu par les autoritĂ©s politiques et les individus : ces derniers ne seront plus considĂ©rĂ©s comme des sujets ou des citoyens, et comme des « vaches Ă  lait » (p. 238) pour les plus productifs, mais comme des « clients » (pp. 117–118). Et, comme le dit le dicton, le client est roi.

Le concept de « souverainetĂ© de l’individu » n’est pas tout rĂ©cent, puisqu’il a Ă©mergĂ© avec la pensĂ©e libĂ©rale anglo-saxonne (John Locke) et qu’il a Ă©tĂ© formulĂ© par John Stuart Mill en 1859, qui Ă©crivait : « Sur lui-mĂȘme, sur son corps et son esprit, l’individu est souverain1. » Le terme a ensuite Ă©tĂ© repris dans son acception la plus radicale par les anarchistes individualistes amĂ©ricains, comme Josiah Warren ou Benjamin Tucker, puis par les thĂ©oriciens du libertarianisme moderne, notamment Murray Rothbard.

LĂ  oĂč les auteurs se diffĂ©rencient de cette idĂ©ologie libĂ©rale est que leur discours n’est pas prescriptif (ou du moins pas explicitement), mais descriptif : ils veulent montrer que le sens de l’histoire va vers plus de libertĂ©. Le livre n’est donc pas un manifeste politique en tant que tel, mais un manuel de survie face Ă  la « grande transformation » (p. 234) qui est en train d’avoir lieu. Ils se basent (entre autres) sur les travaux d’un historien amĂ©ricain du XXe siĂšcle nommĂ© FrĂ©dĂ©ric Lane, qui Ă©tait spĂ©cialiste du bas Moyen Âge et qui avait dĂ©veloppĂ© une analyse Ă©conomique de la violence politique2.

Suivant les idĂ©es de Lane, les auteurs Ă©laborent leur propre modĂšle prĂ©dictif. Ils dĂ©crivent comment les « facteurs mĂ©gapolitiques » conditionnent la forme institutionnelle des États en faisant varier ce qu’ils appellent « les rendements de la violence » :

« En modifiant les coûts et les gains potentiels liés à la coercition, la mégapolitique détermine la capacité de certains à imposer leur volonté à autrui. » (p. 48)

Les facteurs qu’ils identifient appartiennent Ă  quatre grandes catĂ©gories :

  1. Les conditions topographiques : les grandes plaines alluviales propices au développement de grands centres de civilisation, les montagnes jouant un rÎle protecteur, les littoraux fragmentés favorisant le commerce3, etc. ;
  2. Les causes climatiques : la tempĂ©rature gĂ©nĂ©rale qui affecte directement la production agricole, et donc la puissance politique de l’État qui domine la rĂ©gion ;
  3. Les agents infectieux : les bactéries et les virus derriÚre les épidémies, qui provoquent des fluctuations démographiques massives, limitant de ce fait la taille des grands empires ;
  4. Les innovations techniques : les outils qui permettent au pouvoir d’asseoir sa domination ou Ă  l’inverse Ă  l’individu de se dĂ©fendre.

Pour les auteurs, la technologie — ou la technique, si l’on veut Ă©viter de faire un amĂ©ricanisme — constitue Ă  l’époque moderne le « facteur dĂ©terminant de l’équilibre entre le coĂ»t et les bĂ©nĂ©fices liĂ©s Ă  l’exercice du pouvoir » (p. 52). L’évolution technique liĂ©e Ă  l’ùre de l’information (la micro-informatique, le cyberespace et la cryptographie) va libĂ©rer l’individu, en provoquant une baisse des rendements de la violence. Les États ne pourront plus contrĂŽler leurs citoyens comme ils l’ont fait jusqu’à prĂ©sent, ce qui conduira Ă  l’émancipation des individus. Ce discours n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui des cypherpunks, qui Ă©crivaient Ă  la mĂȘme Ă©poque.

La taille des entitĂ©s souveraines va ainsi grandement diminuer, pour ne parfois concerner qu’une poignĂ©e d’individus. On assistera Ă  la dĂ©sagrĂ©gation des grands États, pour donner une multitude de micro-juridictions. Le monde connaitra une nouvelle pĂ©riode de fĂ©odalitĂ© qui rappellera celle du Moyen Âge, tout en s’en distinguant fondamentalement. En effet, grĂące Ă  la gĂ©nĂ©ralisation d’Internet, les individus pourront davantage se rĂ©unir en « groupes d’affinité » (p. 157), chose qui existait sous forme embryonnaire dans les ordres religieux et militaires mĂ©diĂ©vaux comme les chevaliers de Malte. Cette dĂ©marche se retrouve aujourd’hui dans le concept de l’État-rĂ©seau de Balaji Srinivasan (ancien directeur technique de Coinbase et associĂ© gĂ©nĂ©ral chez Andreessen Horowitz), qui le dĂ©finit comme « une communautĂ© en ligne hautement alignĂ©e, dotĂ©e d’une capacitĂ© d’action collective, qui finance l’acquisition de territoires Ă  travers le monde et finit par obtenir la reconnaissance diplomatique d’États dĂ©jĂ  existants ».

L’Europe occidentale en 1444 (source : u/ratkatavobratka, 2021)

De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, les entitĂ©s souveraines se feront concurrence, et les personnes procĂšderont Ă  un arbitrage juridictionnel : elles choisiront oĂč elles voudront rĂ©sider et travailler en fonction des conditions offertes (fiscalitĂ©, sĂ©curitĂ©, infrastructures) par ces micro-États. Ce sera une application du « thĂ©orĂšme de non-Ă©quivalence4 » formulĂ© par les auteurs, qui affirme que les individus rĂ©agiront Ă  une hausse d’impĂŽt, non pas en rĂ©duisant leur consommation mais en dĂ©mĂ©nageant :

« À l’ùre de l’information, cependant, la rĂ©action du contribuable rationnel ne consistera plus Ă  Ă©pargner davantage pour absorber l’augmentation prĂ©visible de ses impĂŽts ; il choisira plutĂŽt de transfĂ©rer sa rĂ©sidence ou d’effectuer ses transactions ailleurs. De mĂȘme que les producteurs choisissent les fournisseurs les plus avantageux, la capacitĂ© Ă  sĂ©lectionner son prestataire de protection deviendra un levier bien plus dĂ©terminant pour prĂ©server ses revenus. » (p. 221)

Il s’agira d’un « vote avec ses pieds », d’une « dĂ©fection5 » (p. 218) affectant indirectement la politique de l’État. Les individus les plus productifs iront enrichir les juridictions fiscalement avantageuses et davantage focalisĂ©es sur les missions rĂ©galiennes, tandis que les grands États-providence s’appauvriront considĂ©rablement, et seront contraints Ă  revoir Ă  la baisse leurs politiques redistributives.

La rĂ©volution de l’information

Tout comme la dĂ©couverte de la poudre Ă  canon et celle de l’imprimerie ont mis fin Ă  la fĂ©odalitĂ© au moment de la Renaissance, la rĂ©volution de l’information va mettre un terme Ă  l’ùre de l’État-nation. Les anciens modes de production Ă©taient soumis Ă  la « tyrannie de l’endroit » (p. 174) : la rattachement de la production Ă  un bien foncier (terre ou usine) rendait les producteurs particuliĂšrement vulnĂ©rables Ă  l’impĂŽt et aux revendications sociales, et c’est pour cette raison que la crĂ©ation de richesse permise par la rĂ©volution industrielle a Ă©tĂ© rĂ©cupĂ©rĂ©e par l’État. À l’inverse, la rĂ©volution de l’information va permettre aux entreprises de dĂ©centraliser leur mode de production et de transcender cette tyrannie de l’endroit, en devenant davantage mobiles. Les auteurs le rĂ©sument bien : « Le gigantisme des usines a coĂŻncidĂ© avec l’ùre de l’État-providence. À l’inverse, la micro-informatique miniaturise les institutions. » (p. 135)

Internet joue un grand rĂŽle dans la thĂšse soutenue par les auteurs. À la suite de John Perry Barlow, auteur d’une DĂ©claration d’indĂ©pendance du cyberespace en 1996, ils professent que « le cyberespace, tel le royaume imaginaire des dieux d’HomĂšre, forme un univers distinct de notre monde terrestre familier, fait de fermes et d’usines » (p. 174). Ils considĂšrent que l’activitĂ© se fera dans le cadre de la « multinationale virtuelle » (p. 222), association d’individus souverains s’adaptant facilement aux conditions du marchĂ©. Ce type de production est devenu rĂ©alitĂ© aujourd’hui avec l’émergence des digital nomads, dont le modĂšle a Ă©tĂ© exposĂ© en 2007 par l’influenceur Tim Ferriss dans son best-seller de dĂ©veloppement personnel, La Semaine de quatre heures.

Rees-Mogg et Davidson soutiennent aussi que la rĂ©volution de l’information va mener Ă  la crĂ©ation d’une monnaie numĂ©rique, appelĂ©e « cybermonnaie », qui repose sur la cryptographie asymĂ©trique et Ă©chappe au contrĂŽle de l’État. Ils Ă©crivent :

« Avec l’émergence du commerce en ligne, l’apparition de la cybermonnaie est inĂ©luctable. Cette nouvelle forme de monnaie sapera la capacitĂ© des États Ă  dĂ©terminer qui pourra accĂ©der au statut d’individu souverain. Ce changement s’explique en grande partie par le rĂŽle de la technologie de l’information, qui affranchira les dĂ©tenteurs de patrimoine de la confiscation dĂ©guisĂ©e que constitue l’inflation. [
] Cette monnaie numĂ©rique est appelĂ©e Ă  jouer un rĂŽle central dans le cybercommerce. Elle se prĂ©sentera sous la forme de suites chiffrĂ©es de nombres premiers de plusieurs centaines de chiffres. Unique, anonyme et vĂ©rifiable, cette monnaie pourra ĂȘtre utilisĂ©e pour les transactions les plus importantes, mais aussi ĂȘtre fractionnĂ©e Ă  l’infini pour rĂ©gler des montants microscopiques. Elle s’échangera instantanĂ©ment et sans aucune restriction sur un marchĂ© mondial pesant plusieurs milliers de milliards de dollars. » (p. 191)

À l’époque, le modĂšle eCash de David Chaum Ă©tait dĂ©ployĂ© de façon expĂ©rimentale dans certaines banques amĂ©ricaines depuis 1995. Les auteurs n’étaient donc pas les seuls Ă  prĂ©dire l’émergence d’une monnaie numĂ©rique libre : le constat Ă©tait partagĂ© par Milton Friedman par exemple. Cet idĂ©al de monnaie numĂ©rique a fini par se matĂ©rialiser sous la forme de Bitcoin, conçu par Satoshi Nakamoto en 2008 : une monnaie rĂ©sistante Ă  la censure et rĂ©sistante Ă  l’inflation, confidentielle et programmable, adaptĂ©e aux gros transferts vers l’étranger comme aux petits paiements.

Une autre vision prophĂ©tique rĂ©alisĂ©e dans L’Individu souverain est l’adoption de l’intelligence artificielle au sein de la population gĂ©nĂ©rale. Les auteurs prĂ©voient en effet que les individus pourront augmenter leurs capacitĂ©s de façon surprenante grĂące Ă  des « serviteurs » ou « assistants numĂ©riques » (p. 150). Ils Ă©voquent notamment la cas de « juristes numĂ©riques » qui « automatiseront la sĂ©lection des clauses contractuelles, en utilisant des processus d’intelligence artificielle tels que les rĂ©seaux neuronaux, pour rĂ©diger des contrats privĂ©s personnalisĂ©s en fonction des conditions juridiques internationales » (p. 185). Certains individus pourraient ainsi devenir extrĂȘmement puissants : « Un gĂ©nie excentrique, Ă©paulĂ© par ses serviteurs numĂ©riques, pourrait thĂ©oriquement rivaliser avec l’influence d’un État-nation dans une guerre informatique. » (p. 169)

Cette prĂ©diction rappelle inĂ©vitablement les agents d’IA, ces systĂšmes qui effectuent des tĂąches de maniĂšre autonome en concevant des flux opĂ©rationnels et en interagissant avec le monde rĂ©el Ă  la place de l’utilisateur. L’intelligence artificielle, qui jusque-lĂ  Ă©tait restĂ©e confinĂ©e Ă  quelques utilisations prĂ©cises (AlphaGo), s’est popularisĂ©e Ă  partir de 2022 avec le succĂšs de la premiĂšre version ouverte de ChatGPT (basĂ©e sur GPT-3). Puis la pratique de l’IA agentique s’est dĂ©veloppĂ©e Ă  partir de cette base, pour se faire connaitre par le biais de Clawdbot/OpenClaw en 2025. Aujourd’hui, l’individu a dĂ©sormais la possibilitĂ© de dĂ©multiplier ses capacitĂ©s, en disposant d’outils puissants pour automatiser les tĂąches les plus redondantes, comme la programmation logicielle, la traduction, l’écriture d’articles ou la gestion des courriels.

Ainsi, nous ne pouvons que constater que Rees-Mogg et Davidson ont Ă©tĂ© visionnaires sur un certain nombre de sujets. Toutefois, on peut largement nuancer cette opinion, trop rĂ©pandue parmi les dĂ©fenseurs du livre et de la thĂšse de l’individu souverain. Le discours des auteurs semble relever de la pensĂ©e dĂ©sidĂ©rative au moins sur deux points : le rĂŽle libĂ©rateur de la technique et l’imminence de la dĂ©centralisation politique.

La technique, libératrice ou tyrannique ?

MĂȘme Rees-Mogg et Davidson se contentent de dĂ©crire les choses telles qu’elles sont censĂ©es se passer, on comprend qu’ils ont un point de vue positif sur la rĂ©volution numĂ©rique, ayant une bienveillance toute promĂ©thĂ©enne Ă  l’égard du progrĂšs technique rĂ©cent et Ă  venir. Ils Ă©ludent ainsi la perspective inverse : que le progrĂšs technique en cours amĂšne une plus grande servitude en mĂȘme temps qu’un plus grand confort. De leur propre aveu, c’est ce qui s’est passĂ© lors de la « rĂ©volution agricole » et de la rĂ©volution industrielle ; pourquoi serait-ce diffĂ©rent cette fois-ci ?

Une technique particuliĂšre n’est jamais neutre et influence la sociĂ©tĂ© entiĂšre dans un sens particulier. Dans le cadre politique, elle vient changer les « conditions mĂ©gapolitiques » de la rĂ©gion dans laquelle elle est adoptĂ©e. Une innovation peut donc apparaitre comme un outil d’indĂ©pendance pour l’individu, tout en favorisant en rĂ©alitĂ© la mainmise gĂ©nĂ©rale de l’État.

Les moyens de transport et de communication, par exemple, sont utiles aux individus pour se dĂ©placer entre les juridictions et pour Ă©changer des informations et des richesses. Mais ils permettent surtout la centralisation au niveau politique : les ordres peuvent ĂȘtre transmis plus rapidement aux gouverneurs de province et les troupes peuvent ĂȘtre envoyĂ©es plus facilement en cas de sĂ©cession. Le dĂ©veloppement des transports terrestres, maritimes, ferroviaires et aĂ©riens, ainsi que le dĂ©ploiement des communications modernes (tĂ©lĂ©graphe, tĂ©lĂ©phone, TCP/IP), ont favorisĂ© l’émergence d’États-continents centralisĂ©s comme la RĂ©publique populaire de Chine ou les États-Unis. Le cas d’Internet est emblĂ©matique : il a, de par son architecture distribuĂ©e, Ă©tĂ© un outil fantastique pour dĂ©mocratiser la connaissance de l’individu, mais il a aussi largement contribuĂ© Ă  la diffusion de propagande de masse, Ă  la surveillance gĂ©nĂ©ralisĂ©e et Ă  l’abrutissement global.

La numĂ©risation de la monnaie peut aussi ĂȘtre examinĂ©e sous ce prisme. Elle a certes amenĂ© l’argent liquide Ă©lectronique qu’est Bitcoin (dont le potentiel est sous-exploitĂ© aujourd’hui), mais elle a Ă©tĂ© essentiellement l’occasion de dĂ©ployer la surveillance et le contrĂŽle financier Ă  des domaines qui ne l’étaient pas avant, d’abord dans le systĂšme bancaire, et bientĂŽt directement par les États eux-mĂȘmes, par l’intermĂ©diaire de la monnaie numĂ©rique de banque centrale. Bitcoin constitue bien plus une rĂ©action Ă  cette numĂ©risation de la monnaie, une valorisation des propriĂ©tĂ©s de la « monnaie physique » et une opposition aux « institutions financiĂšres qui servent de tiers de confiance pour traiter les paiements Ă©lectroniques », qu’une volontĂ© de faire advenir une monnaie intĂ©gralement numĂ©rique. De mĂȘme, David Chaum avait en son temps dĂ©veloppĂ© ses mĂ©thodes cryptographiques (et son fameux systĂšme eCash) parce qu’il se catastrophait de l’informatisation de la sociĂ©tĂ©6.

L’intelligence artificielle est Ă©galement concernĂ©e par ce cotĂ© double : elle est en effet particuliĂšrement puissante dans un certain nombre de domaines (on regardera l’illustration de cet article pour s’en convaincre), mais demeure dans sa conception une chose trĂšs centralisĂ©e et sensible Ă  l’intervention Ă©tatique. L’entrainement des meilleurs modĂšles d’IA (Claude, ChatGPT, Gemini) requiert une infrastructure informatique monstrueuse (datacenters), de sorte que ces derniers sont contrĂŽlĂ©s par des grandes sociĂ©tĂ©s plus ou moins soumises au pouvoir amĂ©ricain (OpenAI, Anthropic, Google). Du cĂŽtĂ© de l’infĂ©rence, on peut logiquement dĂ©ployer localement des modĂšles open source (comme Qwen ou Deepseek) Ă  l’aide d’une carte graphique performante valant aujourd’hui une poignĂ©e de milliers d’euros. Toutefois, cette façon de faire est significativement moins efficace : les modĂšles concernĂ©s sont moins bons et le coĂ»t de maintenance locale est non nĂ©gligeable (sans parler du fait que les concurrents sont actuellement subventionnĂ©s). On peut donc aisĂ©ment prĂ©dire aisĂ©ment que l’essentiel de la production par IA se fera par le biais des modĂšles propriĂ©taires et hĂ©bergĂ©s de maniĂšre centralisĂ©e.

Vue aĂ©rienne d’une site de datacenters dĂ©diĂ©s Ă  l’entrainement d’intelligence artificielle Ă  Mount Pleasant, dans le Wisconsin, en 2025 (source : Microsoft)

Dans ce registre, il est intĂ©ressant de citer Peter Thiel, cofondateur controversĂ© de PayPal et de Palantir, qui Ă©tait l’auteur de la prĂ©face de la réédition de 2020 de The Sovereign Individual. Il Ă©crit ainsi (en Ă©cho Ă  une dĂ©claration prĂ©cĂ©dente) :

« L’intelligence artificielle laisse entrevoir la possibilitĂ© de rĂ©soudre enfin ce que les Ă©conomistes appellent le « problĂšme du calcul Ă©conomique » : l’IA pourrait thĂ©oriquement permettre de contrĂŽler de maniĂšre centralisĂ©e l’ensemble d’une Ă©conomie. Ce n’est pas un hasard si l’IA est la technologie prĂ©fĂ©rĂ©e du Parti communiste chinois. La cryptographie forte, Ă  l’autre extrĂȘme, laisse entrevoir la perspective d’un monde dĂ©centralisĂ© et individualisĂ©. Si l’IA est communiste, la crypto est libertarienne7. »

La rĂ©volution de l’information est bel et bien en train de bouleverser le monde, pour le meilleur et pour le pire. Si le progrĂšs technique est aujourd’hui en plein essor, il pourrait nous conduire Ă  la pire des dystopies, oĂč intelligence artificielle cĂŽtoierait identitĂ© informatisĂ©e, monnaie numĂ©rique de banque centrale, surveillance gĂ©nĂ©ralisĂ©e et Ă©conomie planifiĂ©e — la technocratie. Il est donc avisĂ© d’avoir un certain discernement et de ne pas se rĂ©jouir bĂ©atement de toutes les nouvelles avancĂ©es techniques que nous propose sans cesse l’élite technologique, cette « élite cosmopolite de l’ùre de l’information » (p. 270).

Le nouveau Moyen Âge n’est pas pour tout de suite

Dans L’Individu souverain, ainsi que dans leurs autres ouvrages, Rees-Mogg et Davidson prĂ©sentent une conception cyclique de l’histoire, et se basent sur les Ă©vĂšnements passĂ©s pour prĂ©dire l’avenir. DĂšs le dĂ©but du livre, ils font ainsi remarquer que l’histoire occidentale est marquĂ©e un « mystĂ©rieux cycle de cinq siĂšcles » depuis la GrĂšce antique : Ă  chaque fois, un « grand bouleversement » provoque « l’apparition d’une nouvelle phase d’organisation sociale » (p. 33). En 508 avant JĂ©sus-Christ, c’étaient les rĂ©formes dĂ©mocratiques de ClisthĂšne ; en l’an 1, la naissance du Christ marquant l’apogĂ©e Ă©conomique antique ; en 476 ap. J.-C., l’effondrement de l’Empire romain d’Occident et le dĂ©but de l’« Âge sombre » ; vers l’an mil, l’instauration de la fĂ©odalitĂ© en Europe occidentale initiant une restructuration ; et en 1492, le dĂ©but de l’époque moderne avec la dĂ©couverte de la poudre Ă  canon, la Renaissance et la RĂ©forme protestante. Dans cette logique, l’an 2000 devrait amener avec lui le dĂ©but d’une nouvelle Ăšre — l’ùre de l’information — oĂč l’organisation sociale reposerait sur une sorte de fĂ©odalitĂ© technologique, marquĂ©e par une division politique forte et par un dĂ©veloppement technique avancĂ©. Cette pĂ©riode nouvelle prendrait les atours d’un nouveau Moyen Âge, sans pour autant en prĂ©senter les inconvĂ©nients principaux.

Si cette façon de prĂ©senter les choses est sĂ©duisante, elle est peu mĂ©thodique en ce que la sĂ©lection des Ă©vĂšnements est arbitraire et ne repose sur aucun critĂšre prĂ©cis, hormis le ressenti dans la mĂ©moire collective8. L’intuition des auteurs sur les variations historiques est nĂ©anmoins bonne, et on peut percevoir un autre cycle : le cycle des civilisations, qui a notamment Ă©tĂ© mis en lumiĂšre par l’historien et essayiste français Philippe Fabry. Depuis l’émergence des premiĂšres civilisations au nĂ©olithique, le monde a connu des hauts et des bas, mesurĂ©s selon le niveau d’urbanisation, de commerce et d’unification politique.

Dans ce cadre, le « Moyen Âge » correspondait Ă  une pĂ©riode de transition entre deux Ăšres civilisationnelles : l’AntiquitĂ© grĂ©co-romaine et la ModernitĂ© europĂ©o-amĂ©ricaine. Il a permis une relative « concurrence entre les juridictions9 » prĂ©cisĂ©ment parce qu’il constituait l’aboutissement d’un long processus de dĂ©civilisation. Cette indĂ©pendance s’accompagnait ainsi d’une dominance du mode de vie rural et d’un bas niveau d’échanges Ă©conomiques avec l’étranger.

Plus encore, le Moyen Âge n’était pas la premiĂšre pĂ©riode de ce genre : en GrĂšce, la disparition de la civilisation mycĂ©nienne lors de l’effondrement de l’ñge du bronze au XIIe siĂšcle avant JĂ©sus-Christ a conduit Ă  des « siĂšcles obscurs » qui ont durĂ© plus de 400 ans. La reconstruction a eu lieu ensuite, lors de l’époque archaĂŻque, qui a donnĂ© la GrĂšce antique que nous connaissons, avec les citĂ©s-États d’AthĂšnes ou de Sparte. Il s’en est suivi un mouvement d’unification politique (Ă  l’échelle de l’époque), d’abord sous l’égide de la MacĂ©doine vers 330 av. J.-C. (Alexandre le Grand), puis de Rome au IIe siĂšcle avant notre Ăšre.

Essor et dĂ©clin civilisationnel dans le Levant mĂ©ridional entre l’ñge du bronze et l’ñge de fer (source : Pierre de Miroschedji)

Le monde est donc soumis Ă  des forces au long cours autrement plus immuables que l’innovation technique. Bien que celle-ci atteigne aujourd’hui un niveau inĂ©dit dans l’histoire de l’humanitĂ© (cybernĂ©tique, intelligence artificielle, manipulation gĂ©nĂ©tique, neurotechnologie), elle n’en demeure pas moins assujettie au cycle civilisationnel, qui est une dynamique humaine10. La technique, en tant qu’elle constitue une extension de la vie humaine, a seulement pour effet de ralentir le cycle, pas d’y mettre un terme.

Le processus de dĂ©civilisation et de dĂ©centralisation du monde est un processus lent et graduel : il peut ĂȘtre ponctuĂ© par des Ă©vĂšnements spectaculaires, mais ceux-ci sont l’expression de mutations plus profondes. Rome ne s’est pas effondrĂ©e en un jour par exemple ; il lui a fallu un demi-millĂ©naire. Il parait de ce fait trĂšs illusoire de croire qu’un changement brutal va se produire, et ce d’autant plus que ce potentiel dĂ©clin n’a pas encore commencĂ©. Le monde n’a jamais Ă©tĂ© aussi riche qu’aujourd’hui. La tendance Ă  la centralisation politique (qui a dĂ©butĂ© autour de l’an mil en Europe) ne montre aucun signe d’inversement, malgrĂ© les conflits militaires qui marquent l’actualitĂ© de ces derniĂšres annĂ©es.

L’heure est donc aux grands empires, qui seuls peuvent exercer une souverainetĂ© concrĂšte : les États-Unis, l’Union europĂ©enne, la Chine, l’Inde. Les petites entitĂ©s soi-disant « souveraines » sont en rĂ©alitĂ© soumises au bon-vouloir de ces grands empires11. Elles persisteront probablement, ne serait-ce que pour permettre Ă  l’élite de jouir de son statut, mais ne constitueront pas de rĂ©elles solutions viables avant des siĂšcles.

La pratique comme maĂźtre-mot

On peut ainsi conclure que la thĂšse de l’individu souverain est intĂ©ressante, mais peine Ă  convaincre dans son entiĂšretĂ©. Rees-Mogg et Davidson sont beaucoup trop optimistes sur la possibilitĂ© de libertĂ© politique des individus. L’État est une institution de servitude qui orchestre la contrainte depuis des millĂ©naires, et qui ne sera pas renversĂ©e du jour au lendemain par un procĂ©dĂ© technique, fĂ»t-il aussi gĂ©nial que Bitcoin.

Toutefois, malgrĂ© ce postulat erronĂ©, le livre prĂ©sente une vĂ©ritable valeur en ce qu’il incite Ă  la pratique. S’il a eu le succĂšs qu’on lui connait, c’est parce qu’il a apportĂ© beaucoup Ă  ceux qui l’ont lu. MĂȘme si les auteurs ne donnent pas de conseils directs (hormis des investissements en lien avec leur lettre d’information, non reproduits dans la version en français), leurs analyses ouvrent la voie Ă  des actions dans le monde rĂ©el. Il pousse ainsi Ă  agir plutĂŽt que de se plaindre, Ă  anticiper plutĂŽt que de subir. Et, Ă  dĂ©faut de prĂ©dire l’effondrement de l’État-providence, il permettra Ă  l’individu d’ĂȘtre libre dans un monde qui ne l’est pas.

On sera ainsi amenĂ©s Ă  voir d’un bon Ɠil l’entrepreneuriat, notamment par le biais d’Internet, qui modifie le marchĂ© Ă  aller chercher. Avoir un flux de trĂ©sorerie issu du cyberespace nous rendra moins facilement saisissable et imposable. On voyagera et on profitera des disparitĂ©s entre les juridictions en dĂ©plaçant certains aspects de notre vie Ă  l’étranger, voire en s’expatriant dĂ©finitivement. On se regroupera en communautĂ©s basĂ©es sur des intĂ©rĂȘts communs. On filtrera notre flux d’information, en personnalisant nos sources documentaires, plutĂŽt qu’en s’abreuvant du discours gĂ©nĂ©ral des mĂ©dias de masse.

Certains trouveront Ă  redire de ce mode de vie nomade, mais la dĂ©marche a le mĂ©rite de pousser les gens Ă  se frotter Ă  la rĂ©alitĂ©, qualitĂ© trop peu rĂ©pandue de nos jours. La rĂ©flexion est, et a toujours Ă©tĂ©, censĂ©e nourrir l’action. Et ce sont nos actions qui dĂ©terminent ce Ă  quoi le monde de demain ressemblera. Pour citer Peter Thiel : « La lecture de L’Individu souverain en 2020 est un moyen de rĂ©flĂ©chir attentivement Ă  l’avenir que nos propres actions contribueront Ă  façonner. »


Références et notes

James Dale Davidson et William Rees-Mogg, L’Individu souverain : Survivre et prospĂ©rer face Ă  l’effondrement de l’État-providence. Konsensus Network, 2026. 411 pages. À retrouver sur la boutique en ligne de l’éditeur (10 % de rĂ©duction avec le code promo lugaxker) et sur Amazon.

Illustration : image gĂ©nĂ©rĂ©e avec GPT Image 1.5, Ă  partir du tableau Le Voyageur contemplant une mer de nuages peint en 1818 par Caspar David Friedrich. Texte : rĂ©digĂ© intĂ©gralement sans LLM. Traduction : sauf prĂ©cision contraire, les traductions sont rĂ©alisĂ©es par l’auteur au moyen de DeepL.

  1. John Stuart Mill, De la libertĂ©, trad. Dupont-White (Guillaumin et Cie, 1860), p. 18. ↩
  2. Voir notamment Frederic C. Lane, « Economic Consequences of Organized Violence », The Journal of Economic History, vol. 18, n° 4 (dĂ©cembre 1958), pp. 402–417. ↩
  3. L’argument du littoral accidentĂ© qui favorise le commerce fait penser Ă  la thĂšse de la « thalassographie articulĂ©e » de David Cosandey, formulĂ©e la mĂȘme annĂ©e, en 1997. ↩
  4. Le thĂ©orĂšme de non-Ă©quivalence est appelĂ© ainsi en rĂ©fĂ©rence Ă  l’équivalence ricardienne, selon laquelle, lors d’une relance budgĂ©taire, les acteurs Ă©conomiques rĂ©duisent leur consommation par anticipation d’une future hausse d’impĂŽt. Ce thĂ©orĂšme de Rees-Mogg et Davidson est prĂ©sentĂ© dans The Bitcoin Handbook d’Anil Patel, traduit en français chez Konsensus Network. ↩
  5. Dans le livre Exit, Voice, and Loyalty Ă©crit 1969 par l’économiste amĂ©ricain Albert Hirschmann, le terme « dĂ©fection » (exit) s’oppose Ă  la « prise de parole » (voice) et au « loyalisme » (loyalty) dans la gouvernance des organisations. Hirschmann Ă©crivait notamment : « Ce n’est que lorsque les pays commenceront Ă  vraiment se ressembler, grĂące Ă  la modernisation et Ă  l’évolution des communications, que le danger des dĂ©fections prĂ©maturĂ©es et excessives se prĂ©sentera. » ↩
  6. En 1985, David Chaum Ă©crivait : « L’informatisation prive les individus de la capacitĂ© de surveiller et de contrĂŽler la façon dont les informations les concernant sont utilisĂ©es. (
) Nous sommes en train de jeter les bases d’une sociĂ©tĂ© du fichage, dans laquelle les ordinateurs pourraient ĂȘtre utilisĂ©s pour dĂ©duire le mode de vie, les habitudes, les dĂ©placements et les frĂ©quentations des individus Ă  partir de donnĂ©es collectĂ©es dans le cadre de transactions de consommation ordinaires. L’incertitude quant Ă  la sĂ©curitĂ© des donnĂ©es contre les abus de ceux qui les conservent ou les exploitent peut avoir un « effet paralysant », amenant les gens Ă  modifier leurs activitĂ©s observables. À mesure que l’informatisation se gĂ©nĂ©ralise, ces problĂšmes risquent de s’aggraver considĂ©rablement. » — Voir « Security without identification: transaction systems to make big brother obsolete », in Communications of the ACM, vol. 28, no. 10, octobre 1985, p. 1030. ↩
  7. Peter Thiel, « Preface », in James Dale Davidson et William Rees-Mogg, The Sovereign Individual (Touchstone, 2020), p. 6. ↩
  8. Pourquoi parler de l’instauration de la dĂ©mocratie athĂ©nienne et ignorer la rĂ©volution anglaise du XVIIe siĂšcle par exemple ? ↩
  9. Rees-Mogg et Davidson vantent notamment les « marches », ces « rĂ©gions frontaliĂšres mĂ©diĂ©vales » qui Ă©taient « le théùtre d’un enchevĂȘtrement de souverainetĂ©s » et avaient dĂ©veloppĂ© « des formes institutionnelles et juridiques singuliĂšres » (p. 166). ↩
  10. Philippe Fabry, citĂ© plus haut, affirme que le processus de dĂ©civilisation dĂ©coule d’un effondrement dĂ©mographique, dĂ» en partie Ă  la baisse de la natalitĂ©. Une sociĂ©tĂ© qui dĂ©cline dĂ©mographiquement a en effet tendance Ă  connaitre une dĂ©croissance Ă©conomique, ce qui diminue l’incitation Ă  la centralisation politique. ↩
  11. Dans sa prĂ©face de 2020, Peter Thiel a mis en perspective la thĂšse de l’individu souverain en mentionnant la prise de contrĂŽle de la Chine sur la citĂ©-État d’Hong Kong, qui correspondait, pour les auteurs, « au type de juridiction qui [
] prospĂ©rera Ă  l’ùre de l’information » (p. 303). ↩
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