Le 11 mars 2026, la Cour des comptes nĂ©erlandaise a publiĂ© un rapport qui secoue les fondements de la lutte contre le blanchiment dâargent. IntitulĂ© « Serious consequences, unknown benefits », ce document officiel dresse un constat rare de la part dâune institution publique : malgrĂ© des investissements colossaux, lâefficacitĂ© rĂ©elle du dispositif reste largement inconnue, tandis que ses effets collatĂ©raux pĂšsent lourdement sur les citoyens et les entreprises.
Ce rapport, basĂ© sur un audit approfondi du secteur bancaire nĂ©erlandais, met en lumiĂšre une mĂ©canique devenue absurde : on multiplie les contrĂŽles, on accumule les signalements, mais on ignore si tout cela freine vraiment le crime organisĂ©. Une situation kafkaĂŻenne qui interroge lâensemble du modĂšle de surveillance financiĂšre, y compris le secteur crypto.
- La Cour des comptes nĂ©erlandaise a publiĂ© un rapport alarmant sur lâinefficacitĂ© du dispositif anti-blanchiment dâargent malgrĂ© des investissements massifs.
- Le rapport révÚle des conséquences graves et discriminatoires, affectant certains citoyens et entreprises de maniÚre disproportionnée, tout en échouant à freiner réellement le crime organisé.

Un coût exorbitant pour une efficacité incertaine
En 2024, les banques nĂ©erlandaises ont dĂ©pensĂ© prĂšs de 1,6 milliard dâeuros et mobilisĂ© lâĂ©quivalent de 13 000 temps plein pour lutter contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Le nombre de transactions inhabituelles signalĂ©es Ă la FIU-NL a plus que doublĂ© en quatre ans, passant de environ 250 000 en 2020 Ă plus de 530 000 en 2024.
Pourtant, dâaprĂšs la Cour des comptes, il est « trĂšs difficile de dĂ©montrer que le blanchiment est effectivement Ă©vitĂ© ». Le volume dâargent sale circulant aux Pays-Bas est estimĂ© entre 15 et 20 milliards dâeuros par an, mais lâaudit ne parvient pas Ă quantifier lâimpact rĂ©el des mesures prises. Les signalements sont nombreux, souvent de qualitĂ© variable, et peu dĂ©bouchent sur des enquĂȘtes fructueuses.
Cette logique de surveillance gĂ©nĂ©ralisĂ©e crĂ©e une illusion de contrĂŽle. On avance Ă lâaveugle, Ă grands frais, sans Ă©valuation rigoureuse des rĂ©sultats. Un paradoxe ubuesque : plus on investit, moins on semble savoir si cela sert Ă quelque chose.

Des conséquences graves et parfois discriminatoires
Le rapport pointe également des effets humains et économiques concrets. Des citoyens ordinaires, des entreprises légitimes et certaines catégories particuliÚrement exposées subissent des contrÎles excessifs qui perturbent leur vie quotidienne et leur activité.
Les personnes politiquement exposĂ©es (PEP), les institutions religieuses musulmanes et les associations liĂ©es aux communautĂ©s migrantes sont souvent visĂ©es de maniĂšre disproportionnĂ©e. La Cour relĂšve mĂȘme des indications de discrimination, notamment lorsque 61,8 % des transactions examinĂ©es concernent des noms Ă consonance Ă©trangĂšre, une proportion qui dĂ©passe largement leur part dans la population.
Ces pratiques, loin dâĂȘtre fondĂ©es sur une analyse fine des risques rĂ©els, reposent sur une approche « one size fits all ». RĂ©sultat : dĂ©bancarisation injustifiĂ©e, blocages prolongĂ©s et frustration croissante chez des acteurs qui nâont rien Ă se reprocher, tandis que les vĂ©ritables circuits de blanchiment, immobilier, cash ou montages sophistiquĂ©s, continuent souvent leur chemin.

Quelles leçons retenir pour bitcoin et les cryptomonnaies ?
Si lâaudit porte principalement sur les banques traditionnelles, ses conclusions rĂ©sonnent avec force dans lâĂ©cosystĂšme crypto. Le KYC obligatoire, la Travel Rule et les obligations issues de MiCA reproduisent la mĂȘme philosophie de surveillance massive : collecte intensive de donnĂ©es, signalements systĂ©matiques et coĂ»ts Ă©levĂ©s pour les acteurs rĂ©glementĂ©s.
On risque ainsi de reproduire les mĂȘmes Ă©cueils : pĂ©nalisation des utilisateurs honnĂȘtes, migration des fraudeurs vers des outils plus opaques, et explosion des dĂ©penses de compliance qui profitent finalement peu Ă la lutte effective contre le crime. Dâailleurs, le rapport rappelle une vĂ©ritĂ© inconfortable : accumuler des donnĂ©es ne garantit pas lâefficacitĂ©, et peut mĂȘme augmenter les vulnĂ©rabilitĂ©s (piratages, fuites).
Cela dit, il convient de garder la tĂȘte sur les Ă©paules et de ne pas cĂ©der au ton alarmiste qui ont parfois relayĂ© ces conclusions, transformant un audit nuancĂ© en cri de guerre contre toute forme de rĂ©gulation. Câest accrocheur, mais cela occulte un peu la mesure et la profondeur du document original.
La Cour des comptes nĂ©erlandaise ne plaide pas pour la suppression pure et simple des mesures anti-blanchiment. Elle exige simplement quâelles deviennent efficaces, proportionnĂ©es et rĂ©ellement fondĂ©es sur le risque. Une approche plus intelligente, moins bureaucratique, qui protĂšge la sociĂ©tĂ© sans Ă©craser inutilement les libertĂ©s individuelles et lâinclusion financiĂšre.
Alors que lâEurope dĂ©ploie lâAMLA et renforce son arsenal rĂ©glementaire, ce rapport tombe Ă point nommĂ©. Il invite rĂ©gulateurs, institutions et acteurs du secteur, traditionnel comme crypto, Ă repenser le modĂšle avant quâil ne devienne une forteresse absurde qui ne retient que les innocents.

Lâarticle Lutte anti-blanchiment, une illusion ? 1,6 milliard dâeuros investis et une efficacitĂ© qui reste inconnue est apparu en premier sur Journal du Coin.





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